L’Union européenne bientôt sous le régime de l’apartheid

La proportion qu’a pris la crise des réfugiés est à la mesure de l’état de démantèlement de l’Union et de l’incapacité des autorités européennes à y faire face. Soumise au chantage des députés de la CDU, Angela Merkel n’a pas eu le choix, elle a dû accepter le compromis avec Horst Seehofer qu’elle avait refusé la veille. La dynamique de fermeture des frontières externes va se poursuivre à l’intérieur de la zone de Schengen.

À l’instigation des nouvelles autorités italiennes, des mesures ont en premier été prises afin de rendre pratiquement impossibles les sauvetages en mer des réfugiés par les ONG. Sans que le sommet consacré à ce sujet ne l’évoque pour éviter d’en partager la responsabilité… et la honte ! L’exclusivité des sauvetages a été accordée aux garde-côtes libyens qui les redirigent dans les camps qu’ils viennent de fuir. C’est déjà entré en vigueur. Désormais, il n’est plus question que de lutte contre la criminalité des passeurs et de la complicité objective des ONG, toute expression de sentiments d’humanité envers les réfugiés ayant disparu.

Mais ce n’est pas tout, il restait à régler la question des réfugiés déjà parvenus sur le sol européen. Ne pouvant les renvoyer en Italie en application des accords de Dublin, les autorités allemandes cherchent à se débarrasser de ceux qui ne bénéficient pas du droit d’asile et à éviter d’autres arrivées. L’Autriche, toute désignée pour les accueillir selon le compromis qui est intervenu, s’y refuse après avoir été mise devant le fait accompli.

Il ne va plus rester comme unique solution que de créer des camps fermés sur le sol allemand, dénommés cette fois-ci « camps de transit », à condition toutefois que le SPD l’accepte. Celui-ci, qui n’a aucune envie de susciter la chute de la coalition et la convocation de nouvelles élections, pourrait se satisfaire d’un simple changement de dénomination des futurs camps d’internement qui satisferont à la fiction juridique allemande de la « non-immigration ». Elle permet de prétendre que les réfugiés n’ont pas franchi la frontière quand ils sont internés dans des camps.

Schengen change de nature. Au cœur de l’Union européenne va être instituée une zone sans frontière et sans passeport réservée à la population blanche. Tous ceux qui ne répondront pas à ce critère pourront être soumis à des contrôles. L’Union va mettre en place un système d’apartheid, car l’effet domino que craignait Angela Merkel va pouvoir s’exercer. Le gouvernement français a déjà montré à Vintimille de quoi il était capable.

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12 réflexions au sujet de « L’Union européenne bientôt sous le régime de l’apartheid »

  1. Comme je viens de visionner une ancienne vidéo de De Gaulle (glissée dans un commentaire de François Gore sur le Blog de Paul Jorion), j’ai envi de répéter le mot : « coopération, coopération, coopération »….mais corsetée dans un système dont on ignore finalement qui tient les ficelles, on se dit que L’Europe n’est plus capable que de produire des « machins » absurdes, des palliatifs de moins en tenables ; l’Europe-bouts-ficelles finit par produire des noeuds….

  2. Des frontières, oui ! mais ouvertes…

    En matière d’immigration, l’Europe à tout faux, ou plus exactement les dirigeants européens, mal cachés derrière ce masque qu’ils nomment « l’Europe », ont tout faux.
    Par idéologie ils suppriment les frontières européennes mais, par peur, ils n’ont de cesse de fermer plus hermétiquement la frontière européenne. C’est le contraire de ce qu’il conviendrait de faire pour respecter les « valeurs européennes » dont ils nous rebattent les oreilles. Faisant taire ces deux menteuses que sont l’idéologie et la peur, nous devrions maintenir (ou rétablir) les frontières nationales et nous devrions les ouvrir. Ou au moins, quant à nous, ouvrir les frontières françaises. Les contrôler, car des frontières sont faites pour être contrôlées, mais les ouvrir, les ouvrir largement, les ouvrir à ces « migrants » qui cherchent refuge. Les accueillir, ces nouveaux arrivants, les autoriser à travailler afin qu’ils subviennent à leurs besoins et participent à l’activité nationale et que, le moment venu, la paix chez eux revenue, ils y retournent. Voilà ce que nous devrions faire pour respecter nos propres principes.
    Au lieu de « des frontières, non ! mais enfermons-nous », slogan implicite des sommets européens, la France devrait se donner pour slogan, hautement claironné : « des frontières, oui ! mais ouvertes… »

    1. Moi qui suis frontalier de la Suisse et de l’Italie , je peux vous affirmer que les frontières même ouvertes depuis longtemps sont aussi contrôlées et parfois verrouillées dans le même temps .

      Plus discrètement que dans les discours et les affichages grand public , mais contrôlées .

    2. Ceci étant , si vous arrivez à traduire votre concept ouvert/fermé ( qui au passage ne s’applique pas à une porte ) en un décret ou une directive clairs pour les forces de l’ordre et la douane , on peut voir , à titre expérimental , mais je doute que le RN , l’UPR , DLF , Wauquiez et consorts y trouvent leur compte .

      1. Juan, c’est tout vu.
        Surtout n’expérimentons rien en ce domaine. Les ceusses que vous citez sont exactement ceux-là dont l’opinion n’importe pas. Si par malheur, leurs idées, généralement expéditives, dominaient, l’apartheid serait établi de fait ou généralisé; une lèpre morale. L’Europe y perdrait son âme et sa raison d’être. Déjà que ça manque…
        Nous ne sommes pas une citadelle assiégée. Si les chiffres que j’ai lu quelque part sont vrais ( 50000 ou 70000 immigrés/réfugiés pour l’année 2017), alors nous perdons tout bon sens pour quasiment rien.
        Relativisons les chiffres. Si la densité française (ha/km au carré) égalisait celle de l’Allemagne, nous serions 160 millions d’ha. La densité des Pays-Bas: 300 millions. La vérité est que la terre française est dépeuplée, bien qu’en croissance. Il y a de la marge, surtout pour la générosité d’Etat, prévue et organisée à ce niveau. Nous avons toujours été (depuis plus de 2000 ans) une terre d’immigration et nous nous en sommes presque toujours bien portés. La période des « invasions barbares » de 400 à 550 environ a été plutôt douloureuse parce que Rome était en déliquescence et sans doute mal intentionnée vis à vis de ces Gaulois trop agités.

        1. Je sais bien ce qu’il faut penser de ceux que j’ai cités , mais je note que selon un panel de sondeurs , ils recueilleraient environ 45 % des votes à ce jour à eux seuls .

          Ça donne à réfléchir sur le choix de son vote pour 2019 , non ?Et sur la nécessité d’une Europe qui ne soit pas un agrégat de nationalistes , si on veut pouvoir avancer sur ce seul dossier migrations .

        2. Et que dire du Liban, pays de 3 millions d’habitants ayant accueilli 1 million de réfugiés ?…
          Vous avez raison de souligner l’absurdité d’une situation qui voit les pays européens se démener et se déchirer par peur d’une « vague migratoire » qui n’en est pas une.

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