De bouche à oreille

Le formidable élan de la société algérienne, qui ne se dément pas, m’a aidé à suivre vos conseils et à rompre avec ma discrétion habituelle. Ainsi qu’à élargir l’éventail de mes sujets.

Cela m’était déjà arrivé à propos du Brésil, où mon séjour a été retenu par les lecteurs du blog. Mais il y a de nombreux autres épisodes de ma vie que je n’ai jamais évoqué. La liste sera pour une autre fois  ! Ma discrétion est sans nul doute un trait de caractère, mais elle est certainement un peu abusive. Et cela me conduit très rarement à m’enflammer comme il m’est conseillé. Chaque fois que l’occasion m’en sera donnée, je vais m’y essayer en forçant un peu ma nature…

J’ai eu le privilège de côtoyer de près, parfois de participer, à de grands moments qui sont devenus des tranches d’histoire. Mais la triste constatation est qu’ils ont rarement très bien tourné et répondu ainsi aux aspirations de ceux qui les portaient. Le 20 ème siècle aura été celui des attentes déçues. C’est aussi la raison pour laquelle je ne m’appesantit pas sur mon passé. Malgré tout, je conserve toujours l’espoir que ce n’est pas inéluctable en reprenant à mon compte la phrase de Jorge Semprun, que j’ai eu l’occasion de soupeser avec lui  : « j’ai perdu toutes mes illusions, mais gardé mes certitudes ».

Décodages est resté centré sur les dessous du monde financier, me conduisant à ignorer des grands évènements de l’actualité pour traiter de sujets restés inaperçus sauf dans des cénacles limités. Je conserve en effet la conviction que si la crise est devenue globale et non plus strictement financière, cet angle reste essentiel pour la suite des évènements.

Je reste éloigné de l’actualité française, le fait que je vis dorénavant au Portugal, où j’ai trouvé une sorte de refuge, n’y étant pas totalement étranger. Et puis je pars du principe que cette actualité-là est la mieux connue, y compris des lecteurs belges ou suisses du blog, et que mon apport serait faible. C’est le cas à propos des Gilets jaunes, sujet sur lequel j’ai lu pas mal d’âneries mais aussi de bonnes analyses. Quand les événements sont déroutants et inattendus, c’est pour moi bon signe ! Et ceux qui font la fine bouche passent à côté de l’essentiel.

A l’arrivée, Décodages est bien peu participatif et c’est la principale critique que je lui adresse. Un nombre restreint de commentaires et de discussions l’animent et les propositions de billets ne pleuvent pas. Il m’appartient dès lors de lancer les unes et de susciter les autres.

Le lancement de Décodages s’est bien passé, mais il manque une dynamique et de nouveaux lecteurs. J’avais espéré que la fonction permettant de recommander un article par mail à une ou plusieurs connaissances serait un bon levier, mais elle n’est pratiquement pas utilisée. Le bouche à oreille, il n’y a rien de mieux, merci d’y songer.

A bientôt.

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6 réflexions au sujet de « De bouche à oreille »

  1. Bonjour François,
    Je pense que le principal handicap de votre site est son caractère « élitiste » dans le sens honorable du terme, c’est à dire que les sujets que vous évoquez sont essentiellement liés – à juste titre – à la crise financière qui mute, qui n’en finit pas. Or peu de personnes sont capables de saisir à la première lecture le sens de vos articles, surtout si elles ne la suivent pas depuis 2008. Je vous ai connu via le site de Paul et si je parviens sans formation économique à vous suivre, il me faut souvent faire des efforts … Il n’est pas certain que j’aurais accroché si je vous avais découvert aujourd’hui avec la même ignorance d’alors. Comprenez que tout le monde n’est pas près à cet effort. Aussi est-il plus aisé de cliquer vers d’autres sources d’information orientées « grand public » aux thématiques moins austères. Posez la question à un quidam sur l’impossibilité de dévaluer notre monnaie suite à l’adoption de l’euro et vous verrez l’abîme qui existe entre le niveau moyen de la population et celui exigé pour comprendre celles exposées sur votre blog.

    Quant à l’utilisation de la fonction  »partage d’article », je ne l’utilise pas afin de préserver mes relations familiales et sociales qui sont angoissées par ce qu’il se passe dans notre monde.
    Et puisque vous parlez des Gilets Jaunes, je vous propose un petit retour en arrière via les liens ci-dessous.
    https://youtu.be/79tU4KVhhLM
    https://www.ladepeche.fr/article/2008/07/06/463001-nicolas-sarkozy-quand-greve-personne-apercoit.html.
    La pression de la cocotte minute monte depuis bien longtemps dans la sociéte et les entreprises publiques ou privées. Or les moyens de la faire baisser ayant été fortement réduits de part les modifications du code du travail et le durcissement des conditions d’exercice du droit de grève, n’y a t’il pas au moins en partie une relation de cause à effet avec ce mouvement social majeur ?
    Les années à venir seront comme le climat : chaudes

  2. Vous avez raison de nous apporter une information pertinente, accessible, sur toutes ces questions de sphère financière, d’Europe, migrations, contrôle social… Ce n’est pas la peine de répéter ce qui est déjà dit un peu partout

  3. Bonsoir François,

    Vous vivez dans quelle ville du Portugal?

    Je suis un amoureux de ce pays depuis les années 80 !

    Très cordialement.

    1. Lisbonne ! Moi je l’ai connu dans les jours qui ont suivi le 25 avril 1974, la chute de la dictature et la fin des guerres coloniales, la découverte de la liberté.

  4. Merci pour ces confidences François.
    Ton blog est pour moi irremplaçable et tu as raison il faut que je pense à diffuser plus mais je ne suis sur aucun réseau social …
    Ce qui se passe en Algérie est vraiment important (dommage que rien n’en soit dit sur le blog de Paul ou du moins que tes billets n’y soient pas sur ce sujet-là qui aura d’importantes conséquences) et tes décodages (de plus liés à ta propre vie) en seront d’autant plus précieux.
    Le 25 avril 1974 : j’ai un parfait souvenir de ce jour de la Révolution portugaise et l’enthousiasme qu’elle suscita en moi. Avec le recul on pourrait dire que des espérances n’ont pas été réalisées mais ce serait injuste. Beaucoup a été accompli et je me demande si la situation actuelle plutôt encourageante de ce pays fascinant n’est pas aussi une résultante de 1975.
    Une mobilisation massive appuyée par la base de l’armée.
    Un dernier mot.
    Je pense qu’il serait indispensable que tu écrives ta biographie car je soupçonne non seulement sa richesse mais je suis certain qu’elle apporterait de grands éclairages sur le monde passé et présent.
    Avec toutes mes amitiés
    Jacques

  5. Merci François pour ce retour d’expériences.
    Il ne serait peut-être pas inutile d’illustrer, ou d’agrémenter décodages de photos ou dessins : l’écrit, grâce à l’internet, est plus que jamais présent, mais l’image aussi, sans oublier les vidéos. Rien de tel parfois pour attirer le lecteur. Et une photo, une image, en soi, disent toujours quelque chose, tout est dans le choix.

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