Une journée comme les autres

La Commission européenne a l’œil. Elle réitère ses prévisions de croissance (faibles) pour cette année et pour 2020, mais elle convient que les risques de se tromper augmentent. Heureusement, Valdis Dombrovskis, le commissaire chargé de l’euro, a le remède en magasin, « il est grand temps de réformer tout en maintenant des finances publiques saines » a-t-il commenté, muni de ses œillères habituelles.

De son côté, le président de l’Eurogroupe Mário Centeno, a salué comme une « bonne nouvelle » que l’Italie évite une procédure pour déficit excessif. Elle lui avait été promise en raison de l’accroissement de son endettement, et non pas de son déficit, mais il fallait calmer le jeu. Fort de cette victoire, Giovanni Tria, le ministre des Finances, prépare sans attendre le prochain examen budgétaire de l’automne, qui portera sur l’année 2020. Oubliant les promesses gouvernementales de ne pas augmenter la TVA, il a déclaré en maniant les ambiguïtés que « les prélèvements devraient être rééquilibrés en réduisant les contributions directes au profit des taxes indirectes », envisageant de reprendre d’une main (la hausse de la TVA), une partie non précisée de ce qu’il donnera de l’autre (la baisse des impôts).

La Grèce ne bénéficie pas de la même mansuétude. La Commission et l’Eurogroupe s’étaient bien gardés d’intervenir avant la victoire de Nouvelle Démocratie, pour ne pas la perturber, mais les ministres des Finances de l’euro se sont depuis réveillés. Au nouveau premier ministre Kyriakos Mitsotakis qui prétend renégocier l’objectif d’excédent primaire convenu de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022, Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe, a vertement répondu : « Les engagements sont les engagements ! ». Et Klaus Regling, le directeur du Mécanisme européen de stabilité, a rappelé que « l’objectif de 3,5 % est une pierre angulaire du programme d’aide depuis le début ».

L’Allemagne s’enfonce dans sa version de la crise politique européenne. Angela Merkel a perdu la main au sein de son parti, la CDU, et a été désavouée au niveau européen par le PPE à l’occasion de la désignation du président de la Commission. Affront suprême, elle s’est abstenue au nom de l’Allemagne lors de la désignation d’Ursula von der Leyen, très contestée par le SPD, afin de sauver la grande coalition. D’autres épreuves l’attendent, la désignation d’un nouveau président du SPD après la démission d’Andrea Nahles et le bilan à mi-mandat de la coalition entre CDU et SPD. Tandis que la poursuite de la dégringolade électorale de ce dernier devrait se confirmer à la faveur de trois élections régionales à venir. Pour couronner le tout, Wolfgang Schäuble, devenu président du Bundestag, se déclare opposé à la constitution de toute nouvelle coalition et préconise que la CDU/CSU gouverne toute seule.

La Deutsche Bank n’en finit pas de défrayer l’actualité bancaire. Il est retenu qu’elle va supprimer 18.000 emplois, ce qui en dit long du gigantisme atteint lors de ses beaux jours, mais cela occulte la suppression de l’essentiel des activités de banque d’investissement de ce qui était le fleuron européen de la banque conçue sur le modèle de la banque universelle. Sont en cause le trading d’actions, de dérivés sur actions et de taux d’intérêt, et les opérations de courtage et de titrisation.

Toujours à la pointe de la défense des grandes banques françaises, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, a mis en garde contre la tendance qui se dessine à abandonner ces activités en Europe, mettant en cause le modèle de BNP Paribas ou de la Société Générale. « Conserver une capacité européenne en matière de banque d’investissement est un impératif stratégique », s’est-il ému.

Sur les 3.000 réfugiés étant parvenus à rejoindre les côtes italiennes depuis le début de l’année, arrivés par leurs propres moyens ou secourus dans les eaux italiennes par des garde-côtes, seuls 300 d’entre eux ont été secourus par les navires des ONG. C’en est trop pour Matteo Salvini qui envisage de fournir dix vedettes supplémentaires à la Libye, afin de faciliter l’interception des réfugiés et de les ramener à terre avant qu’ils n’atteignent les eaux internationales. Pas de commentaire des autorités européennes.

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