En Syrie, le bal des hypocrites

Par Roberto Boulant

Comme l’a fait justement remarquer un commentateur ; nous avons fait semblant de bombarder et les Russes ont fait semblant de protester. Ces frappes n’ont naturellement aucun but stratégique, puisqu’à ce stade le régime d’el-Assad et ses alliés Russes et Iraniens ont gagné, si ce n’est la guerre, du moins la Syrie dite ‘utile’.

Alors à quoi bon consommer des missiles de 800K€ à 2,9M€/pièce ?
Si le but est de fournir la Syrie en gravats, c’est avouons-le un peu cher. D’autant qu’après 7 années d’un conflit atroce, le pays est déjà abondamment fourni.

Alors ? Afin d’arrêter les attaques chimiques du régime syrien ?
Certes, mais il y en a déjà eu des dizaines, alors pourquoi maintenant, précisément au moment où les fronts semblent se stabiliser ?

Parce que les gaz de combat sont des armes inhumaines ?
Il est pourtant assez évident que si le mot ‘gaz’ renvoie dans notre imaginaire occidental aux horreurs des tranchées de la 1ère GM ou aux camps d’extermination de la 2nde, il n’en va pas de même pour un esprit oriental n’ayant pas la même Histoire. Ce qui entre parenthèses nous oblige à nous interroger sur notre propre humanité, lorsque la même radio qui nous annonce avec des tremolos dans la voix la probable utilisation de gaz de combat, se contente d’un bref flash pour les frappes classiques avant d’enchainer sur la météo. Comme si nous hiérarchisions l’innommable ! Comme si mourir éventré par des shrapnels, ses intestins sur le sol et ses jambes à trois mètres de son tronc, était plus acceptable que de mourir les poumons brulés !

Non, ce qu’il convient d’appeler le bombardement du bac à sable vise des objectifs politiques.

En premier lieu, celui de s’inviter à la table des négociations, comme l’a déjà fait Erdogan en occupant à sa frontière le canton syrien d’Afrine. Ensuite, sans être dans le secret des dieux, on peut facilement imaginer qu’il s’agit sur le moyen/long terme de chasser les Russes de leurs emprises qu’ils ont osé planter dans notre arrière-cour (nous avons la légitimité de l’antériorité ; la tradition pour notre armée de l’air de bombarder la Syrie remontant à notre mandat sur ce pays en 1920. Et il est je pense inutile de préciser qu’à cette époque nos bombes n’étaient ni intelligentes, ni discriminantes).

Mais les Russes ne sont sans doute pas perçus à Washington ou Paris, comme la menace la plus pressante. Après tout, nous pouvons a minima admettre qu’ils ont fait le sale boulot à notre place en envoyant ‘des bottes (mercenaires) sur le sol’. Il s’agit surtout de contrer le puissant hégémon régional, l’Iran, ennemi juré de nos clients et fournisseur saoudiens, et de l’État israélien.

Et c’est là que la belle coalition alliée risque de connaître quelques grincements. Car si les européens sont soucieux de voir leurs entreprises accéder à un marché resté bloqué par bien des aspects dans les années 1980, il est maintenant fort possible que Trump dénonce l’accord sur le nucléaire iranien, rendant ainsi très problématique toute relation commerciale entre les entreprises européennes et ce pays.

Bien sûr, je ne pense pas un seul instant nos dirigeants suffisamment cyniques pour tenter par la même occasion en endossant le costume de Chef de guerre, de faire oublier leurs petits soucis domestiques : qui avec le procureur Mueller, qui avec son Brexit, qui avec une situation sociale gagnant en température à l’approche du joli mois de mai…

Et les Syriens me direz-vous, au milieu de toutes ces belles considérations ? Eh bien, comme d’habitude. Du moment qu’ils non pas la folle prétention de venir se réfugier chez nous, ils restent le cadet des soucis de nos gouvernants.

