Les à-côtés du plan qui méritent d’être relevés

Le plan de relance et de résilience européen va faire des heureux dont on ne parle guère. Plus de 700 milliards d’euros vont être levés sur les marchés d’ici 2024, hissant la Commission au rang des grands emprunteurs, aux côtés notamment de la France et de l’Italie. Les investisseurs en mal de placements sûrs vont être gâtés.

Cette dette va être noté AAA, de la meilleure qualité qui soit, de l’actif sûr comme on n’en connaît plus. Le programme d’émission va faire un bond en avant, l’appétit des investisseurs va être comblé. Reste certes à déterminer quelle sera la rémunération des émissions à venir, mais elle ne sera pas négative.

Autre qualité et non des moindres, cette dette sera liquide, les titres pourront en être facilement vendus, et pas à n’importe qui. La BCE en sera toujours acquéreuse si nécessaire. Un tel volume de titres l’arrangera bien, lui permettant de ne pas transgresser ses règles de répartition de ses achats par pays. Ces titres pourront également renforcer les fonds propres des banques qui vont enregistrer une augmentation du taux de défaut des entreprises auxquelles elles ont accordé un crédit.

Son de cloche discordant, ces émissions ne sont pas destinées à être renouvelées, leur programme devant s’éteindre en 2024. Le montant de la dette en euro va se rapprocher de celle qui est libellée en dollars, augmentant de ce point de vue la crédibilité de la devise européenne sur les marchés, mais celle-ci ne va toujours pas être l’actif européen de référence que représenteraient des euro-obligations finançant un budget de l’Union de plein exercice.

Un débat est engagé à propos de la dynamique qui serait engagée par l’adoption de ce plan. Rien toutefois ne la concrétise à ce stade, et elle reste au niveau des intentions de ceux qui y sont favorables. L’accueil mitigé du parlement hollandais au compromis signé par Mark Rutte, le Premier ministre, montre que tout reste de ce point de vue à faire. Les protestations contre les coupes opérées dans le budget pluri-annuel de la Commission au sein du parlement européen montrent également que le compromis adopté au sommet ne passe pas bien, ce budget faisant partie d’un package avec le plan proprement dit. Ursula von der Leyen a déploré « une pilule difficile à avaler ». Enfin, l’usage qui sera effectivement fait des subventions et prêts pèsera dans la balance quand leurs résultats pourront être enregistrés.

Le montant des dépenses a été fixé, celui des recettes ne l’est pas. Les négociations vont devoir reprendre à propos des ressources propres de la Commission, un terrain semé d’embuches qui va permettre de mieux cerner les intentions des uns et des autres en ce qui concerne le futur. Plus ces ressources seront limitées, moins la dynamique revendiquée sera engagée.

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