Le vent de l’histoire ou du boulet de canon

Les mois d’août sont réputés pour ne rien s’y passer, une idée fausse mais tenace. Le calme préluderait à la tempête, lit-on partout à propos du retour de la pandémie, mais on ne peut s’arrêter là. Des interventions militaires pourraient survenir aux marches de l’Europe, en mer Égée et en Biélorussie, tandis que Donald Trump mène campagne contre l’Iran.

Dans de nombreux coins du monde, depuis Hong Kong jusqu’à Minsk et à Bangkok, à Alger ou Tel Aviv, sans oublier Beyrouth, des manifestations monstres réclament en pure perte un changement qui n’intervient pas. Il y a blocage et rien ne semble pouvoir y faire. Comment, dans de telles conditions, faire sauter le bouchon ? comment faire triompher une si indéniable volonté populaire ?

Les contours d’une vie nouvelle ne sont plus dans le flou, alors que ceux qui détiennent le pouvoir biaisent, privilégiant la défense des avantages acquis des mieux nantis. La lutte des classes n’a pas disparue.

La transition écologique est revendiquée, sans garantie de succès, une autre n’est pas en vue les pouvoirs en place s’accrochant. Il était à juste titre déploré un retard programmatique chez ceux qui se réclamaient du changement sans lui donner de contenu, le vent a tourné, le programme a pris corps, et les questions stratégiques sont revenues au premier plan.

La plus redoutable d’entre elles est, pour reprendre une vieille formule qui s’est révélée prémonitoire, que l’on ne fait pas le socialisme dans un seul pays. Mondialisé, le capitalisme financier ne laisse aucune chance à de telles illusions. Ce qui alimente l’espoir, par défaut, qu’il ne résistera pas à ses propres contradictions, ce que nous vivons y contribuant. Avec le temps, celles-ci peuvent simplement prendre une nouvelle tournure, face à laquelle les banques centrales sont entrées en scène, leurs remèdes accentuant la maladie et exprimant une fuite en avant.

Une mutation à maturation lente est en cours. Mais les délais de la transition écologique ne sont pas expansibles, ce temps-là est compté, les signes n’en manquent pas. Le chacun pour soi entre États a déjà fait son apparition. Il n’est pas le résultat de lubies mais le début d’un repli. Par quelle évolution du pouvoir sera-t-il accompagné si cette dynamique se poursuit ? Quelle alternative y opposer avec des chances d’y parvenir ? Les protestations de masse auront-elles demain plus de succès qu’aujourd’hui ? La multiplication des actions exemplaires enclencheront-elles une autre dynamique, le rejet ne suffisant pas ?

6 réflexions au sujet de « Le vent de l’histoire ou du boulet de canon »

  1. La lutte des classes étant un fait historique incontournable, le camarade Francois Leclerc fait bien d’inviter nos classes sociales exploitées et opprimées (le prolétariat , la petite bourgeoisie et la classe du lumpen prolétariat ), ceux qui parlent en leur nom, de maintenant avoir une approche globale de la lutte des classes, stratégique.

    « …Il était à juste titre déploré un retard programmatique chez ceux qui se réclamaient du changement sans lui donner de contenu, le vent a tourné, le programme a pris corps, et les questions stratégiques sont revenues au premier plan… »

    Parlons stratégie, et en premier lieu affirmons haut et fort que le chacun pour soi des oppositions nationales est l’expression politique d’un repli.

    A condamner fermement les drapeaux nationaux à Hong Kong, au Liban, en Bielorussie, en France !

    La stratégie macro-économique et politique nous oblige aussi, à bien observer ce phénomène historique déjà vu, voulant, que ce sont les impérialistes dominants -en place- qui sont mille fois plus source de conflits armés mondiaux, que les impérialistes tentant de se faire une place au soleil du capitalisme.

    L’exemple le plus parlant de ces dernières heures étant la politique turc en méditerranéen.

    Le camarade François Leclerc est perspicace et il voit bien en ce mois d’août :

    « … Des interventions militaires pourraient survenir aux marches de l’Europe, en mer Égée et en Biélorussie, tandis que Donald Trump mène campagne contre l’Iran… »

    C’est pourquoi, fidèle à la politique dite du défaitisme révolutionnaire de Lénine : « l’ennemi est dans notre propre pays », et: « nous n’avons pas à choisir un camp dans les conflits entres impérialistes », soyons ferme quant à tous ceux qui tentent de nous faire passer les Poutine et Cie comme étant pire que ceux qui nous gouvernent.

    Cela porte un nom, c’est une politique campiste à l’envers, c’est tenter d’accrocher politiquement et militairement, les prolétariats (et autres classes dominées), derrière le chariot de leurs bourgeoisies belliqueuses.

    Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie; beaucoup d’internationalisme y ramène.

    Mais :

    Un peu de patriotisme éloigne de l’Internationale; beaucoup de patriotisme y ramène.

    Jaurès.

      1. Bonjour,
        Au dela des conséquences éventuellement militaires à venir, cette photo m’inspire des reflexions immédiates :
        1) toujours la dépendance aux énergies fossiles,
        2) les températures moyennes continuent de croître,
        3) la fonte des glaces du Groenland aurait atteint un point de non retour,
        4) la connerie humaine suit la même trajectoire.
        Bon, ma journée commence bien …

  2. Style ! La phrase « Les mois d’août sont réputés pour ne rien s’y passer, une idée fausse mais tenace. » gagnerait à être remplacée par une expression correcte et plus élégante, comme « Une croyance tenace, mais fausse, voudrait qu’il ne se passe rien au mois d’août. »

  3. Excellente synthèse !
    Se rappeler du think global, act local.
    Toute lutte ne peut commencer que dans un cadre national : allez demander aux Biélorusses…

    PS. Ridicule de s’attacher au style…

  4. En cette période de grande tension en Méditerranée orientale nous nous devons d’oublier nos querelles intestines et réaliser l’union sacrée en soutenant le gouvernement français qui vient d’envoyer des moyens militaires supplémentaires pour faire pièce aux ambitions hégémoniques du néo-sultan Turc.

    Pourquoi la France envoie deux Rafale en Méditerranée orientale, mer de tensions et d’hydrocarbures

    Le peuple français doit se montrer uni derrière M Macron qui défend le droit international et la Liberté. Celle de Total qui exploitera ces nouvelles ressources gazières et pétrolières afin que la Grèce transformée en protectorat par la Troïka, puisse rembourser ad vitam æternam sa dette.

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