Vers où va-t-on ?

Les prévisions des épidémiologistes et des économistes valent ce qu’elles valent quand les données sont sujettes à caution et les modèles dépassés. Laissant comme seule certitude que l’on ne sait pas et qu’aucune précaution n’est superflue en pareil cas. Le risque de menace devient omniprésent, et la dynamique qui en ressort n’est pas plaisante.

Force est de constater que l’impact économique et financier de la pandémie est plus forte qu’il était prévu, et que la fragilité de nos sociétés en sort renforcée. La tendance était auparavant à construire des murs, elle est dorénavant au confinement et au repli derrière les frontières, au télétravail improvisé et, pour ceux qui le peuvent, à se réfugier à la campagne.

Les gouvernements reprennent du poil de la bête, le recours au marché n’étant plus de circonstance. Certains en viennent même à loucher vers la Chine dont le système autoritaire a eu selon eux du bon. Les grandes banques systémiques américaines décident collectivement de cesser leurs opérations de rachat d’actions pour soutenir leurs cours, c’est dire que l’heure est grave. Et les gouvernements européens vont restreindre le passage des frontières de l’Union européenne, normalisant par la même occasion le refoulement des réfugiés. Mais la Commission demande des voies prioritaires pour le transport des marchandises afin de protéger la santé des citoyens et… le marché unique. Et elle suspend de facto le « pacte de stabilité et de croissance ».

Quelle va être la résultante de toutes ces mesures exceptionnelles dont on ne connait pas la durée ? Elles ne sont pas innocentes et pourraient annoncer une véritable mutation du fonctionnement de nos sociétés. D’un côté, la reconnaissance des prérogatives de l’État dans des domaines comme celui de la santé dite publique sonne un coup d’arrêt au recours systématique au marché. D’un autre, les restrictions qu’il décide pourraient demain en appeler d’autres, en s’appuyant sur la force de l’habitude.

Les comportements anxiogènes collectifs qui se traduisent par les razzias dans les supermarchés expriment une peur qui était déjà installée mais qui trouve désormais une nouvelle alimentation. Une fois l’orage passé, la tentation va être grande d’en profiter, cela au moins peut être anticipé. Lors de sa première allocution, Emmanuel Macron a certes promis des « ruptures », mais il n’a pas précisé lesquelles. Le doute est permis, on connait son monde.

Pour prévenir le pire, l’équation est difficile à régler, car comment jouer la solidarité chacun dans son coin ? Il va falloir faire preuve de créativité ! Les 27 en feront-ils preuve lors de leur téléconférence d’aujourd’hui, annonçant que « limiter les retombées économiques négatives » est une des clés ? PSA n’a pas attendu pour fermer ses usines dans toute l’Europe en tout cas, la baisse du marché automobile n’y est pas pour rien.

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3 réflexions au sujet de « Vers où va-t-on ? »

  1. Comme vous le dites François, les gouvernements capitalistes du monde entier louchent sur la Chine .

    Non seulement ils se voient contraints de prendre en charge le salaire, faisant de chaque travailleur un fonctionnaire, mais de plus au rythme où ça va, ils vont être obligés de socialiser les moyens de production et d’échange, comme un affreux communiste

    Coquin de sort !

    Voila les libéraux accomplissant la prophétie de ENGELS .

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