Conseils d’amis à Christine

Que va donc pouvoir faire Christine Lagarde à la tête de la BCE ? Il faut s’attendre à ce que les conseils ne manquent pas, et cela avait déjà commencé alors même qu’elle n’était pas encore nommée.

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Les inégalités ont de beaux jours devant elles

On n’en parlait jamais, on ne parle plus que de cela ! Thomas Piketty a ouvert le ban avec son ouvrage best-seller, et depuis le sujet des inégalités a trouvé sa place dans les débats pour ne plus la quitter. À quoi doit-on attribuer cette soudaineté ? À la concomitance de la venue au pouvoir de Donald Trump, de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne et de la déstabilisation généralisée des partis de gouvernement européens ? Devenue globale après avoir atteint sa dimension politique, la crise ne se laisse toujours pas ignorer.

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SI MÊME JEAN-CLAUDE JUNCKER N'Y CROIT PLUS… par François Leclerc

Billet invité.

Lors de son arrivée à la tête de la Commission, en septembre 2014, Jean-Claude Juncker annonçait que l’Union allait jouer la carte de « sa dernière chance ». Mais, sans attendre la fin de son mandat en 2019, il a annoncé qu’il n’en briguerait pas un second et signifié qu’il n’y croit plus.

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DÉBATS OUTRE-ATLANTIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Ben Bernanke et Larry Summers, l’ancien président de la Fed et l’ex-conseiller de Barack Obama, s’affrontent par blogs interposés aux États-Unis dans un débat stratosphérique afin de donner la clé de l’état actuel de l’économie mondiale. Le premier met l’accent sur la « surabondance d’épargne », et le second trace la perspective d’une « stagnation séculaire », faute de demande justifiant l’investissement. Dans un cas, la course aux dévaluations compétitives et aux manipulations de la monnaie qu’il faudrait cesser est en cause, dans l’autre cette tendance de longue durée implique des investissements publics dans les infrastructures. Faut-il cependant s’étonner, vu leurs personnalités, que le débat sur les conséquences de l’accroissement des inégalités de patrimoine et de revenu soit passé à l’as ? L’impact de la sortie du livre de Thomas Piketty aux États-Unis aurait pu faire penser que ce thème serait désormais incontournable, mais ce serait sans compter avec le caractère profondément académique de cette joute, que Steve Keen (*) n’a pas hésité à qualifier de « consanguine » dans un article pour le magazine Forbes. Il a rappelé que ses acteurs sont de cette même famille qui continue de tenir le haut du pavé, et qu’il y a peu de chances que ceux qui n’avaient pas vu venir la crise trouvent son explication.

Plus prosaïquement, les commentateurs en sont à évaluer le degré de patience dont la Fed va faire preuve avant d’engager l’augmentation de son taux toujours proche de zéro. Elle se fait toujours attendre bien que les communiqués de son Comité de politique monétaire ont cessé de faire référence à cette louable qualité. Mais la croissance américaine a enregistré un net accès de faiblesse au premier trimestre, et la Fed continue de se tâter. Il y a toujours quelque chose qui cloche, qui retarde le retour à une certaine normalité : un hiver particulièrement rude, un dollar qui est à la hausse, et surtout une grande inconnue que le secrétaire au Trésor Jack Lew a formulé en termes moins académiques, constatant que la chute du prix de l’essence n’a pas entraîné comme escompté une hausse significative de la consommation : « ce que font les consommateurs de cet argent est un peu une énigme pour l’instant ». Les temps seraient-ils incertains ?

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AU CHEVET DE LA ZONE EURO, QUE FAIRE APRÈS LA SAIGNÉE ? par François Leclerc

Billet invité

Comment les dirigeants européens vont-ils sortir du pétrin dans lequel ils se sont fourrés (y conduisant leurs administrés) ? Sigmar Gabriel, le vice-chancelier social-démocrate allemand, a lancé un ballon d’essai en proposant d’adopter une nouvelle méthode de calcul du déficit excluant les dépenses occasionnées par les réformes, ce qui ne nécessiterait pas selon lui de modification d’un Traité figeant dans le marbre des règles qui se révèlent inapplicables. L’artiste travaille sans filet ! L’affaire est à réglage fin, puisqu’il n’est pas question de se déjuger ouvertement.

Angela Merkel a immédiatement rétorqué que le Traité était tabou, ce que l’on savait déjà. Et des rumeurs prématurées d’alliance franco-italienne ont surgi, laissant présager d’une offensive à Bruxelles, profitant de la présidence italienne de l’Union européenne. Reste à la voir se concrétiser. Afin de donner des gages, Matteo Renzi a proposé un accord donnant-donnant dont la maîtrise serait confiée à la Commission européenne : « vous avancez sur les réformes, et je vous accorde des délais de réduction du déficit », ce qui a l’avantage d’instaurer une souplesse devenue indispensable tout en préservant l’essentiel de ce qui doit être accompli. Comme si la réduction du déficit et de la dette n’étaient finalement que des prétextes, ce que tendrait à montrer la détente du marché obligataire qui se satisfait de leurs niveaux élevés, le marché ne jouant plus présentement les croquemitaines.

