Le FMI, un vrai trouble-fête

Les uns parlent d’instauration de couvre-feux dans les régions à risque, une mesure très controversée avant même d’être annoncée, d’autres suggèrent de protéger les zones « vertes » en restreignant leur accès. Jean Castex, le Premier ministre, martèle qu’il faut « à tout prix » éviter un confinement généralisé, sans indiquer le prix qu’il est prêt à payer pour l’éviter.

Le gouvernement français continue de marcher à reculons et d’accroître la défiance à son égard. En même temps, il braque l’opinion par des mesures contraignantes mais ressenties comme symboliques pour l’essentiel. L’arbitrage entre la protection sanitaire et le maintien de l’activité des secteurs de l’économie non encore durement atteints devient de plus en plus impossible au fur et à mesure que la pandémie s’intensifie.

La question n’est pas propre à la France, bien entendu, comme vient de le souligner une déclaration commune de cinq grands instituts économiques allemands : « les mesures de renforcement de la prévention doivent garantir le maintien de la vie sociale et économique et non les empêcher », déclarent-ils sans donner le mode d’emploi alors qu’Angela Merkel annonce de nouvelles mesures en constatant l’approfondissement de la pandémie.

Dans ses dernières prévisions mondiales, le FMI réalise un magistral contrepied en suggérant que le confinement généralisé peut être une bonne solution pour la croissance, car ses coûts économiques immédiats peuvent être largement compensés sur le long terme. C’est le moins que l’on puisse dire, un tournant radical avec le discours qui était tenu jusqu’alors.

Vitor Gaspar, qui est en charge de la politique budgétaire, enfonce le clou en déclarant au Financial Times : « Nous pensons qu’il y a un risque de retrait prématuré du soutien budgétaire et que les décideurs politiques seraient bien avisés de procéder de manière très progressive en maintenant leur soutien budgétaire jusqu’à ce que la reprise repose sur une base saine et que les effets à long terme du Covid-19 soient perçus comme étant sous contrôle ». Il en voit la faisabilité dans le fait que le coût du service de la dette devrait être compensé par la croissance économique, sans plus s’étendre à ce propos.

N’étant pas en reste, l’économiste en chef du FMI Gita Gopinath annonce que « les gouvernements vont probablement devoir améliorer la progressivité de leurs impôts, tout en s’assurant que les entreprises paient leur juste part » afin de rendre la dette soutenable.
Donnant la clé du maintien des taux bas, le même rapport du FMI établit que la BCE a acquis 71 % des émissions des États de la zone euro depuis le mois de février. La Banque du Japon (BoJ) la devance avec 75 %, tandis que la Banque d’Angleterre (BoE) a acquis la moitié des émissions et que la Fed en a acheté 57 %.

Nous sommes de plein pied dans la « japonisation » tant redoutée…

2 réflexions au sujet de « Le FMI, un vrai trouble-fête »

    1. Nous nous souvenons tous de la séquence, nous n’avons pas de masques, ils sont inutiles, suivie de la séquences nous en avons enfin, ils sont obligatoires. De même tout le monde est maintenant conscient que la politique délibérée suivie par l’État depuis des années débouche sur la paupérisation de l’hôpital public et in fine sur la privatisation des soins (pour ceux qui en auront les moyens bien entendu).

      Reste que l’on trouve sur le site que vous nous mettez en lien un article niant la politique concentrationnaire menée par l’État totalitaire chinois vis-à-vis des Ouïgours.

      Les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis et la manipulation peut être à tiroirs.

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