Wall Street dévisse non sans raisons

Que se passe-t-il de si important pour que Wall Street dévisse à ce point et connaisse sa pire débâcle depuis le début de la crise financière ? Certes, les raisons ne manquent pas, depuis la hausse des taux d’intérêt, la menace de blocage des administrations, le ralentissement économique aux États-Unis, jusqu’à la poursuite prévisible de la guerre commerciale avec la Chine. Mais cela a un parfum de fin de règne, sans que les rumeurs qui circulent à ce sujet ne connaissent un début de confirmation.

Cherchant à calmer le jeu, John Williams, le numéro deux du Comité de politique monétaire de la Fed est d’une manière inusitée revenu à la charge pour défendre la décision d’augmentation du taux en soulignant que la Fed était attentive à l’état de l’économie et prête si nécessaire à revoir sa copie. Mais il n’a pas été entendu, une sourde inquiétude à propos de la vigueur de la croissance se répandant, Wall Street continuant à plonger. Que se passe-t-il alors ?

Tout laisse à penser que non seulement les militaires mais également les milieux d’affaires ont estimé le moment venu de prendre leurs distances avec Donald Trump. Égal à lui-même celui-ci aurait d’ailleurs envisagé, selon la presse américain citant des sources proches du président, de limoger le président de la Fed coupable d’avoir augmenté son taux directeur, leur donnant ainsi raison. Ce n’est sans doute pas pour tout de suite mais conforte une interrogation : où va s’arrêter un président américain furieux quand il lui est résisté ?

Dans l’immédiat, la débandade se poursuit. Après le départ de James Mattis, le secrétaire d’État à la défense, c’est au tour de Brett McGurk de démissionner de ses fonctions de représentant du président auprès de la coalition qui lutte contre l’État islamique en Syrie.

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3 réflexions au sujet de « Wall Street dévisse non sans raisons »

  1. Monsieur Leclerc, votre anti-trumpisme (que je partage à 50%) vous égare.
    Il ne s’agit pas d’une débandade mais d’une purge. Trump retourne, profitant semble-t-il d’une erreur de communication de Bolton, au programme sur lequel il a été élu : désengager les USA du Moyen-Orient. Le départ de Matis n’arrachera que des larmes de crocodile à ceux plus modérés qui l’ont surnommé Mad Dog; et pas même un sourire à ceux, nombreux à la Maison Blanche, qui le trouvaient trop tiède.
    Quant à McGurk, il est un résidu de l’administration Obama et a ce titre son départ ne scandalisera que les démocrates. Garder aussi dans un coin de sa tête que l’affaire syrienne n’est peut-être qu’une monnaie d’échange contre le mur à la frontière mexicaine.
    Et, pour finir, je crois que Powell ne risque pas grand chose. Trump est parvenu à en faire le parfait bouc émissaire pour le retournement qui vient (reconnaissons qu’il a la tête de l’emploi). Ce serait bien bête de s’en priver…

    1. Il fait autre que se désengager.
      Officialiser la ville de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, soutenir l’Arabie Saoudite suite à l’affaire d’Ankara, remettre l’embargo en Iran.
      A se désengager, on peut se montrer plus discret. L’est pas parti sur la pointe des pieds.
      A Marseille on a une expression plus imagée pour ce genre de désengagement, on dit gentiment « foutre le pâti ».
      L’avenir nous dira s’il a la trempe d’un grand révolutionnaire. L’a plutôt la Trump, la trempe d’un personnage construit pour que ça aille de mal en pis.

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