La théorie de l’appel d’air dans toute sa vacuité

Inaugurée par les autorités de Malte, la mesure fait école en Italie. Les ports restent fermés au navire Sea Watch 3 et aux 47 réfugiés sauvés de la noyade à son bord. Pour se protéger un peu du mauvais temps qui sévit, le navire a été autorisé à se rapprocher des côtes de la Sicile, mais sans être autorisé à les accoster.

Là, dans un froid pénétrant, il attend que les autorités européennes négocient entre elles un accord de répartition et d’accueil de cette nouvelle poignée de réfugiés. La routine s’en est installée, faute d’aboutir à un accord une fois pour toute introuvable. Le dérisoire est à son comble. Les réfugiés aperçoivent dans le lointain les côtes de la terre promise, mais elles leur reste interdites après tant d’épreuves.

Francisco Italia, le maire de Syracuse, a déclaré à la télévision être prêt à accueillir ces réfugiés, mais Matteo Salvini, le ministre l’Intérieur membre de la Ligue, s’y oppose fermement. Et Luigi Di Maio, le dirigeant du mouvement des 5 étoiles, ne s’en démarque qu’a minima en se déclarant être prêt à envoyer des vivres et des médicaments au bateau sommé de rester au large…

En guise d’humanité, Matteo Salvini a entamé un nouveau chantage à propos de la mission Sophia. Depuis 2015, L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, la Pologne et le Luxembourg participent à celle-ci avec des moyens navals et de reconnaissance aérienne, mais son mandat arrive à échéance le 31 mars prochain. Dans son cadre, les réfugiés recueillis sont débarqués en Italie, ce qui n’est pas admissible pour le Vice-président du Conseil. Si cela n’est pas modifié, la mission doit selon lui prendre fin.

La mission Sophia est sous commandement militaire italien. L’amiral Enrico Credendino en a souligné les succès, mettant l’accent sur les arrestations de passeurs, les destructions d’embarcations et les contrôles du trafic d’armes et de pétrole. Il a toutefois regretté ne pas avoir à son mandat le secours en mer, ce qui lui aurait permis de faire beaucoup mieux que les 9% de sauvetages qu’il revendique sur la totalité. Mais les négociations à propos de la poursuite de l’opération Sophia ne prennent pas ce tour-là, car l’objectif des dirigeants italiens ne se limite à faire de la Méditerranée une mer interdite aux ONG; les militaires y sont encore de trop, contribuant à ce fameux « appel d’air » qu’il ne faut à aucun prix créer.

 

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