Toujours pas de second souffle

Les gouvernements ne sont pas seuls à s’essouffler avec leurs mesures budgétaires de relance, les banques centrales aussi. Leur rendez-vous annuel de la fin août, à Jackson Hole dans le Wyoming, sera cette fois-ci symboliquement virtuel, pandémie oblige. Mais plus d’interrogations que de certitudes sont à en attendre.

Seraient-elles à fond de cale ? Non, rien ne s’oppose en pratique au lancement de nouveaux programmes, si ce ne sont les effets « collatéraux » de ceux qui sont en cours et qui alimentent la réflexion. L’inflation des actifs financiers représente une menace pour la stabilité financière, un comble pour une banque centrale ! Peuvent-elles aussi empiéter davantage sur les prérogatives budgétaires théoriquement réservées aux États, ne serait-ce qu’indirectement ? Il faudrait renverser la table, ce n’est pas le genre de la maison.

Jerome Powell au nom de la Fed et Andrew Bailey de la Banque d’Angleterre ont terminé la revue de leurs politiques monétaires, mais l’on n’en connait pas encore les conclusions. Christine Lagarde a différé d’un an la fin de ses travaux au prétexte officiel de la pandémie, tout en choisissant de ne pas participer à la rencontre virtuelle afin de ne pas s’exprimer. Dans un contexte européen complexe et incertain, elle préfère s’abstenir pour voir venir.

Il n’y a rien de nouveau, il semblerait qu’une seule politique soit disponible, qui consiste à temporiser. Les dirigeants politiques ne procèdent pas autrement. Aux États-Unis, Donald Trump qui pratique la politique du pire pour se faire réélire, fait obstacle à la mise en œuvre d’un nouveau plan de relance. En Europe, les autorités allemandes venant après les françaises d’annoncer leurs mesures de résilience de l’économie, qui passent avant tout  par la poursuite pour un an des dispositifs de chômage partiel et de soutien aux PME. Mais après ? Pour préparer l’avenir, on attendra demain !

Le PIB des pays de l’OCDE a enregistré au deuxième trimestre une chute de 9,8 %, selon des estimations provisoires. En 2009, au plus fort de la crise financière, la baisse n’avait atteint que 2,3 %, mais ce n’est pas crié sur les toits. Les réponses ne sont pas à la mesure de l’enjeu, les autorités se comportent comme de petits épiciers voulant préserver leur fonds de commerce.

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