Un monde déboussolé

Les ambitions étaient très mesurées lors de la réunion de printemps du FMI à Washington de la semaine dernière, à la fin de laquelle les participants se sont donnés la tâche de « protéger » la faible croissance économique. Celle-ci se poursuit, « mais à un rythme plus lent que prévu en octobre. Elle devrait se raffermir en 2020, mais les risques restent orientés à la baisse », ont-ils prudemment constaté.

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60e anniversaire du Traité de Rome : DE QUOI SONT-ILS ENCORE CAPABLES ? par François Leclerc

Billet invité.

Comment passer dans une félicité enjouée le cap du 60e anniversaire de la signature du Traité de Rome, le 25 mars prochain ? Angela Merkel, François Hollande, Mariano Rajoy et Paolo Gentiloni ont hier accordé leurs violons pour jouer le grand air d’une Europe à la carte qu’ils prétendent portée par un élan nouveau. Tragediante, comediante !

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LA NOUVELLE EUROPE EN FILIGRANE, par François Leclerc

Billet invité.

Un débat est engagé au vu du sort réservé à la Grèce : faut-il ou non quitter l’euro, ce piège qui s’est refermé ? Puisant ses arguments dans de précédents épisodes, la discussion rejaillit en force, l’union monétaire symbolisant une Europe rejetée. L’un des prolongements de la discussion consiste à se demander si une occasion exemplaire n’a pas été manquée.

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Europe : IL N’Y A VRAIMENT PAS DE QUOI SE PLAINDRE ! par François Leclerc

Billet invité.

Demain, sommet européen (on ne les compte plus) ! En ouverture, un petit coin de ciel bleu est toujours timidement recherché par Matteo Renzi, qui réaffirme « qu’il faut sortir les investissements d’un pays du Pacte de stabilité », tentant de donner un peu de marge de manœuvre dans l’application d’une politique européenne dont il est hors de question de demander frontalement le changement. Le président du conseil italien conjugue d’un certain point de vue ses efforts avec Frans Timmermans, qui joue le rôle inédit de président bis de la Commission. Le second de Jean-Claude Juncker, que ce dernier a ensuite relayé, a lancé un appel à des contributions supplémentaires des gouvernements au plan d’investissement de son patron, mais sans clarifier la question soulevée par Matteo Renzi, véritable nœud du problème : ces apports seront-ils ou non comptabilisés dans le déficit ?

Toujours sur ce même terrain, trois instituts économiques européens, l’OFCE française, l’IMK allemand et l’ECLM danois, ont proposé l’exclusion des dépenses d’investissement du calcul du déficit. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « stratégie macroéconomique alternative », qui préconise également l’achat par la BCE d’obligations émises par la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de soutenir l’investissement public. En vue de favoriser la transition énergétique, il est aussi préconisé d’accroitre la fiscalité sur le carbone, tout en compensant l’augmentation du prix de l’énergie pour les ménages via un fonds européen, et par une taxe à l’importation pour les entreprises.

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Zone euro : LA FATALITÉ N’EXISTE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants européens seraient bienvenus à s’interroger à propos de la politique qu’ils ont eux-mêmes décidée, ou à défaut suivie par peur de s’y opposer, par conformisme plus que par conviction. Non pas seulement pour en constater les effets qui contredisent leurs prédictions, mais aussi pour s’interroger sur leurs causes. Car les bricolages qui s’annoncent ne régleront rien.

Leur obstination à ne pas se résoudre à une telle clarification, qui renvoie à leur discours obsessionnel à propos de la dette et des réformes d’inspiration libérale destinées à relancer la croissance, fait à la longue problème. Parce qu’elle pourrait laisser penser qu’ils se sont résignés à précipiter l’Europe dans une période récessive et déflationniste durable, prix à payer selon eux pour réduire un endettement excessif, en affirmant qu’il n’y a pas d’autre solution. En évitant de se poser une délicate question : la désastreuse situation actuelle a-t-elle pour origine la crise financière, ou est-elle le résultat de leur politique ?

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Zone euro : NOUS Y ARRIVONS !, par François Leclerc

Billet invité.

La zone euro est à nouveau au bord de la récession et la pression déflationniste s’amplifie, accentuant le risque d’entrer dans une déflation à la japonaise dont on ne sort pas. L’Allemagne, la France et l’Italie – ses trois premières puissances économiques – sont désormais touchées, chacune à sa manière. Sans que cela influe sur le discours de la BCE et de la Commission, qui préconisent comme si de rien n’était la poursuite des réformes structurelles en prenant comme exemple la mirifique croissance dont bénéficient l’Espagne et le Portugal (0,6% au second trimestre dans les deux cas) après avoir été poussés au fond du trou.

Le discours sur la croissance est épuisé, mais il n’y en a pas de rechange, d’où la crispation de la part de ceux qui n’ont pas d’alternative à proposer à leur politique reposant sur la résorption accélérée et prioritaire de la dette publique. Pourtant, elle ne fonctionne pas, comme le montre notamment la progression de la dette de l’État espagnol : celle-ci a dépassé fin juin les 1.000 milliards d’euros et continue à grimper, prévue pour dépasser le seuil symbolique de 100% du PIB en 2015. D’un point de vue économique, inscrire dans un traité des normes de déficit est tout aussi absurde que d’avoir mené la politique d’austérité, et cela ne garantit en rien qu’elles seront respectées…

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Le Conseil européen : DERRIÈRE LE DÉCOR EN CARTON-PÂTE, par François Leclerc

Billet invité.

