La vie politique, la vraie

Le rendez-vous de rentrée entre Angela Merkel et Emmanuel Macron va leur donner l’occasion d’accorder a minima leurs violons sur les nombreux dossiers dont les solutions sont toujours en attente, afin de sauvegarder les apparences et que le prochain sommet de septembre ne ressemble pas au précédent. À défaut de promouvoir la relance de l’Union européenne, il leur appartient de la stabiliser face à l’adversité montant de tous côtés. Mais même cela n’est-il pas au-dessus de leurs forces ?

À quoi croyez-vous donc qu’ils vont en priorité s’atteler ? À la mise au point de l’accueil partagé des rares réfugiés qui parviennent encore à rejoindre une Europe qui les rejette ? À la finition de l’Union bancaire qui est bien partie pour rester en plan ? Au maintien d’un front commun face à Donald Trump qui joue la division et laisse planer le suspense sur ses intentions ?

Vous n’y êtes pas, les deux dirigeants vont en priorité évoquer la succession de Jean-Claude Juncker et de Mario Draghi à la tête de la Commission et de la BCE, les deux postes clé qui vont être à pourvoir en 2019. L’affaire est de première importance et de longue haleine.

Les rumeurs ne manquent pas depuis un certain temps, propagées par la presse allemande. Les chances de Jeans Weidmann ont été en premier lieu soupesées, comme si la présidence de la BCE était le principal enjeu de pouvoir. Ce qui n’était pas bien pensé, la politique à venir de celle-ci faisant plutôt l’objet d’un consensus. Il en est autrement pour celle de la Commission, comme les derniers épisodes de négociation entre celle-ci et l’administration américaine l’ont montré.

Lors de sa mission à Washington, Jean-Claude Juncker a en priorité défendu les intérêts allemands et il est vital que cela continue ainsi, les négociations commerciales étant rappelons-le du ressort de la Commission. Donald Trump attaque l’Allemagne dans ses œuvres vives et elle organise sa défense, la présidence de la Commission lui importe plus que celle de la BCE.

Des noms de candidats susceptibles d’être défendus par les uns et les autres sont évoqués en raison de leur nationalité et de leurs allégeances. Le spectacle va commencer, la valse des prétendants a déjà débuté. L’élection du parlement européen va en attendant donner le vernis démocratique de rigueur à ces tractations souterraines. Suivez les déclarations des candidats putatifs aux mandats qui s’achèvent, elles vont exprimer les variations de leurs positionnements. Mais que peut-il en être attendu de novateur, donc de dérangeant, puisqu’à terme un consensus est recherché ?

 

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