Financer le « quoi qu’il en coûte », un grand flou

Les temps changent, les discours aussi. « Il n’y a pas d’argent magique » avait répondu Emmanuel Macron à une infirmière l’apostrophant. Entré en guerre, il a changé son fusil d’épaule pour marteler « quoi qu’il en coûte ». Mais il n’a pas précisé qui allait payer l’addition et par quel moyen.

Son montant ne sera pas à la hauteur des sommes annoncées, qui sont destinées à faire impression, si l’on déduit les garanties qui ne seront pas nécessairement activées et les reports de taxes, cotisations et impôts qui resteront dus. Mais quand même, les déficits budgétaires vont être sérieusement creusés ! La monétisation de la dette via les achats des titres publics de la BCE – puisqu’il faut l’appeler par son nom – n’épongera pas toutes les dépenses. Et puis si la faiblesse des taux obligataires diminue les coûts, elle n’exonère pas du remboursement du principal ! Enfin, les règles du « pacte de stabilité » n’étant que suspendues, il faudra bien revenir dans les clous plus tard (à moins qu’elles ne soient oubliées).

Dans l’état actuel des choses, il n’y a pas d’autre solution que de se rendre sur les marchés, sauf à passer sous les fourches Caudines du Mécanisme européen de stabilité qui s’y rendra pour le compte des États, à condition encore qu’il soit activé. Ce qui représente une forme de mutualisation qui ne dit pas son nom. Mais elle est a priori assortie de sévères contreparties conduisant le gouvernement italien à la refuser, bloquant une adoption à laquelle le gouvernement allemand consentait.

L’émission d’euro-obligations – quel que soit le nom qui leur est également donné – est une autre formule de mutualisation, affirmée et a priori sans contrepartie. Mais elle se heurte au veto intransigeant des dirigeants allemands, autrichiens, hollandais et finlandais.

Pour l’instant en suspens, la question devra bien trouver une solution. Si elle n’est pas collective, chaque État devra agir seul, ce qui risquera de se révéler scabreux si les taux, qui en ont donné déjà quelques signes, se mettent à monter pour certains pays comme l’Italie. Leurs budgets n’y résisteront pas, des défauts de payement pourront en résulter, et la zone euro éclatera si rien n’est fait à temps. Le scénario est écrit. Est-ce cette perspective qui a incité Amélie de Montchalin, la secrétaire d’État française aux Affaires européennes, à déclarer « nous devons absolument préparer ensemble la sortie de crise, la relance » ? puis à faire état des questions « existentielles » auxquelles l’Union européenne sera sinon confrontée, précisant que cela concernera la place de certains ?

Les gouvernements favorables à l’émission d’euro-obligations pourraient être incités à faire bande à part en passant à l’acte. Ils n’en sont pas là et voudraient l’éviter, tout en ne sachant pas comment, dès maintenant fondés à se demander si les autorités allemandes, qui avaient mis leurs conditions à l’euro, ne pourraient pas dans l’avenir reprendre leur liberté pour ne rien avoir à partager. Une simple zone de libre-échange répondant à leurs besoins pourrait-elle leur convenir si elles persistent dans leur rétention ?

D’autres urgences mobilisent certes les gouvernements dans l’immédiat, mais ils pensent déjà à la sortie de crise, d’autant plus qu’ils peuvent encore s’aveugler et croire qu’elle sera de courte durée. Ils risquent d’avoir à déchanter, ce qui leur donnera toutefois un répit pour s’y préparer, sans garantie de succès…

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24 réflexions au sujet de « Financer le « quoi qu’il en coûte », un grand flou »

  1. Quelques réflexions sur le rapport compliqué entre la bourgeoisie allemande et ses acolytes européens :

    Ces derniers n’ont à la bouche que les mots endettement et mutualisation !

    Ils en sont encore, comme il n’y a pas si longtemps la Grèce, à jouer la carte de la culpabilisation de la dernière guerre, et demander à l’Allemagne de payer.

    Mais le peuple allemand n’est pas responsable des crimes nazis !

    Cet argument est nul et ne peut avoir comme effet que durcir la position du gouvernement allemand.

    La Grèce, l’Italie, l’Espagne, la France veulent elles avancer dans une intégration européenne ?

    Qu’elles commencent à faire payer l’impôt à leur propre bourgeoisie.

    Le gouvernement Merkel ( et les autres du Nord) n’a pas tord de s’arquebouter sur la posture de la fourmi face à la cigale.

    Les chefs ouvriers en Europe devraient en prendre de la graine !

