Les Faire-Part du plan B de Macron ont déjà été envoyés

Emmanuel Macron doit s’incliner devant le refus allemand de ses projets de reconfiguration de l’Union européenne. Intransigeants, crispés sur leurs surplus commerciaux et financiers, ses partenaires s’opposent à toute mutualisation financière, ne lui laissant d’autre ressource que de tenter de faire prévaloir un plan B reposant sur le financement d’une politique européenne d’investissement.

La faiblesse de la croissance de 0,4% au premier trimestre de cette année et la baisse de l’inflation sous-jacente relevée par Mario Draghi rendent encore plus nécessaire celle-ci, afin de desserrer le carcan de la politique budgétaire et de prévenir le rebondissement de la crise dans les pays les plus éprouvés, dans un contexte général marqué un très fort endettement public et privé, un chômage des jeunes élevé et des divergences macroéconomiques entre pays membres.

Mais de sérieux obstacles se présentent là aussi. Du côté de la Commission, qui a rendu public ses propositions budgétaires pour la période 2021-2027 pour dévoiler une augmentation homéopathique de 0,13% du PIB européen. Un budget spécifique à la zone euro est bien dégagé, mais sa dimension de 0,01% du PIB le rend caricaturalement symbolique.

Ainsi que du côté allemand, à nouveau. Le projet de budget de l’Allemagne pour 2019 s’inscrit dans la continuité, à tel point que le ministre social-démocrate Olaf Schulz est prénommé Wolfgang dans la presse, en référence à son prédécesseur Wolfgang Schäuble. Plus royaliste que le roi, il prétend passer de l’objectif du déficit zéro (Schwarze Null) à celui d’un surplus budgétaire de 1% du PIB (Schwarze Eins), afin de renforcer l’ancrage de la dette sous le plafond de 60% du PIB. Afin d’y parvenir, il procède à des coupes dans les budgets d’investissements, égratignant au passage le montant de la contribution allemande supplémentaire au budget européen prévu dans les accords de coalition.

Dans un tel contexte, le plan B est déjà mort et enterré.

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19 réflexions au sujet de « Les Faire-Part du plan B de Macron ont déjà été envoyés »

  1. Vous avez aimé la saison 1 avec la règle pifométrique des 3% ? Vous allez adorer la saison 2 avec celle tout aussi ésotérique du plafond des 60% de la dette !

    Mais rassurez-vous, la créativité comptable et financière au service des transnationales et des milliardaires étant sans limite, ils trouveront sans cesse d’autres règles magiques pour continuer à piller les richesses.

  2. Je me risque à un parallèle avec d’un côté la grève à la SNCF et les concertations que mène le gouvernement et de l’autre côté les concertations Jupiteriennes à l’échelle de l’Europe.
    Dans un cas comme dans l’autre c’est: cause toujours, tu m’intéresses, les décisions sont prises sauf qu’au niveau de l’Europe Jupiter en est la risée à l’image du fiasco de sa visite aux Usa.
    Concerte, concerte Jupiter avec l’Allemagne, c’est consternant.

  3. Voudrais pas m’faire le défenseur de Jupitou, mais j’crois bien qu’l’Europe, il en a plus rien à secouer.
    Il en avait parlé pendant sa campagne pour embêter la Le Pen (et ça a bien marché), maintenant, il lui suffira de dire que c’est la faute aux autres, que lui il a essayé mais qu’ils ont pas voulu. Fin.
    Il semble que le désamour franco-allemand aille bien au-delà des questions budgétaires et relève de stratégies fondamentalement différentes vis-à-vis de Trump que Macron a choisi d’épauler militairement (sans qu’on sache s’il l’épaule pour tenter de le contrôler ou juste comme ça, pour l’épauler) tandis que Merkel, qui tient à sa relation avec la Russie, vient juste de faire savoir qu’aucun avion allemand, comme c’est dommage, n’est en état de participer aux gesticulations de l’OTAN sur le front est ou ailleurs.
    Je suis sur que s’il y tenait vraiment, il suffirait à Macron de faire un peu plus attention aux problèmes d’approvisionnement énergétique allemand (et aux tuyaux qu’il suppose) pour que les cordons de la bourse berlino-bruxelloise se desserrent pour ses projets.

    1. J’ai aussi l’impression que Macron ( sans doute pas tout seul , et pas un matin en se réveillant ) avait implicitement signifié à l’Allemagne , depuis le 14 juillet 2017 ,qu’il désespérait d’elle , sinon de l’Europe actuelle , et qu’il chercherait des opportunités et garanties plutôt du côté américain et british . L’Histoire est tenace .