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11 réflexions au sujet de « En Syrie, le bal des hypocrites »

  1. merci pour ce regard détaché, cynique à souhait. On est dans la propagande de guerre, dont le déni d’aujourd’hui. Voici un autre son de cloche :
    « Merci Monsieur le Président,
    La déléguée des États-Unis a dit que la Russie dépensait de ses ressources afin de soutenir ce qu’elle qualifie de « régime » en Syrie. Ma question en retour est : quels sont donc les bénéficiaires des ressources états-uniennes dépensées en Syrie ? Les enfants syriens auxquels ils auraient envoyé du lait et des médicaments, les gangs terroristes ayant commis les crimes les plus odieux contre le peuple syrien et auxquels ils ont fourni armes et munitions, ou les avions de votre coalition qui ont tout rasé sur leur passage, notamment à Raqqa ?
    Et qu’en est-il de ses menaces répétées contre mon pays à chaque réunion, ou presque, du Conseil de sécurité. Avouerait-elle que son administration n’accorde aucune importance à ce Conseil, à cette Organisation internationale et aux principes du Droit international ?
    (…)
    Monsieur le Président,
    Le gouvernement de mon pays condamne avec la plus grande fermeté l’agression israélienne perverse de ce matin sur l’aéroport T4, dans le gouvernorat de Homs, tuant et blessant plusieurs citoyens. Cette agression, qui constitue une violation flagrante de la résolution 350 (1974) et des résolutions du Conseil de sécurité en rapport avec la lutte antiterroriste, n’aurait pas été possible sans l’immunité et le soutien illimité et continu accordés par l’administration américaine à Israël ; ce qui lui permet de persévérer dans la pratique du terrorisme d’État et de continuer à menacer la paix et la sécurité dans la région et dans le monde.
    Naturellement, aujourd’hui, le fait que les délégués des pays occidentaux n’aient fait aucune mention de cette agression israélienne montre clairement que les gouvernements de leurs pays en sont les partenaires et les protecteurs.
    (…)
    Monsieur le Président,
    Dès le 10 décembre 2012, c’est-à-dire avant l’attaque au gaz sarin suggérée par les employeurs des groupes terroristes contre Khan al-Assal le 19 mars 2013, nous avions prévenu, par un courrier officiel de référence A/67/628, que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France avaient lancé une campagne prétendant que le gouvernement syrien allait utiliser des armes chimiques. À l’époque, nous avions averti que ces allégations risquaient d’ouvrir la voie à la fourniture d’armes chimiques aux groupes terroristes armés par les gouvernements des États qui les soutiennent, pour ensuite en accuser le gouvernement syrien.
    Ce qui s’est passé ces dernières années de Khan al-Assal à la Ghouta, en passant par Kafr Zita, Altamna, Tell Mannas, Khan Cheikhoun et beaucoup d’autres villes et villages, prouve sans aucun doute possible le sérieux de ce contre quoi nous avions mis en garde tout au long de ces 5 à 6 dernières années.
    (…)
    Monsieur le Président,
    Nous avons porté à l’attention du Conseil de sécurité, de l’OIAC [Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques] et de ce qui était désigné par « Mécanisme d’enquête conjoint » 145 lettres, la dernière en date du 1er avril 2018. 145 lettres et je remercie mon collègue délégué du Kazakhstan pour avoir signalé que vous ne lisez, ni ne répondez à ces courriers.
    Des lettres contenant des informations précises sur les produits chimiques toxiques en la possession de groupes terroristes, notamment le chlore et le sarin. Et nous avons averti, à maintes reprises, que ces groupes préparaient les crimes par usage d’armes chimiques contre des Syriens innocents, qu’ils travaillaient par le biais de leur bras médiatique appelés « casques blancs » à fabriquer des preuves, et qu’ils filmaient … (…)
    Monsieur le Président,
    La République arabe syrienne réaffirme qu’elle ne dispose d’aucune arme chimique, quelle qu’elle soit, y compris le chlore toxique, et qu’elle réitère sa condamnation de l’usage d’armes chimiques en tout lieu, à n’importe quel moment et en toutes circonstances ; tout comme elle réaffirme sa volonté de coopération illimitée avec l’OIAC afin de s’acquitter de ses obligations inscrites dans la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, de leur stockage ainsi que de leur utilisation. »
    Quelques extraits de l’intervention au Conseil de Sécurité de l’ambassadeur de Syrie. (disponible sur legrandsoir.info ).