  2. Que l’on fasse d’abord payer l’impôt à sa bourgeoisie, qui quoi qu’on en pense, a drôlement bien profiter de la vie depuis la fin de la Seconde guerre, soit et ce serait tout à fait normal avant d’aller solliciter l’aide des pays qui, eux, l’ont fait. Mais, il me semble, que l’Europe a bien aidé l’Allemagne lors de sa réunification, dans les années 1990. Sans compter tous les bénéfices qu’elle a retiré d’un euro à sa botte, ainsi que ceux retirés de sa position centrale après l’élargissement à l’Est, la plaçant ainsi au cœur de l’Union et frontalière avec des Etats à bas coût de main d’œuvre dont elle s’est largement servie. Je ne suis pas spécialiste de l’économie européenne, je suis juste une citoyenne, qui a le sentiment (peut être exagéré d’ailleurs) d’avoir été là quand l’Allemagne n’allait pas bien et de la voir se défiler quand on a besoin d’elle.

  3. Que l’on fasse payer notre bourgeoisie? Mais dans un système sans frontières, comment faire? Je suis heureux de constater que tout doucement on en revient à la question du mode de construction de l’Union européenne. L’avantage énorme de cette crise est, qu’en principe, et beaucoup mieux qu’en 2008 oi au moment de la crise grecque, nous allons peut-être aborder les questions monétaires et financières. Si tel n’est pas le cas le scénario des années 2010 reviendra avec une force décuplée et aux conséquence sociales inouies. Il faut oser poser les vraies questions: privatisation de fait des banques centrales, libre circulation du capital, taux de change à l’intérieur de la zone européenne, dette comme seul moyen de créer de la monnaie, etc. Beaucoup de travail de réflexion pour construire un vivre ensemble digne de ce nom.

  4. Les décideurs en Europe seront ils bêtes ou intelligents ?

    Vouloir régler une crise de rentabilité du capital en y voyant qu’une crise de liquidité, en injectant dans les tuyaux toujours plus de liquidités, c’est vouloir éteindre un incendie en y jetant dessus du pétrole.

    Berlin est réticent, et à vouloir lui plier le bras, on prépare une très grande catastrophe aux peuples européens : l’explosion de l’Europe et la guerre sur le continent.

    Je crois que même d’un point de vue bourgeois, il y a plus intelligent à faire.

    La bourgeoisie européenne est riche.

    Les gouvernements européens, en s’appuyant sur le parlement de Strasbourg, se déclarant pour la circonstance  » convention européenne « , doivent faire élire un gouvernement de salut européen.

    Le but de ce gouvernement sera de discipliner et faire payer les bourgeoisies en Europe , exproprier les récalcitrants de leurs biens sur le continent si nécessaire.

    La bourgeoisie ne peut arriver à rien sans le proletariat.

    Les premières mesures à prendre à l’échelle du continent est:

    L’annulation de la dette et faire reposer l’euro sur le travail, une planification générale et harmonieuse de l’industrie et agriculture européenne. Le plein emploi.

    – l’harmonisation sociale par le haut des conditions de vie et de travail de tous les salariés européens.

    Un travail sous statut ou rien. A travail égal, salaire égal.

    – La libre circulation des travailleurs et la régularisation des migrants du sud.

    – la naissance d’une armée européenne gardant les frontières extérieurs de l’Europe.

    – Une rupture diplomatique, autant avec Pékin qu’avec Washington si cela empêchent la construction de l’Europe.

    – Un appel aux travailleurs de tous les pays à la paix et à la coopération.

    – la présence permanente de délégations socialistes ou démocratiques, des oppositions anglaise, turc, russe à Strasbourg, leur signifiant que le ticket d’entrée à cette Europe progressiste et sociale, c’est le renversement de leurs gouvernements nationaux et réactionnaires.

    Il existe une thèse du développement inégal et combiné de la révolution.

    La révolution ne sera pas mondiale instantanément.

    Que l’Europe fasse avancer ses affaires, le reste suivra.

    Poussons la bourgeoisie européenne à renouer avec les grandes heures du siècle des lumières !

    Elle ne le fera pas ?

    Cela incitera le proletariat à renouer avec les grandes heures de la révolution d’octobre.

  5. E************,

    Je vois au moins 2 erreurs dans votre raisonnement.

    1- Vous appelez le bourgeoisie à faire alliance avec le prolétariat et à l’utiliser.
    Il me semble que l’addition de 2 faiblesses ne fait pas une grande force agissante. En fait, je ne connais pas vraiment ce qu’est la bourgeoisie. Elle est si émiettée et diverse qu’elle ne peut être une force politique positive.
    En revanche, je peux dire que le prolétariat est tout simplement mort, éradiqué, éparpillé. Les restes sont politiquement nuls.
    L’alliance des deux est assez improbable.

    2-Votre péroraison est surprenante. Dans les faits, la révolution soviétique a été une longue mise à mort de tout ceux qui n’étaient pas d’accord avec le petit bourreau des peuples.
    Bref, par votre rappel, vous promettez à la bourgeoisie l’exil ou le poteau. Vous avez au moins le mérite de la franchise mais avouez que tactiquement les prémices sont douteux.

