Triste sort pour les petits épargnants

Les inégalités vont se nicher jusque dans la finance ! Les petits épargnants sont bien placés pour savoir que les gros rendements ne sont pas pour eux et qu’ils ne peuvent espérer au mieux que des miettes. Ils n’ont pas accès au casino, où il faut miser beaucoup d’argent pour en gagner toujours plus. Mais à ce prix-là, on n’est pas laissé seul face son destin.

En France, plus de 400 milliards d’euros dorment sur des compte-courants – non rémunérés – et l’encours des différents livrets, dont le livret A, dépasse les 500 milliards d’euros. Mais les dépôts ont connu une progression fulgurante de 50% ces cinq dernières années, tandis que celle des livrets n’a été que de 5%. L’essentiel de l’épargne a donc été captée par les dépôts à vue, résultat d’un indéniable réflexe de prudence et de précaution. Cet engouement pour les dépôts à vue n’est pas propre à la France, l’augmentation des encours est même plus marquée en Espagne et en Allemagne.

Un peu plus de 20 % des Français ayant entre 7.500 et 50.000 euros de patrimoine disent être prêts à les laisser inutilisés sur leur compte courant, parce que « les placements rapportent trop peu », selon une enquête réalisée par Kantar TNS qui remarque que « quand vous avez des taux d’intérêt extrêmement faibles, cela vous coûte très peu de ne pas rémunérer votre épargne » !

Quelles autres explications trouver à ce phénomène ? En premier lieu, il résulte du très faible niveau des taux obligataires, qui est l’origine de la faiblesse des rendements, parfois en dessous de l’inflation (c’est le cas pour le Livret A). Les risques disproportionnés de la Bourse, un monde plein de chausse-trappes où il faut jouer gros, ainsi qu’une profonde désaffection pour le monde financier y concourent également. Il est un monde en soi, incompréhensible et accessible qu’au risque de s’y brûler les ailes. En matière de rémunération de ce qu’il est convenu de qualifier l’épargne, qui associe les fonds spéculatifs à celle des ménages, il ne faut pas jouer petit pour être servi.

Que l’on en juge ! Seules les grosses fortunes à partir d’un million d’euros ont accès aux services bancaires de gestion privée et à leurs privilèges. Il faut monter d’un cran pour prétendre partager les services d’un Family Office, dont on compte plus d’une centaine en France. Encore au-dessus, en alignant 30 millions d’euros, hors résidence principale et œuvres d’art, un Family Office vous est dédié.

Il y a donc épargne et épargne. Et le plus beau réside dans l’adoption d’une flat tax de 30% sur les plus-values, un énorme cadeau pour les grosses fortunes que la fiscalité ne corrige pas.

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2 réflexions au sujet de « Triste sort pour les petits épargnants »

  1. « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. »

    Matthieu 13:12

    Mondo cane…

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