Entre l’État et le marché, leurs cœurs balancent

Parmi les sujets de préoccupation, l’endettement des entreprises a pris le pas sur celui des États. Le fonds d’investissement géant Fidelity Investments a sonné l’alarme, ceux-ci n’allant pas être selon lui en mesure de recapitaliser les entreprises comme nécessaire, faisant face à un problème de solvabilité et non pas de liquidité. Ce n’est pas une nuance mais exprime leur sous-capitalisation ! Or, en dépit de leur bonne fortune et de leur gigantisme qui tient lieu d’amortisseur, ces fonds n’en ont pas les moyens vu l’ampleur des besoins !

« Le marché » s’avouant dépassé, la main va donc devoir être passée aux États, ce qui conforte la position de ceux qui réclament des prises de participation, certes minoritaires et sans droit de vote est-il vite précisé, ou qui annonce des restructurations en série. À défaut d’injection de capitaux, il ne faut cependant pas s’attendre à une relance des investissements, et seule la consommation devra y pourvoir. Ce qui renvoie au financement public d’un chômage destiné à s’accroitre. De tous côtés, l’État va être mis à contribution, n’en déplaise à ceux qui, mordicus, voient en lui un obstacle à réduire et sont pris à contrepied.

Changement de période ! L’inflation n’est plus l’ennemi public n°1, remplacée par la récession, mais toutes les conséquences n’en sont pas tirées. Les idéologues sont sur la défensive, les pragmatiques prennent le dessus avec en tête une seule idée, durer pour tenir, car dans le court terme ils sont sans solution toute faite. Telle va être la mesure de leur savoir -faire.

Les négociations à propos du plan de relance de la Commission en sont le reflet. La maturité des titres obligataires que la Commission va émettre est un des paramètres qui fait débat. Le clan des « frugaux » est sans surprise restrictif, y voyant un moyen d’alourdir la peine. Les intentions de la Commission étaient clairement en faveur d’un transfert financier en faveur des pays les plus susceptibles de déclencher une nouvelle crise au sein de la zone euro, à tel point que la répartition des subventions était sur la place publique avant que la formule permettant de les établir ne soit divulguée. C’est dorénavant chose faite et suscite un fort mécontentement chez les perdants qui élargissent le front du refus des « frugaux ». Les paramètres de l’équation vont faire l’objet de négociations acharnées et les conditionnalités menacent de réapparaître afin de corriger le tir. Les partisans de la rétention ne désarment pas.

Au sein du club restreint des « pays développés », le moral n’est pas au plus haut. L’Allemagne enregistre la plus forte chute de sa production industrielle des trente dernières années, et le Japon n’échappera pas à sa pire récession depuis les années 50. Les stars ne tiennent plus le haut de l’affiche. Chacune réagit à sa manière, l’Allemagne en puisant principalement dans ses réserves pour dégager 130 milliards d’euros, le Japon en poursuivant la monétisation déjà bien avancée de sa dette publique. Le gouvernement français, n’ayant pas les moyens de l’une ou l’autre de ses solutions, garantit les prêts bancaires aux entreprises. 500.000 d’entre elles bénéficient déjà du dispositif, l’encours allant atteindre 100 milliards d’euros très prochainement. À chacun selon ses moyens, mais les réveils risquent d’être pâteux !

Le pragmatisme n’est pas davantage une solution.

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