    J’aurais espéré que votre monomanie se modernise en intégrant l’enseignement de l’Histoire et une meilleure connaissance sociologique. Je dois reconnaître mon erreur.
    Surtout, ne me remerciez pas, c’est juste pour faire avancer le schmilblick.

    1. Bonjour Daniel.

      Comme à priori sur un forum de discussion nous sommes tous des inquisiteurs en puissance , et cherchons à faire avouer nos interlocuteurs, à mon tour de chercher de vous faire avouer :

      Qui de moi ou de ceux qui nous parlent de nationalisations est dans un autre siècle ?

      Peut on nationaliser Renault et laisser sur le bord de la route Nissan ?

      Peut on trouver une solution française à Aîrbus ?

      Evidemment non !

      C’est pourquoi à socialisation des moyens de production et d’échange, internationalisme.

      Je vous avoue que je suis autant révolté par l’existence de la propriété que par celles des frontières existantes.

      Pardonnez moi !

  6. Bonjour,

    Il s’agit d’un enchaînement de questions à propos de la nouvelle vague de « monnaie hélicoptère».

    Dans article, dans la rubrique « opinion » de Bloomberg, en date du 27 mars, de Jim Bianco écrit ceci :

    « An alphabet soup ( voir article) of new asset-buying programs will essentially nationalize large swaths of the financial markets, and the consequences could be profound.
    In other words, the federal government is nationalizing large swaths of the financial markets. The Fed is providing the money to do it. BlackRock will be doing the trades.
    This scheme essentially merges the Fed and Treasury into one organization. So, meet your new Fed chairman, Donald J. Trump ».

    https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2020-03-27/federal-reserve-s-financial-cure-risks-being-worse-than-disease

    Questions :
    A) Est-ce ce bien ainsi que Trump a pu prendre la décision d’imprimer deux trillions de dollars, ?
    B) Quel est l’enjeu social du « digital dollar » et du « basic income » US ? cf trois article d’iher et d’avant-hier

    ( How Central Banks Could Use Digital Cash to Deliver Universal Basic Income ) Is Now the Time for a Digital Dollar?
    (https://www.coindesk.com/how-central-banks-could-use-digital-cash-to-deliver-universal-basic-income

    A leaked draft of the US’s economic stimulus bill mentioned the creation of a ‘Digital Dollar’. Is now the right
    (https://www.financemagnates.com/cryptocurrency/news/is-now-the-time-for-a-digital-dollar/)

    Remarquons que Nancy Pelosi intervient pour que le public faiblement « bancarisé » y ait accès notamment par un compte facilement ouvert par la Poste

    Pelosi sees ‘Phase 4’ coronavirus package including additional payments to Americans, infrastructure spending
    (https://www.marketwatch.com/story/guid/564871cc-72b0-11ea-94ca-81df1ea1e11b?siteid=rss&rss=1.)

    C) ll semble que l’Europe ait un retard d’allumage sur le débat revenu universel / gratuité
    D) à la fin qui paiera ?

    1. Il est incontestable qu’ils perdent un peu les pédales, devant le précipice, ils reculent ! Pour donner une idée de ce qui les traversent, ci-après un article de Nicolas Baverez, paru dans Les Échos, qui tente de maintenir sa posture superbe.

