Quand on s’endette, c’est pour la vie

Que faire de ses petites économies par les temps qui courent ? L’assurance-vie ne paie plus et le taux du livret A de la caisse d’Épargne pourrait encore baisser pour devenir inférieur à une inflation pourtant faible. Pour ceux qui ont ce problème de riche – relativement – la réponse a été trouvée dans la pierre. Non, pas les pierres précieuses mais l’immobilier ! Mais l’épargne n’y suffisant pas, et de loin, lourdement s’endetter est la seule solution, le piège est refermé.

Couplée avec une forte baisse des taux du crédit hypothécaire et un allongement de la durée des prêts, l’offre des banques s’est révélée irrésistible, et l’encours s’est envolé. La hausse soutenue du marché immobilier a représenté une incitation supplémentaire, rejoignant une invitation pernicieuse à devenir propriétaire ayant comme objectif politique de donner du grain à moudre aux banques et une assise élargie au principe de propriété. Résultat, ce crédit a dépassé 1.000 milliards d’euros sur le marché français, un montant supérieur au crédit des entreprises.

Les mêmes autorités qui ont poussé à cette véritable fièvre s’en inquiètent dorénavant. Elles craignent que les faibles taux consentis par les banques amoindrissent davantage leur rentabilité, alors qu’une forte pression s’exerce sur elles afin de renégocier des prêts plus anciens aux taux très élevés par rapport à ceux du marché, la diminuant encore.

Devant la fragilité de cet édifice, les banques sont désormais incitées à ne pas prêter un montant supérieur au tiers des revenus disponibles (le « taux d’effort »), pour une durée limitée à 25 ans maximum, car un quart des nouveaux prêts dépasse actuellement cette durée. Ces restrictions dépassent le raisonnable, car de telles conditions représentent des remboursements qui restent très élevés durant une importante partie de la vie active des emprunteurs, et peuvent même se poursuivre lors de la retraite, non compte tenu encore des autres crédits contractés. C’est finalement très cher payer la sécurité recherchée. Et l’on est fondé à se demander si l’épargne est ainsi bien orientée et ne devrait pas être dirigée vers des investissements plus propices au bien-être…

Dans tous les domaines, à chaque instant on se heurte décidément aux choix de société…

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