Le bras de fer est engagé, le cinéma va être permanent

La Commission vient officiellement de réclamer des « clarifications »  sur le budget italien 2019 qui lui a été communiqué lundi dernier et de dénoncer un « dérapage sans précédent ». D’ici la fin du mois, elle pourrait décider de le rejeter, du jamais vu dans l’histoire de l’Union.

Prévoyant un déficit de 2,4% et respectant le plafond de 3%, ce budget est « en dehors des clous ». Telle est l’expression qui fait florès sans plus de précision. Luigi Di Maio, le vice-président du conseil du Mouvement des 5 étoiles n’a pas manqué, dès l’origine des polémiques, de faire valoir que c’est mieux que les 2,8% prévus par le gouvernement français.

Alors, pourquoi ce projet qualifié de « budget du peuple » dérange-t-il si fortement ? C’est qu’il ne prévoit pas d’appliquer les mesures exigées par la Commission. En lieu et place de l’austérité, il entend favoriser la croissance en confortant la demande et en adoptant un programme d’investissement. Ce qui n’est pas dans l’air du temps. Circonstance aggravante, il revient sur le déficit de 0,8% promis par le gouvernement de Matteo Renzi, bien plus conforme à la ligne. Pour le défendre, le président du conseil Giuseppe Conte a d’ailleurs eu une belle formule en arrivant ce matin à Bruxelles : « moi, plus le temps passe, plus je trouve que notre budget est très beau ».

Mardi dernier, Jean-Claude Juncker n’avait rien clarifié du tout avec son commentaire, ne trouvant rien d’autre à dire que « si nous acceptions tout ce que l’Italie nous propose, nous aurions des contre-réactions virulentes dans d’autres pays de la zone euro ». Si on le comprend bien, ce n’est pas en raison d’obligations réglementaires que le budget est inacceptable, mais à cause de la réaction d’un certain nombre de pays susceptibles de désavouer la Commission…

À Bruxelles, où l’on joue les vierges effarouchées sans trop savoir où l’on va, on veut croire à l’application d’une tactique électorale dans la perspective des élections européennes. Tout pouvant se tasser par la suite. Ils sont décidément incorrigibles…

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4 réflexions au sujet de « Le bras de fer est engagé, le cinéma va être permanent »

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