      « L’épidémie de coronavirus, par sa soudaineté, par sa violence, par le recours à des mesures de confinement inusitées depuis le XVII e siècle et que l’on croyait appartenir à une histoire révolue, provoque un effet de sidération sur les opinions comme sur les dirigeants. Face à l’explosion des victimes et à l’accumulation vertigineuse des pertes économiques, la tentation est forte de se tourner vers des précédents historiques pour évaluer les conséquences du choc et imaginer des stratégies de sortie de crise. Des comparaisons sont ainsi régulièrement avancées avec les catastrophes sanitaires du SRAS et du virus d’Ebola, avec les krachs de 1929 et de 2008, ou encore avec les guerres mondiales. Les crises économiques passées sont scrutées pour définir le profil du choc et de la relance, en L, en U ou en V.
      Cette analyse du présent à la lumière du passé, généralement très utile, est erronée et dangereuse. Force est en effet de constater que l’épidémie de coronavirus est à l’origine d’une crise unique et sans précédent. Et ce pour quatre raisons.
      1/La crise est réellement universelle, touchant successivement tous les pays et les secteurs d’activité, avec l’extension du confinement qui touche désormais la moitié de l’humanité. 2/L’arrêt instantané de l’activité économique résulte de la disparition physique d’une partie importante de la production et de la consommation, ce qui est très différent d’un krach financier ou de la mise en place d’une économie de guerre et de rationnement qui réalloue les ressources vers l’industrie de défense. 3/Le choc est complexe et entremêle trois crises : crise sanitaire dont les modèles montrent qu’elle pourrait faire 40 millions de morts en l’absence de forte réponse de santé publique ; crise économique avec une chute de l’activité mondiale de 3 à 4 % en 2020 alors qu’une progression de 3 % était attendue ; crise financière avec l’effondrement des marchés et de la liquidité, créant le risque d’un emballement des faillites et des licenciements. 4/Enfin, l’ampleur et la vitesse des mesures de politique économique sont inégalées, avec la mobilisation de plus de 7.000 milliards de dollars de dépenses budgétaires, de prêts et de garantie des Etats et des banques centrales pour assurer la pérennité des entreprises et stabiliser les revenus des ménages.
      La crise du coronavirus, qui combine potentiellement l’épidémie de grippe espagnole qui fit 50 millions de morts en 1918, la Grande Dépression des années 1930 et le krach de 2008, échappe donc aux modèles existants et crée une incertitude radicale. A défaut de connaître son issue et sa durée, certains enseignements utiles pour la reprise se dégagent.
      La faute du total-capitalisme chinois
      La vigueur et la vitesse de la relance de l’activité seront déterminées par trois facteurs. Le choc trouve son origine dans une crise sanitaire indépendante du cycle économique comme de toute décision politique, même si la responsabilité première de la pandémie revient au total-capitalisme chinois et à sa tentative catastrophique d’en cacher l’existence. La première priorité consiste donc à juguler l’épidémie et à rétablir la sécurité sanitaire de la population. Ceci implique de tirer les leçons des seules stratégies efficaces qui sont le privilège des démocraties asiatiques – Japon, Corée du Sud et Taïwan. Elles associent une forte capacité de pilotage et de coordination des acteurs par l’Etat, la mise à disposition de l’ensemble de la population de matériel de protection et de tests, le recours massif aux technologies numériques, enfin l’appel au civisme des citoyens.
      La remise en marche de l’activité dépendra ensuite de la survie des entreprises , qui déterminent la croissance potentielle, l’emploi et la base fiscale. L’urgence va au déploiement rapide et effectif des mesures destinées à les soutenir. Et ce avec l’appui des banques, qui contrairement à 2008, ne constituent pas le vecteur de la crise, mais un levier irremplaçable pour réassurer le système productif par l’accès généralisé au crédit, notamment pour les PME et TPE.
      La crise referme un cycle de mondialisation
      La troisième condition apparaît très difficile à réunir. La pandémie de coronavirus est exemplaire des risques globaux dont la maîtrise exige une forte coopération internationale et une riposte coordonnée des grandes puissances. Or la crise referme définitivement le cycle de la mondialisation, déjà profondément déstabilisée par le krach de 2008. Elle exacerbe les tensions internationales, notamment la nouvelle guerre froide entre les Etats-Unis et la Chine. Elle met également en évidence les dangers créés par le démantèlement des institutions multilatérales ou leur abandon à l’influence de la Chine, avec des conséquences dramatiques dans le cas de l’OMS.
      Au-delà surgissent plusieurs interrogations majeures sur le monde qui vient et qui s’inscrira en profonde rupture avec les deux premières décennies du XXIe siècle.
      La japonisation du monde
      Pour la deuxième fois en un peu plus d’une décennie, les pays développés n’ont d’autre solution que d’engager 20 à 30 % de leur PIB pour réassurer le choc d’une épidémie après un krach financier. Et ce sous la forme d’une nouvelle hausse de la dette publique, au moment où leur base fiscale s’effondre. La japonisation du monde progresse, marquée par un fort vieillissement de la population, une croissance très faible et une explosion des dettes publiques et privées dont une large partie ne pourra être remboursée. Leur financement n’est assuré par les marchés que pour autant que les banques centrales garantissent une liquidité illimitée et annihilent le risque de crédit, avec pour limite la confiance qui leur est accordée.

      Investir massivement face aux risques
      La crise du coronavirus n’a pas de précédent mais inaugure un nouveau type de chocs liés aux risques propres à l’âge de l’histoire universelle et du numérique. D’autres événements pourraient bloquer la société et l’économie, comme des frappes cybernétiques systématiques, ou obliger une majorité de la population à rester confinée et à cesser de travailler, par exemple du fait du réchauffement climatique. Le tragique manque d’anticipation et de préparation dont ont fait preuve les démocraties occidentales face à la pandémie, en dépit des alertes du SRAS, de H1N1, du MERS ou d’Ebola qui se sont succédé depuis le début du siècle, les appelle à investir massivement pour anticiper les risques globaux et renforcer leur capacité de résilience.