    1. À mon tour de vous remercier pour ce grand moment qui nous est procuré par le bon docteur Bachar al-Jaafari.

      Bien que les puissances intervenantes sont toutes mues par ce qu’elles estiment être la défense de leurs intérêts dont la sauvegarde de la vie humaine ne fait absolument pas partie, il convient de ne pas oublier que le sieur el-Assad est le premier responsable de la destruction de son pays et de son peuple, qu’il est de toute évidence un criminel de guerre et très probablement, mais je ne suis pas juriste, un criminel contre l’Humanité !

      http://www.leparisien.fr/international/viols-torture-pendaisons-amnesty-denonce-une-prison-de-l-horreur-en-syrie-07-02-2017-6661539.php

      1. D’abord je serais plus sévère sur « les puissances intervenantes » : les puissances occidentales à la fois POURSUIVENT leurs intérêts au « Moyen Orient » et manipulent leurs OPINIONS dans le sens de leur maintien au pouvoir, en déni des faits (je ne fais pas la guerre, je fais confiance au dialogue, j’ai cherché à ne tuer que peu d’ennemis, etc.). Ensuite je n’entérine pas le discours syrien, mais je trouve utile que nous connaissions les deux versions de la chanson. Ensuite je ne sais si le président élu de cette république est « le premier responsable de la destruction de son pays et de son peuple ». Je sais que ceux qu’on a appelés « révolutionnaires » se sont révélés pour une partie des gens sectaires religieux et des manipulateurs soutenus par les occidentaux. Et finalement je me méfie avant tout des convictions qui nous sont enseignées depuis l’occident sur les pays du tiers-monde (spécialement nos anciennes colonies) ; je préfère pratiquer le doute en éveil, face à une situation complexe depuis 1967.

        1. Il est bien connu que si la première victime de la guerre est le plan de bataille, la seconde est la vérité. La situation syrienne est totalement inextricable avec des changements d’alliance incessants de la part de groupes dont la couleur politico/religieuse varie en fonction du moment tactique, et où se mêlent intérêts locaux et interventions de puissances extérieures, sous des motifs aussi divers que variés. Sous ces conditions il est me semble-t-il totalement illusoire espérer connaitre non pas les deux versions de la « chanson », mais l’infinité des « chansons » qui règnent dans le chaos syrien.

          Illusoire et inutile, puisqu’en définitif tout le monde ment et que seule la disparition physique d’un acteur permet d’éclaircir le tableau stratégique.

          Reste les faits, têtus comme il se doit.

          Les milliers de témoignages et de documents recueillis, circonstanciés et validés par les ONG sur tous les terrains d’affrontements, prouvent sans qu’il n’y ait place au doute, la systématisation des actes de barbarie des séides d’El-Assad à l’encontre des populations civiles. Ce qui n’ajoute ni ne retranche rien à la responsabilité de tous les autres acteurs, nous en sommes d’accord, mais qui fait bel et bien du président syrien un criminel de guerre et le premier responsable du malheur de son peuple.

          1. @Roberto,
            Dans leur esprit, et probablement dans les faits, Assad et sa soldatesque combattent une révolte massivement armée et financée depuis l’étranger (Golfe, OTAN, …).
            Pour cela, ils mettent en œuvre les seules techniques de contre-insurrection qui se soient révélées efficaces. Elles ont été inventées par la France lors de la guerre d’Algérie et supposent une surenchère dans la terreur et la violence.
            Cela fait d’eux des criminels, mais, et les mots ont un sens, pas des criminels de guerre.
            A moins d’inventer le concept de criminel de guerre civile. Auquel cas on condamne tout le monde et on en cause plus.