      Reste à savoir ce que peut devenir l’Europe dans ce contexte , mais , sur une onde longue , ça laisse penser que , sans même parler uniquement d’échanges commerciaux ou de système capitaliste ou pas , l’Europe forte et vraiment cohérente , ne commencera à voir le jour que lorsque la Russie aura enfin choisi sa voie dans le monde et avec sa part de cerveau occidental .Pour l’après Poutine ?

      D’ici là Europe du Nord , Europe du sud ?
      Tandem franco – britannique lié à USA ?

      Le combat Chine et USA en toile de fond et ligne de force .

      1. De ce point de vue ce qui se dira ou pas , pour ce qu’on en aura vraiment à connaître , au forum économique de Saint Pétersbourg le 24 ou 25 mai , entre Poutine et Macron ( s’il y va , le suspens est maintenu ) , pourrait être plus intéressant et efficace que le dernier show américain .

        1. Ce sera en tous cas un moment important pour maintenir en vie l’idée de voie européenne .

          Partager ce moment avec Merkel aurait été une bonne chose .

          1. Il n’est pas sur que cette rencontre ait lieu car Trump risque de révoquer le traité avec L’Iran et les évènements de se précipiter à partir du 12 mai…
            Et même sinon, les relations militaires (présence française en Syrie, Ukraine) devraient prendre l’ascendant sur des négociations politiques ou commerciales de toute façon inopérantes en raison des sanctions occidentales. Il est difficile de parler de l’Europe quand on se conduit comme une extension de la politique US.

          2. En négociation internationale toutes les billes peuvent servir et s’échanger , pourvu que les joueurs aient le sentiment d’aller dans une direction qui leur convient sinon commune .

            La présence française en Syrie , sans vouloir faire de la peine à Daniel , c’est peanuts et n’est utile que pour s’assurer que l’EI est chassée . Le terrain c’est Assad , Poutine , l’Iran et un peu les américains . Et il n’est pas dit que les trois premiers aient les mêmes intérêts et « confiance » mutuelle à terme .

            Poutine ( et Macron ) sont moins cons que Trump , et plus stratèges .

            Mais c’est vrai que Trump est un danger .

          3. @ Juannessy
            Rien à faire dans le nord de la Syrie, ni ailleurs. Mais diplomatie. Partie difficile: le voisin du nord est un allié (?) et d’une violence inconnue ici.

      2.  » …/… lorsque la Russie aura enfin choisi sa voie dans le monde et avec sa part de cerveau occidental …/…  »
        Il semblerait que vous inversez la réalité historique !

        Si j’en crois cet article wiki
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Poutine

        …/… Continuité de la politique de rapprochement avec l’Occident
        Vladimir Poutine :
        La politique étrangère lors de sont premier mandat est dans la continuité de la politique de Elstine, il ira même plus loin vu qu’il proposera à l’UE la création d’un marché économique unique et au USA l’entrée de la Russie dans l’OTAN (50-51) mais les Usa refuseront les deux offres. …/…

        (50) Documentaire Politique étrangère « Poutine, le Nouvel Empire » France 2 diffusion le dimanche 18 mars 2018, de : Jean-Michel Carré.
        (51) « Poutine : «Même dans l’OTAN, la Russie aurait toujours eu son mot à dire» » [archive], sur Sputnik, 14 juin 2017
        https://francais.rt.com/international/39704-poutine-meme-dans-otan-russie-toujours-mot-a-dire

        1. Il est exact qu’une occasion a été manquée par les européens , mais sur l’histoire longue , je crois que la Russie n’a pas encore choisi sa voie claire entre ses marches de l’Est et de l’ouest , et qu’elle en reste à une vision impériale alimentée par l’immensité de son territoire .

          Peut être parce que l’Europe n’a pas encore elle même vraiment choisi d’incarner et de faire système économique progressiste qui fasse sa place entre USA et Chine .

          Le monde se cherche encore après 6000 ans d’essais -erreurs , le plus souvent sans apprendre de ses erreurs .

          Restent à trouver les grandes âmes de toutes langues et cultures qui sauront à la fois expliquer le monde à leurs peuples , et faire les paris gagés capables d’offrir le système de cohabitation paisible d’abord , de progrès universel ensuite .

          Il faudra bien y arriver pour résoudre sans apocalypse finale la finitude de notre planète .

          Je ne sais pas si je dois me réjouir ou me désoler de n’avoir pas le temps pour assister à ce tableau de ruines ou au contraire à ce happy end .

  4. Impasse de l’Europe, et d’un certain côté que Macron ait échoué sur son « projet » d’Europe néolibérale, il valait mieux. L’Allemagne a confirmé ce que beaucoup d’analystes prévoyaient. L’Europe zombie, donc. Et puisqu’on est dans les prévisions, à ce train, il est à craindre un retour de balancier. Le « nein » allemand aura plus de conséquences qu’il n’y paraît pour l’instant…

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