      Liberté politique et besoin de sécurité
      L’enjeu décisif portera sur l’avenir de la liberté politique, qui devra faire face à une exigence illimitée de sécurité, venant s’ajouter au désir d’égalité, à la demande de protection sociale et à l’urgence climatique. Les leaders populistes, même s’ils ont apporté – Donald Trump en tête – une nouvelle preuve de leur incompétence et irresponsabilité, seront portés par la dynamique de la peur, par les séquelles de ce nouveau choc et par le repli des nations sur elles-mêmes, et le modèle de la démocratie illibérale trouvera un écho supplémentaire. Simultanément, les démocratures, notamment la Chine, mettent à profit le nouveau trou d’air des démocraties pour développer un puissant effort de propagande en faveur des régimes autoritaires, pour renforcer leur influence et accélérer leur expansion. Comme toute grande crise, la pandémie de coronavirus comporte ainsi sa part de drame et sa part de chance. Elle peut amplifier l’affaiblissement des démocraties ou leur permettre de se réinventer, en trouvant un nouvel équilibre entre État et marché, droits individuels et intérêt collectif, résilience des nations et construction d’un ordre international, sécurité et liberté. »

  7. A la question qui paiera la faillite du système ? La réponse est tout le monde.
    Mais qui sera légitime pour organiser cette grande purge? Là, c’est plus difficile à prévoir.
    Je pense sans l’ombre d’un doute que la course au leadership a déjà commencé. Certains pays ont plus de soucis que d’autres et certains autres ont carrémant une longueur d’avance.
    Sont imbriqués dans cette course les solutions (pas clair, pas évident) et les moyens et aptitudes de leur mise en oeuvre (soumis à des déterminants culturels et historiques).
    Un autre monde est à réinventer et cette fois c’est vrai !
    Un autre facteur viendra créer les troubles fêtes : « le climat ».
    Santé !

    1. Le monde est effectivement à réinventer si nous voulons éviter la catastrophe planétaire d’un basculement climatique et de ses guerres pour la survie qui en découleront.
      Nous savons maintenant que le gouvernement était parfaitement prévenu de la survenue en France de la pandémie et qu’il a pourtant, jusqu’au dernier moment, agi comme si de rien n’était, en mentant sciemment afin de pouvoir se concentrer exclusivement sur les municipales et la contre-réforme BlackRock des retraites.

      La question est donc de savoir comment s’y prendre pour arracher le pouvoir à ceux qui conduisent l’espèce au bord de l’extinction. Car de – véritables – remises en question dans le cadre de la « démocratie représentative », il ne saurait y avoir. Où alors trop tard et trop peu, ce qui revient au même.

      Gérald Darmanin, ce Tartuffe qui préfère les dons à l’impôt
      https://www.mediapart.fr/journal/france/310320/gerald-darmanin-ce-tartuffe-qui-prefere-les-dons-l-impot

      31 mars 2020 Par Romaric Godin
      Le ministre de l’action et des comptes publics a annoncé l’ouverture d’une plateforme de dons pour ceux qui voudraient contribuer à « la solidarité nationale ». Une façon de préparer le maintien des politiques fiscales d’avant-crise.
      Les épisodes épidémiques sont des moments où l’on voit surgir des comportements des plus étranges. Prenez Gérald Darmanin, par exemple. Le ministre de l’action et des comptes publics, fraîchement élu dès le premier tour maire de Tourcoing, a annoncé lundi 30 mars dans un entretien au Figaro, au détour d’une question qui portait sur la contribution des assureurs au fonds de solidarité pour les travailleurs indépendants, qu’il lançait un « grand appel à la solidarité nationale ».
      Pour joindre le geste à la parole, il promet le lancement prochain d’une « plateforme de dons » afin que « tous ceux qui le peuvent » puisse contribuer, et « notamment les entreprises dont l’activité continue ou qui sont le moins affectées ». Et de conclure : « C’est une façon d’apporter leur contribution à l’effort de solidarité de la nation envers ceux qui sont dans les situations économiques les plus difficiles. »

      C’est effectivement fort touchant. Devant l’urgence, l’État organise la charité et lance, par la voix de son ministre, et pour reprendre les mots du journal conservateur, « un vibrant appel à la solidarité ». À Bercy, on affirme qu’il ne s’agit là que d’une réponse « au souhait de plusieurs Français et entreprises de contribuer à l’effort national ». Car, précise-t-on, « en période exceptionnelle, la solidarité peut aussi passer par des contributions volontaires et pas toujours par l’impôt ».

  8. à la proposition de Roberto

    Effectivement la question est donc de savoir comment s’y prendre pour « pour arracher le pouvoir à ceux qui conduisent l’espèce au bord de l’extinction ».

    Est-il possible aujourd’hui de repérer les acteurs de l‘imbroglio financier, et même de croire que quelques-uns de ces acteurs comprennent encore le fonctionnement de la nouvelle version de la pièce en cours ?
    Henry Lepage (1) semble considérer que le rôle des banques centrales est terminé, et que c’est le marché des reconnaissances de dettes échangées au travers du « shadow banking » (lequel est géré par les megabanque) qui alimente les besoins de l’économie en quasi-monnaie. Si je comprends bien ce système organiserait la hiérarchie économique par-dessus les banques centrales. Personnellement je n’en sais rien du tout.
    Par contre, c’est bien à Black Rock que Macron veut confier la gestion de nos pensions, en « eurodollar »; dans l’hypothèse ou Lepage c’est-à-dire à l’une des interfaces d’un système financier hors territoire (en fait dans un Cloud) et donc non réglable par les États?

