Le sable qui file entre les doigts

Comment accroitre la consommation tout en pratiquant une politique de l’offre favorable aux entreprises sans par exemple baisser la TVA comme en Allemagne ? Le gouvernement français n’a pas fini de loucher sur l’épargne des particuliers afin qu’elle y contribue. Mais comment obtenir que ceux-ci piochent dedans ?

Le contexte ne s’y prête pas. De nombreuses inconnues font régner une forte incertitude à propos du Brexit, des élections américaines et des relations avec la Chine et la Russie. Mais surtout, la progression du chômage est dans toutes les têtes et rien n’y fera, et celle de la pandémie annonce des « décisions difficiles », avertit le Conseil scientifique.

L’INSEE enregistre la faiblesse de la croissance qui est attendue après les deux mois de son redémarrage, en juin et juillet. Des secteurs entiers de l’économie, comme l’aviation, le tourisme, la restauration sont en tout état de cause sinistrés. Tandis que les mesures prises en faveur des entreprises ne feront leur effet présumé que l’an prochain, alors que l’on peut douter qu’elles compensent la reprise insuffisante de la consommation.

Le mécanisme auquel il est fait appel suppose que la compétitivité des entreprises va s’améliorer et leur rentabilité se redresser, les conduisant à investir et à créer des emplois, favorisant ainsi la consommation. C’est ce qui justifie aux yeux du gouvernement l’absence de contreparties, pour ne pas les brider. Ce pari n’est pas gagné !

Les épargnants éprouvent de nombreuses raisons d’accroître encore leurs économies, d’autant plus qu’ils savent que les mesures de soutien sont appelées à s’arrêter. La foire aux idées est ouverte, des super soldes pourraient avoir lieu d’ici la fin de l’année est-il par exemple envisagé. Mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif !

Emmanuel Macron a beau multiplier les envolées afin de se donner le beau rôle, la politique qu’il défend ne va pas l’en accréditer si aisément. L’arbitrage en faveur de la reprise du travail va être mis à rude épreuve si les chiffres de la pandémie continuent de déraper.

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