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Désendettement : UN PLAN A’ DANS LEURS RÊVES LES PLUS FOUS, par François Leclerc

Billet invité.

Cela cogite ferme pour préparer une suite aux élections du Parlement européen et à la désignation du nouveau président de la Commission. La page qui va être tournée va donner l’occasion, espère-t-on, d’engager une nouvelle étape de la construction européenne et permettre conjointement la mise sur pied d’un plan A’ de désendettement, car il ne pourra pas être ignoré longtemps que l’actuel coince. Une chose a été de traiter avec la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, une toute autre affaire se présente avec l’Italie et la France, dont la trajectoire ne s’inscrira pas dans le cadre prescrit.

L’heure est au bilan, et il n’est pas brillant. Le calme du marché obligataire est fragile et l’euphorie des marchés signe d’inquiétude. Les dettes publiques et privées sont toujours aussi étroitement liées entre elles et la BCE ainsi que les banques centrales nationales regroupées dans l’Eurosystème ont accueilli d’importantes quantités de créances obligataires, leur faisant supporter le risque de défauts. La politique de prêts conditionnels a eu pour effet de plonger la zone euro dans une quasi déflation et stagnation, et l’endettement public s’est accru, le désendettement restant dans ces conditions une vue de l’esprit. Enfin, si le parapluie de la BCE reste providentiel, le caractère dissuasif du programme OMT de la BCE pourrait cesser de produire ses effets, et le Mécanisme européen de stabilité (MES) s’avérer insuffisamment doté. Sans même parler du bricolage de l’Union bancaire et de la situation réelle des banques (selon Reuters, Dexia pourrait ainsi être exempté des stress tests à la demande de la BCE).

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L'actualité de demain : PIKETTY ET GRAEBER, DES ISSUES PAR LE HAUT, par François Leclerc

Billet invité

Alors que la lancinante question de la dette est une fois de plus de retour, mais cette fois-ci de l’autre côté de l’Atlantique, l’économiste Thomas Piketty et l’anthropologue David Graeber publient en France deux ouvrages (*) qui ont en commun de préconiser des solutions radicales. Le premier propose de lever un impôt mondial sur le patrimoine – occasion d’en faire l’inventaire détaillé – le second d’annuler une fois de plus la dette, en se référant à 5.000 ans d’histoire. Tous les deux s’inscrivent dans la perspective mondiale qui s’impose.

Au vu de la dimension qu’elle a progressivement atteinte, la dette est globalement insoutenable, il faudra bien un jour en convenir, même tardivement. La Grèce et le Portugal ne sont pas des cas particuliers, mais l’expression du cas général. Pour preuve, il suffit de remarquer que stopper sa progression est déjà insurmontable pour la première puissance économique mondiale, les États-Unis – seule Angela Merkel parlant de la réduire en Allemagne – et que rien aujourd’hui ne permet d’affirmer sans crainte d’être détrompé que les Européens pourront respecter les objectifs de stabilisation qu’ils se sont fixés. Mais c’est un tabou qu’il faut à tout prix respecter, car le bousculer est trop lourd de conséquences.

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L'actualité de la crise : VOUS AVEZ DIT ARISTOCRATIE ?, par François Leclerc

Billet invité

Parmi les idéologues qui, en toute indépendance d’esprit, pilotent la Banque centrale européenne (BCE), il n’est plus besoin de présenter son président, Jean-Claude Trichet, ou celui qui devait lui succéder, Axel Weber. En revanche, Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire, gagne a être lu.

Dans une interview au Monde daté de vendredi, il vient de résumer en une seule phrase la principale conclusion qu’il tire de la crise financière, caractérisée par une hypertrophie de la dette privée : « les pays doivent être moins libres d’émettre de la dette ».

Pour y parvenir, sa vision de l’avenir s’appuie sur deux piliers : l’automaticité des sanctions affectant les pays abusant de la « flexibilité d’augmenter les déficits publics », et la création d’une « agence européenne de la dette indépendante » (sur le modèle de la BCE), « qui lèverait les fonds à la place des États ». Ceux-ci perdraient donc leur indépendance fiscale au profit d’un organisme inaccessible et probablement aussi opaque que ne l’est la BCE.

Il a été rarement explicité avec autant de clarté les rêves les plus fous des néo-libéraux.

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