    (1) Deux articles de H. Lepage :

    A) La finance de marché, ressort de l’ordre monétaire mondial
    https://journaldeslibertes.fr/article/la-finance-de-marche-ressort-de-lordre-monetaire-mondial/#.XGPh_NJKjMw

    B) Les banques centrales ne sont plus centrales
    https://www.contrepoints.org/2019/03/19/339664-les-banques-centrales-ne-sont-plus-centrales

    Nous devrions essayer de comprendre ce qui se passe. Personnellement je ne comprends rien à la « nationalisation » de la FED par Trump, par contre nous savons que – l’interdiction des paris sur les prix- se traduit concrètement par le fait que le parieur qui perd et pour le cas ou il estimerait avoir été » trompé, l’interdiction des paris se traduit concrètement par le fait qu’il ne peut pas aller en justice devant l’État, ».

    Dès lors dès que le shadow banking est régulé totalement en dehors du pouvoir des états, que pouvons-nous faire ?

    A mon avis, la France dispose du patrimoine symbolique laissé par le Conseil National de la Résistance c’est, je crois sur l’actualisation de programme ce qu’il faut expliquer, et rassembler .

    1. https://journaldeslibertes.fr/article/la-finance-de-marche-ressort-de-lordre-monetaire-mondial/#.XoSb-6Y6–l

      Je ne comprends pas tout, mais j’avais cru comprendre que

      « Cette « finance de marché » est ainsi un lieu de transformation où l’empilement des crédits, comme dans tout système bancaire moderne, donne naissance, par un jeu classique de multiplicateurs, à un processus complexe de création monétaire ex nihilo. »

      était une ânerie. Est-ce différent dans ce cas-ci ?

      1. Marcel,

        Lepage confond bien entendu la création de monnaie que seules les banques centrales peuvent opérer, et la mise en circulation de – reconnaissance de dette par les banques commerciales et les banques d’affaires – .
        Par ailleurs Lepage ne nous dit rien du fonctionnement interne au shadow-banking, comme le disait François il y a quelques années (je paraphrase) : « la finance a besoin d’obscurité ».

        1. Une interprétation du terme de nationalisation employé par Trump à propos de la Fed serait que le Roi dollar étant nu, il avoue que la monnaie est désormais une co-création entre la Fed (le maitre-d’œuvre) et les méga-fonds et banques privées (les maitres-d’ouvrage).

          1. Roberto,

            Le Conseil d’administration de la FED était jusqu’ici composé de 7 administrateurs publics et de administrateurs de banques privées propriétaire de la FED, lesquelles – si j’ai bien compris ?! – se chargeaient des opérations pour la création et la mise en vente des T Bonds, (en prenant un faible taux d’intérêt sur ces deux opérations); je me demande qu’est-ce qui à changé et pour quoi faire ?

          2. Effectivement les actions des Réserves fédérales régionales sont détenues par des banques privées dont l’anonymat des propriétaires est garanti par le Freedom of Information Act.
            Tout pour favoriser les théories du complot…

            Chose d’ailleurs inutile à mon humble avis depuis la généralisation de la pratique des revolving doors.

    2. Effectivement Jean-Luce, connaître la pensée de l’ennemi – quel autre mot ? – est nécessaire pour le combattre efficacement. Ainsi lorsque M Macron parle de théorie du ruissèlement, il est bon d’avoir les outils nécessaires pour pouvoir démonter preuves à l’appui (et elles foisonnent depuis l’ère Reagan-Thatcher) cette pensée inepte. Et ainsi de pouvoir conclure que M Macron est soit totalement inculte en manières économiques, soit qu’il se comporte en pur idéologue.

      La réponse à votre première question, y-a-il quelqu’un qui comprenne quoi que ça soit à la pièce en cours, est assez évidente : personne ! Certes, chaque acteur, quel que soit son niveau hiérarchique et son secteur d’activité est censé maitriser son proche environnement, mais il n’a qu’une vague compréhension de l’ensemble du système. Ainsi, preuve a été apportée par Daniel Bouton l’ex PDG de la Société Générale, qu’il ne maitrisait absolument pas ce qui se passait au niveau des opérations de marché de son établissement et qu’il ne pouvait tenir d’autre discours que celui des plaquettes publicitaires vantant la sécurité de sa banque (d’ailleurs récompensée par un prix un mois avant « l’affaire »). Quel dirigeant de banques ou de fonds peut-il prétendre maitriser toute la chaine cinématique de son établissement ? Idem pour les « quants », ces hyper-spécialistes hyper-intelligents qui inventent des produits hyper-sophistiqués : s’ils peuvent décrire précisément la construction de leurs bombes logiques financières, aucun d’eux ne peux prétendre connaitre ses effets lorsqu’elle se dupliquera dans l’ensemble du système.

