À nos chères disparues

Les caissières des grandes surfaces sont-elles condamnées à disparaitre ? Leur avenir n’est pas assuré, la tendance est irréversible. Avec elles s’évanouiront ces uniques interlocutrices de la journée des personnes âgées solitaires, des robots pouvant dans le meilleur des cas et des mondes permettre un brin de causette, comme à la maison.

On n’arrête pas le progrès, il n’y a pas de petites économies devant la désaffection que connait la grande distribution et la progression du commerce en ligne où le client et le marchand sont une même personne.

La première étape a consisté à introduire le « self scanning » où le client fait tout, une fois ouverte la frontière bien gardée des lignes de caisse. Mais il est prévu bien mieux et de faire emprunter un tunnel où le contenu des chariots sera scanné. À moins qu’un système de capteurs volumétriques, comme expérimenté par Amazon aux États-Unis, piste chaque client et détecte les marchandises qu’il prend dans les rayons. Les références bancaires de chacun d’entre eux préalablement enregistrées, leurs comptes sont automatiquement débités sans le concours des applications de paiement et de lecture de codes-barres des smartphones. Et, en Chine, la reconnaissance faciale est déjà opérationnelle comme dans bien d’autres occasions.

Hier expression de la modernité, mais devenues banales comme le sont également les aéroports, les gestionnaires des grandes surfaces ne sont donc pas insensibles aux attraits des nouvelles technologies. Cependant attentifs aux réactions de leurs clients, ils vont jusqu’à créer des « caisses de bavardage », comme aux Pays-Bas. Mais les caissières – l’emploi-refuge des démunies de qualification professionnelle – ont des soucis à se faire pour leur carrière. Elles ne sont pas les seules, avec le déploiement de l’enregistrement en ligne et de l’impression de la carte d’embarquement à domicile. Pour ne pas convoquer ce vieux souvenir des receveurs d’autobus ou des poinçonneurs du métro et paraître passéiste.

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2 réflexions au sujet de « À nos chères disparues »

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