Sur les cimes, il n’y a pas foule (Charles De Gaulle)

Cherchant à reprendre de la hauteur après être descendu bien bas, Emmanuel Macron a cru en avoir trouvé l’occasion avec la poursuite à Lisbonne de sa tournée de rencontres européennes qui ne fait pas l’évènement.

Bloqué dans ses intentions européennes à court terme, il peaufine faute de mieux son image en traçant une perspective « à dix ou quinze ans », échéance à laquelle il risque moins la contradiction. Devant les obstacles à sa construction, l’Europe allait jusqu’à maintenant avancer via des « coopérations rapprochées » et se structurer selon deux cercles plus ou moins intégrés. Le président français en rajoute un troisième, qui paraît le plus nébuleux. Élargit à la Russie et la Turquie, il y serait respecté comme dans les autres cercles « les valeurs, les principes démocratiques et les libertés économiques ». C’est faire rapidement le lit du régime russe et de sa capacité à survivre à la personnalité de Vladimir Poutine.

Les valeurs sont donc mises en avant, illustration de la noblesse du propos si l’on détourne les yeux du sort réservé aux réfugiés ! Mais le discours sur celles-ci tient de l’auberge espagnole. S’agirait-il des valeurs chrétiennes, à tout hasard ? Les principes démocratiques n’ont-ils pas besoin d’un sérieux coup de plumeau ? Les libertés économiques ont-elles à voir avec ces mêmes principes ? Les grandes envolées du président français sonnent creux.

Un second cercle regrouperait des pays prêts à des coopérations renforcées, une expression qu’Emmanuel Macron n’utilise pas pour éviter qu’elle soit assimilée aux « règles » et aux discours bureaucratique avec lesquels il entend prendre ses distances, non sans démagogie. Les domaines sont identifiés : militaire, commercial et numérique, excluant d’autres opportunités comme l’énergie, pourtant raison officielle de son déplacement éclair à Madrid et à Lisbonne.

Le troisième et dernier cercle correspond à la plus forte intégration, où il est question de « convergence sociale » entre pays membres, mais pas de fiscalité. Et en tout cas pas de la résorption des inégalités, dont le développement est passé totalement sous silence. L’égalité ne fait pas partie des valeurs à défendre.

Allez ! Il n’en est qu’à son premier tour de rodage et nous en avons encore pour une bonne année devant nous…

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