Le monde ne tourne plus comme avant

Quel contraste entre le renforcement du Parti-État chinois sous les auspices de Xi Jinping, le déclin mondial des États-Unis sous celles de Donald Trump et le lent démantèlement multiforme de l’Europe !

Le Chine peut désormais s’appuyer sur le développement de son marché intérieur, moins dépendante de ses exportations, une fois  son approvisionnement en matières premières sécurisé. Abrité derrière son pare-feu, elle crée avec succès ses propres services internet. 

Il n’est pas besoin de faire état de la polarisation qui règne au sein de la société américaine pour prédire à Joe Biden une présidence difficile, s’il y accède, d’autant que les républicains risquent de conserver la majorité au Sénat et pouvoir le bloquer ainsi dans de nombreux domaines. Expression de la dégradation sociale, plus de 40 millions d’américains bénéficient d’une assistance alimentaire (les food stamps).

La construction de l’Europe n’avance plus, l’Union européenne se désagrège à petits pas. Les divergences entre ses membres ou leurs représentants prennent le pas sur l’esprit communautaire et les mises en scène ne le dissimulent plus. L’Union rencontre de grandes difficultés à s’affirmer face à la Chine et aux États-Unis, tiraillée par ses intérêts contradictoires. L’Allemagne, en particulier, dépend de son approvisionnement énergétique, rivée à un modèle économique reposant sur les exportations qui est dépassé dans un monde où la mondialisation est en régression. 

Les transnationales prospèrent, les relocalisations restent marginales, mais la mondialisation est en recul. Les chaînes d’approvisionnement internationales ne seront pas reconstituées aisément. L’activité des organisations internationales s’en ressent, à commencer par celles de l’Organisation mondiale du Commerce, qui est à l’arrêt. L’organisation mondiale de la santé (OMS) ne se fait pas entendre, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) peine à la tâche, l’OTAN est en pleine crise existentielle. La lutte contre le crime organisé est une grande absente. Seuls le FMI et la Banque Mondiale continuent d’éviter l’effondrement des pays les moins développés.  

L’affrontement entre la Chine et les États-Unis se poursuit sur le nouveau terrain des brevets, les clés de l’avenir via la suprématie technologique. La Chine poursuit désormais une stratégie de chasseur de brevets et en est devenue le premier déposant mondial. 

Les brevets contrôlant l’émission des monnaies digitales et la blockchain sont particulièrement recherchés, mais toutes les technologies stratégiques, dont celles qualifiées d’intelligence artificielle, n’échappent pas aux filets. Le temps n’est plus où la Chine était accusée de piratage des technologies occidentales, elle prend désormais les devants. 

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