À son tour l’Allemagne entre dans la danse

Où va-t-on si l’Allemagne entre à son tour dans une période d’instabilité politique ? Angela Merkel a annoncé son départ pour la fin de la législature et Andrea Nahles a quitté la présidence du SPD et la vie politique. Et Annegret Kramp-Karrenbauer, désormais à la tête de la CDU,  est loin de faire l’unanimité. La greffe n’a pas pris comme espéré. Il en ressort que l’édifice actuel est fragilisé.

L’avenir de la coalition au pouvoir était déjà menacé au bout de quatorze mois d’existence, il l’est désormais d’avantage en dépit des tentatives d’Angela Merkel de la faire durer. Mais cela ne rend pas automatique la constitution alternative d’une coalition « Jamaïque » noire, verte et jaune de la CDU/CSU  avec les Verts et les Libéraux.

Annalena Baerbock, l’un des deux dirigeants des Verts, n’est en effet pas prête à jouer les roues de secours, se sachant indispensable à sa constitution, et entend durement négocier son programme et les fauteuils attribués aux Verts. D’autant que la CDU a entamé un virage à droite.

Les Verts peuvent pour leur part arguer de leurs résultats électoraux, et défendre leur approche pragmatique ainsi que leurs convictions résolument européennes et libérales.

Sur la lancé de leurs succès en Bavière, à Brème, et en Hesse, espérant en profiter, ainsi que de leurs résultats aux européennes, les Verts sont favorables à une élection nationale qui renforcerait leur position, dans la foulée de nouvelles élections régionales de l’automne qui pourraient les conforter encore. Mais leur proposition de débloquer l’investissement si les marges budgétaires le permettent, s’ajoutant si elle était retenue aux dispositions restrictives du Traité, ne doit pas tromper : elle s’inscrit dans le contexte du débat allemand en cours sur l’utilisation des surplus budgétaires, le déficit déjà ramené à zéro. Et non pas dans le cas général européen de son assouplissement. Qui plus est, elle a fort peu de chance d’être retenue par leurs futurs partenaires de la nouvelle coalition.

Dans l’immédiat, la question n’est pas de savoir si celle-ci verra le jour, mais si sa constitution sera ou non précédée par des élections comme les Verts le souhaitent.

À grande vitesse, le paysage politique européen est en train de changer, et l’Allemagne n’est pas épargnée. Pour autant, cela ne va pas dans le sens d’une évolution de la stratégie européenne et d’une remise en cause des dogmes.

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