          2. Sur les débuts de la révolte du peuple syrien s’inscrivant dans la lignée des printemps arabes contre les régimes dictatoriaux :
            https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/syrie-15-mars-2011-le-jour-ou-tout-a-commence_72799.html

            Sur l’utilisation des islamistes par le régime d’el-Assad afin de discréditer et d’étouffer la révolte du peuple syrien :
            https://www.courrierinternational.com/article/2013/09/03/assad-l-ami-des-islamistes

            La politique de la terreur, des massacres et de la terre brulée remonte à des temps immémoriaux et n’a pas été inventée au 20ème siècle par le colonisateur français en Algérie. Qui plus est, si la torture et les exécutions sommaires ont été effectivement pratiquées au grand déshonneur de nos armes, ce fut disons-le de manière artisanale et non industrielle comme en Syrie. Il convient ensuite de noter que non seulement la torture est totalement inefficace puisque les ‘informations’ arrachées sous la contrainte ne sont absolument pas fiables, mais qu’aucune armée ne pouvant contrôlée totalement une population, c’est celui qui peut frapper où est quand il veut, qui détient l’avantage dans la politique de la terreur. D’où l’idée des autorités françaises de placer les populations dans des camps de regroupement pour tenter de faire échec à la rébellion.

            Quant aux crimes de guerre, cette notion juridique est précisément définie par les traités internationaux, et plus particulièrement le statut de Rome définissant les violations des conventions de Genève.

            Crimes de Guerre : c’est-à-dire les violations des lois et coutumes de la guerre. Ces violations comprennent, sans y être limitées, l’assassinat, les mauvais traitements et la déportation pour des travaux forcés ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, l’assassinat ou les mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, l’exécution des otages, le pillage des biens publics ou privés, la destruction sans motif des villes et des villages ou la dévastation que ne justifient pas les exigences militaires.

            Source CICR :
            https://ihl-databases.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Article.xsp?documentId=962C65484A4DC30CC12563BD002BDF8B&action=openDocument&SessionID=DTGALZDJZY

          3. @ Roberto,
            1°) le côté « artisanal » de la terreur et de la torture durant la bataille d’Alger mériterait débat.
            2°) votre dernier lien m’évoquait Rome ou Genève, je me suis retrouvé à Nuremberg. Vous avez bien fait de m’y entraîner car j’y ai trouvé, condamnables au même titre que les crimes de guerre, les crimes contre la paix :

             » C’est-à-dire la direction, la préparation, le déclenchement ou la poursuite d’une guerre d’agression, ou d’une guerre en violation des traités, assurances ou accords internationaux, ou la participation à un plan concerté ou à un complot pour l’accomplissement de l’un quelconque des actes qui précèdent. »

            Or c’est exactement ce que reproche le régime syrien à ceux qui arment et financent (ou ont armé et financé) ses adversaires. L’utilisation des frères musulmans dans ce sens ne fait pour eux aucun doute. Plein de liens dans ce sens, j’ai la flemme de chercher, et puis aucun ne peut avoir la même légitimité que « courrier international »…

            3°) J’arrête là cette discussion, car sinon je vais me retrouver à défendre Assad, ce qui n’est pas mon but. Je tenais simplement à rappeler, au moment où mon pays vient d’en bombarder un autre en violation flagrante de la charte des Nations Unies, qu’essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de chacun est, plutôt que de tenter de désigner un « premier responsable », une des bases possibles d’une éventuelle sortie de conflit.
            Remember Desproges : “L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui !”

          4. Concernant la guerre d’Algérie et plus particulièrement la bataille d’Alger, je suis naturellement preneur de toute nouvelle information ou document prouvant l’établissement de processus de torture formalisés. J’en profite pour souligner une différence fondamentale entre ces deux évènements historiques : celle que la torture était utilisée par l’armée française pour obtenir du renseignement en Algérie, alors que les séides d’el-Assad l’utilise principalement pour instaurer la terreur et détruire les liens familiaux et claniques (je pense notamment aux viols des femmes systématisés dans les geôles du régime).

            Enfin et surtout, la guerre et plus particulièrement sa version dite ‘civile’, est propice à nous faire tomber dans certains pièges basiques :

            – Celui d’une vision en noire et blanc du monde : dire comme le démontre le travail des ONG que Bachar el-Assad commet des crimes de guerre contre son peuple, n’est qu’un constat basé sur des faits qui sont évaluables et réfutables le cas échéant. En aucun cela ne signifie que les autres intervenants dans cette guerre sont des enfants de cœur ! Ce qui est malheureusement un biais commun, où chacun dans une injonction hystérique est sommé de choisir son camp en le présentant comme celui du bien en lutte contre les forces du mal. Bref, ceux qui disent que dénoncer el-Assad comme un criminel, revient à soutenir l’infâme régime saoudien ou la dictature des mollahs iraniens, en sont au degré zéro de la réflexion.

