La hausse de la température n’est pas seule insoutenable

Le montant impressionnant de la dette des entreprises revient sur le tapis. Finies, les lamentations sur la dette publique, il y a mieux à se mettre sous la dent ! La Banque mondiale fait état à son sujet de la « vague d’accumulation de dette la plus importante, la plus rapide et la plus large à ce jour », dans la foulée de la crise financière. Leurs émissions ont en effet atteint 2.500 milliards l’année passée, un record. Et la Federal Reserve of New York, le bras armé de la Fed, a renouvelé sa préoccupation en raison des conséquences qui pourraient en résulter si les conditions économiques se détérioraient.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cet endettement faramineux, à commencer par le repoussoir que représentent pour les investisseurs les 17.000 milliards d’obligations souveraines qui sont assorties d’un taux négatif, selon les dernières estimations. Les obligations d’entreprises ont d’autres d’attraits et d’autres risques. Le bas coût du crédit dont les banques centrales sont à l’origine dans leur désir de stimuler la croissance économique a fait le reste. Jusque-là, rien de bien nouveau.

Mais la situation de la BCE devient à force particulièrement inconfortable. Sa politique de taux négatif était déjà mise en cause pour peser sur les marges des banques et les revenus des petits rentiers allemands. Elle l’est désormais en raison de son association avec la poursuite du programme d’achats obligataires et d’injections de liquidités, un véritable pousse au crime comme on le constate.

Elle est soumise à des impératifs contradictoires, écartelée entre la relance de l’économie et le maintien de la stabilité financière. La revue stratégique qui s’impose est bien prévue dès cette année, mais que pourra-t-il en résulter qui permettrait de sortir de cette fâcheuse situation ? Il serait question de modifier la cible d’objectif de l’inflation, en la baissant pour qu’elle colle mieux avec la réalité, mais les effets de ce qui s’apparente à un habillage sont loin d’être garantis, une fois entériné son faible niveau.

Une redoutable interrogation reste sans réponse. La conjonction du niveau actuel de croissance réduite, du bas taux des marchés et de la faible inflation sont-ils soutenables à terme ? La BCE, qui a dans un premier temps sauvé l’euro, a-t-elle les moyens de s’attaquer à un autre risque, celui d’une déflation à la japonaise qui est crainte ?

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