Le risque porté par les mégas fonds d’investissement

Le risque est partout, à condition de savoir le dénicher, puis le calculer. S’il n’existait pas, comment le rémunérer font remarquer les bons esprits. Pour les régulateurs, une autre question se pose, la valorisation des actifs qui en découle afin de définir les règles prudentielles permettant d’amortir le choc lorsque le risque se concrétise.

Les banques sont en première ligne sur ce sujet, mais les mégas fonds d’investissement, qui prétendent ne prendre aucun risque et ne pas avoir besoin d’être régis par une quelconque réglementation, sont-ils à ce point blancs comme neige ? Vu leur dimension et leur poids dans un système financier si interconnecté, il y a quelques raisons d’en douter et de constater qu’ils représentent un risque de plus pour la stabilité financière.

Yves Perrier, le PDG d’Amundi (la première société de gestion d’actifs européenne) ne voit pas les choses comme ses confrères américains dans une interview donnée au journal Les Échos. Qui porte le risque ? lui est-il demandé. Voilà sa réponse : « Quand on est un asset manager, on ne porte pas le risque sur son bilan – le risque principal est porté par les investisseurs. Le risque pour le gestionnaire d’actifs est de ne pas pouvoir assurer la liquidité de ses fonds en cas de crise. Cela se gère en appliquant des « stress tests » fonds par fonds pour tester des scénarios de liquidité. Les fonds doivent avoir une poche de trésorerie suffisante. La deuxième ligne de défense est, pour la société, de disposer au-delà des seules contraintes réglementaires du métier d’une surface financière solide qui lui permette d’assurer cette liquidité en cas de risques extrêmes. »

Cela mérite de s’y arrêter, car peut-on croire que les mégas fonds d’investissement, vu le montant des actifs qu’ils ont en gestion, auront les poches assez profondes et disposeront des liquidités suffisantes en cas de crise ? Comment d’ailleurs l’évaluer par des stress tests et le calculer ? La seconde option d’Yves Perrier, disposer d’une « surface financière solide » – c’est à dire d’une capacité d’emprunt conséquente – ne relève pas plus de l’évidence. Dans le cas des « risques extrêmes » qu’il envisage, les marchés financiers seront-ils encore en état de répondre à la demande des fonds d’investissement ? Le risque crédit qu’ils représenteraient ne sera-t-il pas alors dissuasif ?

La question est fondée puisque la régulation financière vise à parer les catastrophes « extrêmes », à défaut de l’impensable… Une seule parade se présente une fois encore, l’appel aux banques centrales, ces sauveurs universels !

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