      À cette myopie systémique il faut naturellement ajouter au débit des différents acteurs, une profonde malhonnêteté. Celle qui consiste à créer des outils dans une perspective proclamée bénéfique, mais dont la vraie fonction ne se révèle que dans leur détournement. Ainsi Goldman Sachs qui spécule contre son client, l’État grec, sur le marché des CDS. Comme si un particulier avait le droit d’acheter l’assurance-habitation de son voisin et de mettre le feu à sa maison pour récupérer les dédommagements versés par l’assureur…

      Devrions-nous alors essayer de comprendre ce qui se passe ? On peut certainement comprendre ce qu’essayent de faire les acteurs, mais je ne pense pas qu’il soit possible d’anticiper le résultat de leurs actions. Non seulement la complexité du système est bien trop grande pour un esprit humain, non seulement les ordres de grandeur des masses monétaires et la vitesse de leurs transactions dépassent nos capacités de réaction et d’anticipation, mais encore faut-il y rajouter non pas le meilleur, mais le pire de l’esprit humain : la rapacité alliée à la peur-panique lorsque le cœur du réacteur s’emballe.

      Mais est-ce bien raisonnable d’ailleurs d’essayer de comprendre un système irrationnel, ou peut-être pire encore, d’essayer de l’amender, alors qu’il est spécifiquement conçu pour ne pas pouvoir être modifié radicalement ? C’est à mon humble avis une perte de temps, celui-là même que nous compte maintenant si chèrement le changement climatique…
      Car comprendre pour pouvoir agir, signifierait détruire les « paradis fiscaux » qui sont des hubs, des lessiveuses pour l’argent sale, lui-même partie intégrante et vitale de l’économie. Mais également supprimer les règles comptables, celles-là mêmes qui permettent de dépouiller les entreprises de leurs richesses au profit des actionnaires et des banques d’affaires. And so on.

      Alors comment faire pour que la finance redevienne un monde gris, un simple rouage participant de l’économie et non une industrie la phagocytant ? Une des clefs est sans doute dans la simplicité des règles de régulation, sur le principe du tout ce qui n’est pas nommément autorisé est interdit. Car si le rêve des sociopathes consiste en une absence totale de régulation, on ne peut nier qu’ils s’acclimatent fort bien d’un écosystème prudentiel et législatif où le diable à mille endroits où se cacher.
      Où l’on voit qu’il ne s’agit pas de problèmes techniques, mais de volonté politique.

      Ce qui amène à se poser la question de la démocratie « représentative » (oxymorique bien évidemment, tant les intérêts des premiers de cordée sont divergents de ceux-qui-ne-sont-rien et que compter sur un député, un ministre ou un président CSP++ pour prendre en compte les besoins de jojo-le-jiléjône relève de la chimère).

      Or que faut-il pour être élu ? De la visibilité médiatique, donc de l’argent. Si ce n’est le sien, tout du moins celui des milliardaires qui contrôlent 98% des médias en France et qui, exemple donné au hasard, ont assuré à l’actuel président de la République, deux fois plus de couvertures de magazines qu’à l’ensemble des autres candidats.

      Se pose également le problème du fonctionnement des machines de guerre partisanes qui ont tendance à sélectionner, non les plus honnêtes ni les plus compétents, mais les plus ambitieux. Un drame bien connu : ceux et celles qui sont les plus susceptibles d’assumer le pouvoir pour le bien commun sont également les plus désarmés face aux assassins prêts à tout pour le conquérir…
      Mais même à supposer qu’un miracle se produise : qu’un homme ou une femme, l’honnêteté chevillée au corps, un monstre de compétence l’œil rivé sur la ligne bleue du bien commun, soit élu malgré le tir de barrage de la presse des milliardaires et de leurs innombrables chiens de garde. Comment ce demi-dieu pourrait-il gouverner, à la fois contre les plus puissants des intérêts privés qui contrôlent la haute-administration (avec Bercy comme exemple chimiquement pur), l’ensemble des gouvernements de la zone Euro et les Lemarché ?

      Vous avez une heure.

      Non, ne vous fatiguez pas à chercher une réponse. La chose est bien sûr impossible en régime de démocratie « représentative ».

      Comme le dit la vulgate, nous vivons une époque intéressante. Car si la vaguelette du Covid-19 qui vient mouiller nos orteils suffit presque à nous noyer, elle n’est rien selon le Giec à côté de la hauteur de la vague qui arrive.

      Donc « pour de vrai », nous avons plus d’une heure pour trouver la solution. Mais guère plus qu’une poignée d’années.

