Des bricoleurs pas à la hauteur


Tous les indicateurs se dégradent irrésistiblement en France, la stratégie gouvernementale d’endiguement de la pandémie n’y fait pas obstacle, l’objectif d’une immunité collective n’est plus vraisemblable, et quand elle interviendra la vaccination attendue ne sera pas la panacée espérée. Il va falloir vivre avec le virus, annonce l’OMS, une phrase dont la portée n’est pas encore pleinement mesurée.

Le gouvernement est de nouveau dépassé par son absence d’anticipation. La détection à grande échelle des cas d’infection, qui explosent, est perturbée par le manque de moyens, rappelant le manque de masques qui avait été théorisé pour le camoufler. Or, l’emploi des tests salivaires est restreint par les autorités médicales et n’est pas l’alternative présentée. Les hospitalisations, un moment stabilisées, finissent par engorger les capacités hospitalières dans les zones les plus touchées. Enfin, le nombre des décès augmente.

Les restrictions se multiplient formant une peau de léopard sur la carte de France et dans les agglomérations. Il faudra en venir à des mesures de confinement locales comme dans d’autres pays européens, à défaut de les décider nationalement pour éviter « une grande catastrophe ».
Il semblerait n’y avoir le choix qu’entre deux d’entre elles, un bond irrésistible de la pandémie ou une nouvelle et insupportable baisse de l’activité économique. Le choix du gouvernement, on le sait, est d’éviter à « tout prix » (une terrible expression) d’en arriver à la seconde. À la manière des généraux, le gouvernement aurait-il une estimation du nombre de pertes acceptables lorsqu’ils préparent une offensive ?

L’OMS a maintenu le principe de la réduction à 14 jours d’isolement des personnes ayant été en contact avec l’infection, tandis que le gouvernement français qui l’ignore l’a réduit à 7 jours. Faut-il y voir la volonté de perturber le moins possible l’économie, toujours en application de ce choix ? Dans le même ordre d’idée, le protocole sanitaire appliqué dans les écoles va être allégé, est-ce bien raisonnable ?

Le gouvernement tente de reporter la responsabilité du rebond de la pandémie sur des écarts de conduite afin de ne pas assumer pleinement la sienne. Sa nouvelle mascarade a pour effet d’alimenter le rejet des mesures de précaution, au lieu d’inciter à les suivre. Ne rassurant pas, il suscite le besoin d’un pouvoir à poigne dont les sondages font état. Obnubilé par sa réélection, Emmanuel Macron est le premier responsable de cette situation qu’il ne maitrise pas, camouflant son incurie derrière des phrases choc sans lendemain. Bas leurs masques !


3 réponses à “Des bricoleurs pas à la hauteur”

  1. Peut-être que tout simplement Macron, se gouvernement libéral bourgeois, cette haute fonction publique ayant durant 40 ans anéanti l’administration, en nombre et en qualité, payent aujourd’hui plein pot ces choix stratégiques.

    Il n’y a pas assez de fonctionnaires, de compétences, de motivation ( vu que nous sommes payés au lance pierre depuis tant d’années, insultés mêmes ), pour relayer la politique décidée au sommet de l’Etat.

    Ce constat est d’autant plus glaçant que ce Macron passe son temps à jouer au va -t-en guerre !

    Que la Turquie ne nous déclare pas la guerre, la France risquerait d’être extrêmement surprise de voir les libéraux au pouvoir aussi empruntés dans ce domaine qu’ils le sont actuellement.

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