L'actualité: quand les prévenus prononcent leur propre réquisitoire, par François Leclerc

Billet invité

QUAND LES PRÉVENUS PRONONCENT LEUR PROPRE RÉQUISITOIRE

Les dirigeants européens vont-ils réussir leur opération de relations publiques des stress tests de leurs banques, comme les Américains y étaient parvenus ?

A en croire Christine Lagarde, l’affaire est dans le sac, puisqu’elle a sans attendre annoncé lors des Rencontres d’Aix-en-Provence que les banques en triomphaient haut la main. Suscitant les commentaires sceptiques des esprits chagrins qui ont fait valoir qu’il paraissait prématuré d’en annoncer le résultat, alors que leurs paramètres mêmes semblaient faire encore l’objet d’ajustements.

L’affaire est mal engagée, ce qui tend à devenir une constante de toutes les opérations de sauvetage européennes de ces derniers temps. Non pas tant en raison de toutes les interrogations qui circulent – et pour lesquelles aucune réponse claire n’est disponible – que pour une simple et unique constatation.

De deux choses l’une, soit ces stress tests vont être l’occasion d’afficher la bonne santé des banques, et ils ne seront pas crédibles, ne serait-ce qu’en raison des précédents tests, dont c’était la conclusion avec la suite que l’on sait ; soit ils mettront en évidence des signes de faiblesse, soigneusement calibrés, et ils appelleront des recapitalisation pour lesquelles rien n’est prévu. Tout portant à croire que les paramètres des tests auront été déterminés en fonction du résultat que l’on voulait obtenir à l’arrivée.

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L'actualité de la crise: crise de la dette, phase II par François Leclerc

Billet invité.

CRISE DE LA DETTE, PHASE II

Nous sommes entrés dans la seconde phase de la crise de la dette publique, avec l’entrée en scène des Etats-Unis et du Japon aux côtés de l’Europe. Cela va désormais être à celui qui va bousculer les autres pour leur voler le rôle de vedette de l’actualité.

« L’économie (américaine) ne progresse pas aussi vite que nous voudrions » vient de reconnaître Barack Obama lors de sa causerie radiophonique hebdomadaire. Il en faut des précautions de langage, à un président, pour admettre que la croissance enregistrée ces derniers temps n’est qu’un feu de paille destiné à ne pas durer ! Alors que les effets des plans de soutien de l’Etat fédéral et du restockage des entreprises s’estompent et que rien n’est prévu pour la suite, si ce n’est la nécessité de réduire le déficit public.

Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, a pris moins de gants en déclarant devant une commission parlementaire que « notre économie traverse encore une période extrêmement difficile. Des millions d’Américains cherchent toujours du travail et continuent de souffrir des blessures causées par une récession forte ». Dans la foulée, il a aussi admis qu’elle devait faire face « à des défis considérables ».

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