RIEN QUE DES BRAVES GENS… par François Leclerc

Billet invité.

On n’a pas fini de sortir des cadavres des placards : le Luxembourg favorisait à grande échelle l’optimisation fiscale de 340 grandes entreprises transnationales entre 2002 et 2010, du temps où Jean-Claude Juncker en était le premier ministre, et la BCE a en 2010 pratiqué un chantage caractérisé sur le gouvernement irlandais, afin que l’État fasse sa demande d’un plan de sauvetage et prenne à sa charge le sauvetage des banques du pays, et celles des banques européennes qui en étaient les créancières du même coup, du temps où Jean-Claude Trichet en était le président.

Les deux larrons sont pris la main dans le sac, et même si ce ne sont pas à proprement parler des révélations, les preuves en sont désormais étalées sur le tapis. Le Irish Times a publié la lettre adressée par la BCE au ministre irlandais des Finances de l’époque, Brian Lenihan, et le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a rendu public, sous le nom de Luxleaks, 28.000 pages de documents provenant de PriceWaterhouseCoopers, la grande société d’audit, de conseil et d’expertise comptable, en première ligne au nom de ses mandants lors de négociations fiscales à répétition sous couvert de la procédure du « tax ruling » luxembourgeoise.

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Taxe sur les transactions financières : UN ENTERREMENT QUI MANQUE DE CLASSE, par François Leclerc

Billet invité.

Attendons-nous au pire ! Après la conclusion d’un ersatz d’Union bancaire et dans l’attente du lever de rideau sur le projet de séparation des activités bancaires de la Commission, celui de la taxation des transactions financières va connaître une « avancée décisive », annonce Michel Sapin. Nous voguons d’audace en audace ! Afin d’impulser cette taxe, le ministre français ministre des Finances et des Comptes publics va lundi et mardi prochains retrouver ses homologues de l’Union européenne. Il serait en effet temps d’aboutir, si l’on se rappelle que son principe avait été adopté par le Parlement européen… en mars 2010, mais une question s’impose vu le contexte : que va-t-il rester des intentions initiales ?

Face au blocage britannique, une coopération renforcée entre onze pays a été finalement autorisée par le Conseil européen, à laquelle participent notamment l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Italie et l’Espagne. Afin de protéger la City, principale place mondiale où s’opèrent les transactions des produits dérivés, le Royaume-Uni a contesté cette décision devant la Cour européenne de justice, qui l’a rejeté en première instance tout en laissant la porte ouverte à un appel. Son souci pourrait se voir cependant exaucé par des voies plus détournées, à l’instigation d’autorités françaises et allemandes cherchant à protéger le volumineux négoce de leurs banques sur ce marché. La taxation des transactions sur les produits dérivés devrait être repoussée à plus tard, sinon à jamais.

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