      1. Roberto

        C’est assez clair en effet, le système financier a atteint son seuil d’incompréhensibilité. Admettons toutefois que dans la pagaille qui s’annonce, certains des acteurs ont l’artillerie qu’il faut pour, en fonction de circonstances, même à leurs yeux aujourd’hui imprédictible, faire avancer le déchaînement des forces dans une direction qui a un moment donné, leur conviendra pour renouveler leur mode de domination.

        Notre chemin d’action est politique, c’est pourquoi je faisais référence au programme du CNR ; il reste pour la France une référence historique, et , je crois, symboliquement la seule sur laquelle il serait possible de rassembler politiquement la diversité des Français pour de travailler à son actualisation, afin de traverser la crise du climat, l’intoxication chimique, et nucléaire, ce qui nécessite d’en finir avec le capitalisme.

        Si nous ne pouvons perdre de temps à comprendre le spaghetti financier et monétaire, nous pouvons réfléchir, et nous donner les moyens de faire réfléchir l’ensemble de la population, à la construction d’un modèle de fonctionnement des banques (si possible dans un cadre européen), mais je crois que « la sortie par le haut », telle que François l’envisageait il y a presque 10 ans ne soit définitivement, irréalisable dans le temps disponible.

        Peu importe de comprendre l’agencement actuel du jeu de cube financier, il va s’effondrer, par contre pour reconstruire il nous faudra repérer et nommer les pièces du jeu de cube dont nous disposons dans le cadre français, puis en repartant de l’esprit du CNR avancer des propositions, accompagnées d’une volonté d’accords multilatéraux avec d’autres pays qui avanceraient dans la même direction.

        Par exemple, pourquoi ne pas entamer une réflexion collective ans l’immédiat le devenir de ces 750 milliards d’euros virtuels que la Banque Centrale européenne vient d’inscrire à son bilan. Partons de quelques schémas simplistes et faux, que François, et d’autres bonnes volontés éclairciront et corrigeront.
        Dans le principe, il me semble, cette nouvelle monnaie centrale ne deviendra effective que lorsque les banques centrales des différents pays de l’UE pourront inscrire dans leur compte les montants collectés – par les banques d’affaires ? – sur base de la vente d’obligation d’états sur les marchés financiers. (Quels sont les noms des propriétaires de ces banques, et comment sont-ils rémunérés ?).
        Cet argent collecté sera alors versé au « trésor » de chaque pays qui pourra décider de verser 1000 € à chacun. Dès lors, autant nous préparer à payer ultérieurement le principal et éventuellement les intérêts de ce de ces obligations d’État auprès de ceux qui ont actuellement la chance d’avoir assez d’argent que pour les acheter afin de garantir leur avenir et ceux de leurs enfants qui en hériteront sur la pérennité de l’État.
        En résumé il est légitime que nous sachions quels les noms des banques, les montants et le nom des acheteurs de notre dette publique coronavirale.
        Un second volet prospectif serait de comprendre quel sera le cheminement de la part des 750 milliards qui viendra, sous peu, aider les entreprises, par quelle tambouille improvisée ces sommes vont-elles leur arriver ?

        1. Jean-Luce, la réflexion collective devrait être effectivement le maitre-mot pour tout reconstruire.

          Maintenant est-il possible de vendre le modèle du CNR à l’UE, une entité qui a réduit la Grèce en cendres ? Le doute est permis tant l’Union est construite pour éloigner les peuples des décisions prises en leur nom (et quand on leur demande, à l’exception notable du RU, on ne tient pas compte de leurs avis).

          Par contre au niveau national, la chose est me semble-t-il inutile. J’ignore dans quelle proportion exacte, mais de toute évidence une majorité de français est attachée aux principes édictés par le CNR. Ici comme ailleurs la difficulté consiste à passer outre nos « représentants » qui font barrage.

          Et le tir de barrage à déjà commencé, il suffit de voir la multiplication des appels venant du monde de la finance à faire marche arrière. Une tartufferie excellemment représentée par la dernière analyse de Natixis signalée par Otromoros. Un poisson d’avril pas drôle du tout nous promettant de tout changer pour ne rien changer.

          La question est donc de savoir comment IMPOSER une concertation collective ?

  9. Ne vous méprenez pas François,

    j’ai dénoncé l’idéologie des Lepage, Gary Becker et quelques autres, (il y aura bientôt un demi-siècle, et par un travail universitaire de près de deux cents pages). Il était m’était déjà parfaitement clair déjà que leur projet de relance du libéralisme économique nous conduirait à la catastrophe sociale et écologique!

    Citer un auteur n’est pas l’appouver, mais il faut tenter de percer la stratégie et la tactique de l’ennemi.

    Si vous le permettez, je continuerai d’intervenir sur votre blog.

    Cordialement et avec mes remerciements,

    jean-luce morlie

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