L’instabilité politique se répand dans l’Union

Recalé aux Cortes où il présentait son budget, les indépendantistes catalans ne l’ayant pas soutenu, Pedro Sánchez annoncera vendredi prochain s’il convoque des élections, et quand. Simultanément le procès très politique des 12 accusés catalans qui va lourdement peser sur la scène espagnole s’est ouvert.

Des élections sont probables, et une compilation des sondages montre que le PSOE et Podemos ne devraient toujours pas disposer d’une majorité aux Cortes, tandis que l’attelage constitué du Parti Populaire, de Ciudadanos et de Vox (extrême-droite) pourrait y prétendre. Une réédition au niveau national des élections régionales andalouses, qui viennent de se tenir, où ces trois formations gèrent désormais ensemble la région. Cela illustre une poussée manifeste de la droite tout en ayant le caractère d’une alliance de circonstance destinée à écarter le PSOE du pouvoir.

À l’exception des décrets, comme la hausse du SMIC de 22,3%, l’accroissement des dotations pour la santé, l’éducation, le logement, ou encore l’aide aux chômeurs et à la dépendance sont retoquées, tandis que les hausses d’impôt sur les hauts revenus et des suppressions de niches fiscales sont annulées. Telle est la conséquence de l’alliance de circonstance de la droite, de l’extrême-droite, et des indépendantistes catalans.

Si des législatives se tenaient maintenant, le PSOE atteindrait 24,4% et Podemos 15%, tandis que le PP aurait 20,7% et Ciudadanos 18%. Vox serait en forte progression à 10,6. Et les petits partis régionaux atteindraient les 10%. Mais rien n’est bien entendu figé. L’Espagne, à son tour, est entrée dans un système à forte volatilité, passant du bipartisme dans laquelle elle était installée à une compétition entre cinq formations.

La situation est toute aussi évolutive en Allemagne, où le SPD a inscrit à son programme des mesures sociales dans l’espoir d’interrompre la baisse marquée de son score électoral et de ne pas connaître le sort funeste réservé à la plupart des formations social-démocrates européennes. Ce qui pourrait rendre mouvementée la poursuite de la Grande coalition d’Angela Merkel, alors que la CDU poursuit de son côté son virage à droite sous l’impulsion de sa nouvelle présidente Annegret Kramp-Karrenbauer. Mais, sans attendre la fin de la législation, le SPD analysera à la fin de l’année les résultats de sa participation au gouvernement et décidera ou non de la poursuivre.

Le SPD appelle désormais à une augmentation de 30% du salaire minimum, voudrait accorder le droit aux employés de travailler à la maison et propose le versement d’une pension de base aux retraités les plus démunis, répudiant les lois Hartz dont il avait été à l’initiative en 2005 et leur remplacement par un autre dispositif plus favorable appelé Bürgergeld (littéralement l’argent du citoyen).

Entre gouvernements, le débat sur l’Europe fiscale se poursuit dans la division. Certains défendent leurs dispositions favorisant leurs recettes, d’autres cherchent à les accroître en supprimant celles permettant l’optimisation fiscale des entreprises. On ne voit pas comment, dans ces conditions, pourrait s’engager celui sur l’Europe sociale, ce deuxième grand volet manquant de la construction européenne.

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