Leur impératif moral et le notre

L’industrie pharmaceutique américaine pratique des prix très élevés, c’est bien connu. L’un de ses dirigeants, Nirmal Mulye, vient d’en donner les raisons en toute ingénuité, à moins que ce soit l’expression de son parfait cynisme.

Nostrum Pharmaceuticals a multiplié par cinq le prix de l’un de ses médicaments, un antibiotique spécialisé dans le traitement des infections de la vessie. Et le PDG s’est défendu des reproches qui lui ont été adressés, invoquant « l’impératif moral » qui le guidait, avec comme objectif de vendre son produit « le plus cher possible ». Faisant référence aux augmentations par l’un de ses collègues de médicaments destinés à combattre le Sida et le cancer, en 2015, il lui a donné raison car « il avait à récompenser ses actionnaires ».

« Nous sommes dans une économie capitaliste, et si vous ne gagnez pas d’argent, vous ne pouvez pas rester dans les affaires » a-t-il conclu. Pour parfaire sa défense, il a attaqué la FDA (Federal Drug Administration) pour « incompétence et corruption »…

Donald Trump, qui il est vrai cherche à faire baisser les prix des médicaments, fait des émules s’agissant de la manière dont il traite son administration et les règlementations qu’elles ont édictées sous la présidence Obama. Selon le New York Times, il a supprimé depuis son arrivée à la présidence 76 de ces règlementations, comme s’il s’agissait de l’une de ses priorités.

Pour un bon tiers d’entre elles, elles régissaient l’environnement. Faisant obstacle au développement de la production, elles n’avaient pas lieu d’être et concernaient aussi bien des normes de pollution de l’air et de l’eau, de forage, de toxicité et de sécurité alimentaire, de protection des animaux et de leurs habitats…

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3 réflexions au sujet de « Leur impératif moral et le notre »

  1. La meilleure méthode pour récompenser les actionnaires de leurs efforts étant de laisser l’industrie pharmaceutique vendre ce qu’elle veut au prix qu’elle veut, je me suis demandé quelles catastrophes le choix de Trump comme patron de la Food and Drug Administration allait provoquer.

    D’après le New York Times il s’agit finalement de quelqu’un qui a été jusqu’ici tout a fait raisonnable aussi bien en ce qui concerne le contrôle des médicaments que leur prix.

    Quand leur vie est en jeu, comme dans le cas des médicaments, les tenants du marché libre et non faussé se dégonfleraient-ils ?

    https://www.nytimes.com/2018/02/12/opinion/trump-fda.html

    1. Extrait de l’article cité : « Une dose d’Avastin®, un médicament anticancer, coûte 30 $ lorsqu’on l’emploie pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Le Lucentis®, la molécule « fille » mise au point par Genentech pour empêcher l’utilisation de l’Avastin contre la dégénérescence maculaire, coûte 1 950 $ US la dose, plus de 60 fois le prix. »

      Il y a quelques années j’avais l’œil gauche qui était devenu pratiquement aveugle parce qu’il était atteint par la DMLA. On m’a fait une série de piqûres qui ont guérie la chose et, a cause du tiers payant, j’ai mis un certain temps avant de m’apercevoir que chaque piqûre coûtait 1000 euros!

      Il est certain que le coût des médicaments n’est pas une affaire simple – entres autres raisons parce que le prix des médicaments qui donnent des résultats doit tenir compte de ceux qui ont été abandonnés après avoir été testés – mais que le système en vigueur n’est pas du tout satisfaisant!

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