Les conformistes n’abdiquent pas

Les conformistes ne veulent pas en démordre, défendant la perspective que tout va revenir comme avant et que la priorité doit être accordée à l’économie sur la pandémie. Mais la relance a largement disparu du vocabulaire, le colmatage des brèches a pris le dessus.

Les obstacles au changement et les raidissements ne manquent pas. De nombreuses illustrations en témoignent quand on considère le changement climatique. La nouvelle politique agricole commune (PAC) a écarté les mesures litigieuses à ce propos. Et l’on a enregistré que les investissements destinés à l’extraction et au transport du gaz ont été écartés des utilisations prohibées des futurs prêts et des subventions du plan de relance européen, si toutefois le projet parvient au bout du compte à être adopté.

Au nom de la Fed, Jerome Powell a mis en garde contre les risques de déstabilisation financière provenant des insuffisances de l’action dans ce domaine. Mais, n’en tenant pas compte, Andrew Bailey a au nom de la Banque d’Angleterre repoussé à juin 2021 les tests destinés à évaluer la résistance des banques et des compagnies d’assurance britanniques face aux bouleversements économiques liés au changement climatique, au prétexte que le soutien aux entreprises telles qu’elles sont est prioritaire. On en comprend la véritable raison quand des ONG dénoncent l’importance des prêts « bruns » aux entreprises de la part de Barclays et de HSBC sous la pression des lobbies favorables à l’industrie de l’énergie fossile.  

Tout est à l’avenant. Les critères de qualification au label « Vert » n’empêchent pas les abus. La « taxinomie » (classification) de la Commission est permissive. Quant aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) des investissements, portés au pinacle, ils font de ce label une opération marketing avant toute autre chose. 

À ce stade, Werner Hoyer, le président la Banque européenne d’investissement, suggère la création d’une banque de développement pour en assurer le financement, afin selon ses dires que l’Europe puisse tenir sa place face aux États-Unis et à la Chine. Cela n’écartera pas les obstacles mis à la transition environnementale.  

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