Après l’Italie, l’Espagne. Que dit Macron ?

Il vaut mieux tenir que courir. Beaucoup de mauvaises intentions ont été prêtées à Matteo Salvini de la Ligue, mais il s’est rendu à la raison et abandonne son projet d’élections lui permettant de mieux négocier sur la base du renforcement qu’il en attend.

Le retour de Giuseppe Conte, à nouveau chargé de former un gouvernement par le président de la République Sergio Mattarella a ceci dit des accents de comédie de boulevard. Retoqué pour le poste de ministre des finances, Paolo Savona serait pressenti à celui des affaires européennes… Giovanni Tria, résolument en faveur du maintien de l’Italie dans la zone euro pourrait hériter des finances.

Le plus étonnant dans cette affaire est d’observer la réaction des marchés qui, à ce stade, semblent préférer la mise en place d’un gouvernement antisystème à la poursuite du chaos. Le spread entre les taux italiens et allemand à dix ans s’est nettement resserré à 238 points après avoir atteint les 300. On verra la suite.

L’adoption de la motion de censure du PSOE en Espagne dispute la vedette aux évènements italiens. Les jours de Mariano Rajoy sont comptés si elle se confirme. Une majorité hétéroclite ferait la différence, composée outre du PSOE et de Podemos, des indépendantistes catalans et des nationalistes basques. Pedro Sánchez, le secrétaire du PSOE, leur a donné des assurances qu’il ne toucherait pas aux largesses électorales de Mariano Rajoy, et qu’il jetterait des ponts avec le gouvernement régional de Barcelone. De ce côté-là, les provocations ont été rangées dans le placard et aucun catalan emprisonné ne figure plus sur sa liste.

Afin de préparer des élections anticipées, le PSOE compte engager un train de mesures sociales, qu’il va falloir financer.

Le sommet de cette fin de mois ne va pas seulement tenter de faire bonne figure en présentant une feuille de route dont on attend la publication. Il faut dire que nos édiles sont dans l’immédiat très préoccupées par un Brexit qui décidément cahote et une offensive commerciale américaine à laquelle ils n’ont comme réponse que « retenez-moi, sinon je fais un malheur ! ». Tandis que la politique du gouvernement allemand qu’ils suivent est doublement mise en cause, en raison de sa priorité donnée aux exportations pour dégager de la croissance, ainsi que pour la stricte observation d’une austérité budgétaire qui accentue dans toute l’Europe les problèmes au lieu de les résoudre.

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5 réflexions au sujet de « Après l’Italie, l’Espagne. Que dit Macron ? »

  1. Faut-il voir une bonne nouvelle à ce qui se passe en Espagne, et d’une certaine façon en Italie et plus généralement en Europe du Sud, avec une certaine reprise du rapport de force social ? Cela pourrait être contagieux pour la France, dévastée par le train de mesures antisociales menées en mode « blitz-krieg » (empruntant en cela à Fillon), et qui ne saurait s’en tenir là par défaut d’une opposition convenablement constituée….

  2. Le cas espagnol est trés différent de l’italien, ici trés peu de véléité anti-européenne, même Podemos met de l’eau dans son vin car la mayonnaise ne prend pas, l’Espagne à trop à perdre au niveau touristique et une sortie de l’euro mettrait en danger l’économie souterraine. La censure de Rajoy est uniquement due à la corruption et ne vient pas des urnes, c’est de la pure politique politicienne. Aux prochaines élections c’est vraisemblablement Ciudadanos qui vas prendre la place du PP. En somme, du Macron économiquement parlant assortit d’une paire de castagnettes qui processionne en habit de lumière pour caresser dans le sens du poil les « patriotes » catholicos aphostolicos romanos. Même Macron en rêve, cf ses clins d’oeils à l’église… L’Espagne ne pèsera comme d’habitude à peu près rien sur l’échiquier européen. Ils ont réussi à se faire la WWII + la Guerre Froide tout seuls dans leur coin pendant 40 ans… comptez pas sur eux pour faire bouger les lignes en Europe.

    1. L’équation est plus complexe, intégrant la question des nations. Et « faire du social » impliquera des efforts budgétaires et une dynamique de mise en cause de la politique européenne, quand bien même le PSOE y va prudemment.

  3. J’aime bien, dans votre titre, la question sans réponse.

    Si Macron se tait, c’est qu’il s’est peut-être rendu compte qu’il aurait mieux fait de la fermer avant de l’ouvrir pour soutenir le coup constitutionnel de Matarella.
    Il s’est ainsi interdit d’apparaitre en médiateur entre Rome et Bruxelles.
    Alors, sur l’Espagne, il attend d’être sur que ce n’est pas un gouvernement de gauche avant de lui apporter son soutien.

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