Le contrôle social chinois s’exporte bien

La Chine est l’exemple accompli d’une dictature new-look qui s’appuie sur les nouvelles technologies. Il ne se passe par de semaine sans qu’un nouvel épisode du renforcement d’un système de contrôle social se voulant imparable soit révélé. Mais il n’est pas réservé aux seuls Chinois.

Sous couvert de « préserver « les droits légitimes et les intérêts des citoyens en ligne », ainsi que de « promouvoir un développement sain et ordonné d’Internet et protéger la sécurité de l’État et l’intérêt public », le Parti-État avance ses pions. Cette fois-ci, il rend obligatoire l’enregistrement de l’image de son visage lorsque l’on veut accéder aux réseaux des opérateurs de téléphonie mobile. Cela alimente une base de données qui pourra servir à la reconnaissance faciale en toutes occasions, nul n’étant à l’abri de cette inquisition dans la vie de tous les jours.

Les machines à écrire étaient jadis recensées pour identifier les dissidents, un contrôle beaucoup plus performant est mis en place en Chine. Il déborde déjà hors de ses frontières, les entreprises chinoises exportant leur savoir-faire en empruntant la Nouvelle route de la soie, cet ensemble de voies de transport maritime et ferroviaire. Avec comme destinations des pays du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie, dans le but de leur faire adopter des technologies de surveillance qu’ils n’ont pas les moyens de développer. D’après une enquête du Financial Times, l’Ouganda, Singapour ou l’Afrique du Sud sont parmi les servis. C’est tout bénéfice pour les entreprises chinoises qui non seulement vendent leurs produits de reconnaissance faciale mais peuvent également les améliorer en les éprouvant avec des populations noires.

Parallèlement, ces mêmes entreprises – China Telecom, Hikvision, Dahua, etc… – agissent à un autre niveau, faisant penser qu’elles ont de grandes ambitions. Elles proposent leurs standards de reconnaissance faciale et de surveillance vidéo à l’adoption par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Les États nord-américains et européens ont leurs propres standards développés par leur industrie, mais le reste du monde n’a pas d’autre ressource que d’adopter ceux de l’UIT.

Huawei est déjà sur la sellette, réalisant 70% de son chiffre d’affaires à l’international et bénéficiant d’une situation de quasi-monopole en Afrique. L’entreprise est toutefois bannie de plusieurs marchés occidentaux, dont celui des États-Unis. Ses technologies de gestion de réseau sont soupçonnées de permettre le détournement des données aux fins d’espionnage, sans qu’il soit établi si c’est bien le cas ou si ce n’est qu’un épisode de la guerre commerciale opposant la Chine et les États-Unis.

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4 réflexions au sujet de « Le contrôle social chinois s’exporte bien »

  1. Concernant la seconde partie du texte.

    On a bien de la chance: on a le choix entre Huawei ou la NSA pour nous espionner…
    Il est bien naturel que les USA essaye d’imposer la NSA au reste du monde… Et nous? Dormez tranquille, le pseudo-choix est déjà fait.

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