« Avancée majeure », « fait décisif » : les superlatifs ne manquent pas pour présenter le Conseil européen qui s’ouvre. Pourtant, il n’y a pas besoin d’entrer dans les détails de l’union bancaire adoptée in extremis pour y rencontrer le diable. Ni de beaucoup gratter pour constater que le renforcement de l’intégration européenne chanté sur tous les tons se résume à créer un mécanisme contraignant de contrôle de réformes structurelles, assorti de mesures de « solidarité » qui baignent dans un grand flou. Le coup d’envoi va être lancé pour adoption en juin prochain.

A défaut de présenter un accord parfait, les violons du couple franco-allemand jouent leur partition sous la direction d’Angela Merkel, symboliquement venue rendre une visite parisienne pour « faire avancer l’Europe ». On est en plein story telling à l’annonce d’une nouvelle saison du Conseil européen, à nous de jouer les dupes et aux gouvernements de négocier serré leur futur contrat pour ne pas se retrouver trop contraints, leurs modalités devant être avalisés – raffinement suprême – par la représentation nationale afin que les institutions européennes ne soient pas en première ligne.

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L'actualité de demain : APRÈS LA GRÈCE, LE PORTUGAL ? par François Leclerc

Billet invité.

En attendant le tour de la Grèce, retardé le plus possible parce qu’encore plus dérangeant, le Portugal est de retour sur la sellette, n’ayant comme perspective que de suivre la même pente après avoir été longtemps présenté comme le bon élève de la classe. La Troïka a entamé sur place un nouvel examen des résultats du programme de rigueur, reporté étant donné la crise politique, tandis que le vice-premier ministre en charge du dossier, Paulo Portas, réclame un assouplissement de 4% à 4,5% des objectifs de réduction du déficit fin 2014, déjà demandé mais pas obtenu après deux assouplissements successifs, en septembre de l’année passée et mars dernier. « Il faudra qu’on nous explique comment on va pouvoir passer d’un déficit de 5,5% en 2013 à un déficit de 4% en 2014 » s’est interrogé Antonio Saraiva, le patron des patrons portugais. Tenir l’objectif de fin d’année de 5,5% n’est même pas garanti.

Anibal Cavaco Silva, le président, est intervenu de manière inaccoutumée pour demander à la Troïka de « faire preuve de bon sens ». A la clé, le déblocage d’une tranche de crédit de 5,5 milliards d’euros. Le retour sur le marché du pays, prévu pour juin 2014, apparaît de plus en plus compromis, le taux à 10 ans de la dette du pays atteignant un insoutenable 7,4%, se rapprochant de son niveau de juillet dernier au plus fort de la crise politique. Comment, dans ces conditions, se présenter sur le marché pour emprunter afin de commencer à rembourser les 78 milliards d’euros d’aide au total accordées par l’Union européenne et le FMI, les banquiers publics du pays ? Afin d’éviter l’affichage politique désastreux que représenterait un nouveau plan de sauvetage, un habillage pourrait être trouvé sous la forme d’une ligne de crédit.

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L'actualité de demain : CHUT LES ENFANTS, IL NE FAUT PAS RÉVEILLER LE MONSTRE ! par François Leclerc

Billet invité.

La sarabande est repartie en Europe, au risque de rompre une accalmie estimée trompeuse par les mauvais esprits. La coalition italienne ne tient toujours qu’à un fil, celui qui menace de se rompre dès le 9 septembre prochain, lorsque le Sénat devra confirmer ou non la déchéance de Silvio Berlusconi de son mandat de sénateur et son inéligibilité. Les roulements de tambour du côté de Gibraltar ne parviennent pas à faire oublier le scandale des revenus occultes de Mariano Rajoy, désormais suspecté d’avoir menti au parlement. Le gouvernement portugais se remet petitement de sa grosse crise estivale, sans rien avoir résolu, enregistrant la démission de son secrétaire d’État au Trésor, alors que l’on apprend que des documents compromettant sur des swaps qui font scandale ont été opportunément détruits.

Mais ce ne sont pas ces feux qui couvent ici et là qui ont conduit des dirigeants allemands en pleine campagne électorale à intervenir publiquement sur l’Europe. Afin qu’il ne puisse lui être reproché par la suite d’avoir tu la nécessité d’un troisième sauvetage de la Grèce, comme il l’a lui même expliqué, Wolfgang Schäuble a pris les devants pour reconnaitre sans attendre sa nécessité. Un modique montant de dix milliards d’euros a été avancé dans la foulée par le ministre grec des finances, qui correspond à peu près au trou immédiat de 11 milliards d’euros chiffré par le FMI, qui s’ajouteraient au 250 milliards déjà prêtés au total (compte non tenu d’un effacement de dettes de 107 milliards d’euros). Yannis Stournanas a tenu à préciser qu’aucune mesure d’austérité supplémentaire ne devrait selon lui intervenir à cette occasion…

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L'actualité de demain : TOUT EST NIÉ ET TOUT SE DÉTÉRIORE…, par François Leclerc

Billet invité.

Les leçons du sauvetage de Chypre n’arrêtent pas d’être tirées. L’irréalisme des objectifs fixés au gouvernement par la Troïka par le MOU (memorandum of understanding) dont les grandes lignes sont connues est la dernière en date : un nouveau plan est tiré sur la comète qui n’a pas d’autre avenir que d’être revu lorsqu’il ne pourra plus être évité. On connait la chanson.

Est-ce à dire que leurs auteurs sont particulièrement aveugles ? Non, la raison est qu’ils n’ont pas le choix, n’ayant pas de politique de rechange. Il leur faut affirmer envers et contre tous que la politique qu’ils préconisent fonctionne. On voit également l’illustration régulière de la même attitude lorsque paraissent les énièmes prévisions économiques pour l’Europe de l’OCDE, de la Commission ou du FMI, qui toutes, invariablement, reconnaissent une mauvaise année et prédisent un mieux pour l’année d’après, puis recommencent selon le même schéma.

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