            – Le relativisme : puisque tout le monde ment et qu’il y a 101 nuances de salauds et de criminels, gardons-nous bien de dénoncer de quelconques responsables.

            Quant à la sortie du conflit, il suffit de voir le sort réservé aux conférences organisées par les uns et les autres à Genève ou à Sotchi, pour se rappeler un des b.a.ba de la guerre : elle n’est déclarée terminée que lorsque l’adversaire s’avoue vaincu. Et comme les forces en présence sont locales mais également régionales, russes et américaines (je compte Français, Anglais, et les européens en général, pour peanuts), il y a encore largement de quoi alimenter le brasier.

            Comme disait Machiavel, on commence une guerre quand on le veut, on la termine quand on le peut…

  2. Merci, Roberto.

    Toutes ces histoires de guerre chimique par gaz ou liquide persistant me mettent mal à l’aise. Un de mes grand’père ne s’en est jamais vraiment remis et la transmission génétique a sans doute fonctionné à plein.

    Cette fixette sur ce type d’armement est étrange. Alors que nous produisons et vendons libéralement des armements infiniment plus destructeurs, aux effets collatéraux aussi larges que l’utilisateur final le veut, ou le néglige. Le plus souvent, plus c’est mieux. L’inverse n’est pas vrai, évidemment. Sans compter que ces armes qui font notre fierté par les emplois non délocalisables qu’ils maintiennent, exigent toute une armada de haute technologie pour la livraison sur site. Je crois que nous montrons le bout de nos oreilles pointues avec nos obus à l’uranium métal. Le tungstène n’est sans doute pas mieux, question pollution durable. Mais c’est une autre question, revenons à l’horreur chimique.

    C’est peut être la raison : concurrence déloyale.
    Passons rapidement sur le chlore. Je ne souhaite pas mourir à respirer ce gaz, mais il y a pire, et de beaucoup. Les armes chimiques efficaces, bien documentées et pas chères sont des organophosphorés. Les anti-insectes (autre guerre chimique) sont des organochlorés. On peut passer de l’un à l’autre assez facilement. L’équipement et les précurseurs pour la guerre chimique aux insectes est bien connu et assez libre d’accès.
    Un chimiste imaginatif et un brin bricoleur trouvera la suite lui-même. Ici, pas de haute technologie. Une ancienne étable suffit.

    Concluons: la guerre des bacs à sable vise à préserver, à tous prix, les emplois chez nous. Et à faire oublier les crimes anti-kurdes généralisés du voisin sourcilleux du nord, un grand allié qui a bien droit à ce que l’on regarde ailleurs. Du général au particulier: notre grandeur.

    Pour Roberto: le voisin du nord occupe beaucoup plus qu’Afrin. Il est en passe de se reconstituer tout l’est du sandjak d’Alexandrette jusqu’à l’Euphrate à l’est, un peu plus même, et Alep au sud. Vaste territoire où il n’épargne aucun effort pour y demeurer, lui et ses alliés coupeurs de tête modérés.

  3. Les Grands prennent grand soin de s’épargner les uns les autres (sur le plan militaire au moins, si ce n’est pas le cas sur les plans économique et financier). Les Petits trinquent.

    C’est ainsi que nous avons, par écran interposé, notre rituel quotidien de sang répandu et de chair sacrifiée, et que nous sommes invités à communier dans la détestation des bourreaux désignés.

    Nietzsche l’avait annoncé dans son aphorisme 125 : « Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux – qui essuiera ce sang de nos mains? Quelle eau lustrale pourra jamais nous purifier? Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer?  »

    « quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? » : pour avoir la réponse, allumez la télé.

    Combien de temps cela suffira-t-il ? Ces jeux sacrés sont injustes, affreux, inhumains, nous le savons, nous savons que nous devrions y renoncer, mais c’est plus fort que nous, nous faisons tout pour que ça continue…

    Il nous faut notre rituel quotidien de sang répandu et de chair sacrifiée.

    Jusques à quand ?

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