LES AISES PRISES PAR LES TRANSNATIONALES, par François Leclerc

Billet invité.

Deux épisodes de l’actualité méritent d’être rapprochés : l’offensive de la Commission européenne contre l’évasion fiscale d’Apple, et le coup d’arrêt mis aux négociations commerciales avec les Américains dans le cadre du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP).

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CE N’EST PAS L’ENVIE QUI MANQUE ! par François Leclerc

Billet invité.

Matteo Renzi, le président du conseil italien, remettra-t-il en cadeau à François Hollande, à l’occasion de leur rencontre parisienne de demain, un exemplaire de la Constitution de son pays ? Celui-ci pourrait y lire que « l’Italie répudie la guerre » et ce serait un manquement à la courtoisie. Un sujet de conversation pourrait par contre s’imposer, le président français ayant été son incontestable source d’inspiration dans un autre domaine, comme il l’a implicitement reconnu en présentant à Rome un plan d’investissement dans la culture et la sécurité.

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PASSER PAR LE CHAS DE L'AIGUILLE, MAIS PASSER ! par François Leclerc

Billet invité.

Plus l’on se rapproche des échéances de la semaine – demain jeudi pour la BCE, et dimanche pour les élections grecques – plus les hypothèses se multiplient et le paysage se trouble. Sauf pour les Bourses, qui nous ont accoutumés à produire des signes d’impatience dans la période précédant les injections de liquidités des banques centrales, la grande question est celle de la Grèce.

Il en est plus attendu du traitement qui lui sera finalement réservé, quel que soit d’ailleurs le résultat des élections, que des effets du nouveau programme de la BCE, ce qui en dit long sur celui-ci. Ne pouvant en espérer une relance économique – déjà que le mirifique plan Juncker d’investissement s’est lamentablement dégonflé – il est espéré un assouplissement des contraintes infligées à la Grèce, sans le dire ouvertement. Signe précurseur, est-il espéré, d’une modération qui atteindrait toute l’Europe, ce tournant qui ne vient toujours pas. Le ministre des finances français Michel Sapin n’a pas exprimé autre chose dans les colonnes du Financial Times, depuis Tokyo, en préconisant des négociations entre le gouvernement grec issu des élections et les autorités de l’Union européenne.

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AU RADIO CROCHET, ILS SERAIENT DÉJÀ ÉLIMINÉS, par François Leclerc

Billet invité.

Les bras en tombent et les mots manquent ! Une mission française de la dernière chance dépêchée à Berlin, avec comme consigne de trouver un moyen de sauver la face, est revenue bredouille. Le terrain avait été préparé : il ne s’agissait pas d’un vulgaire marchandage (sic) entre les gouvernements allemand et français, et il était « simpliste » de parler d’un pacte, dixit Michel Sapin, le ministre français des finances, pas plus que demander une quelconque modification des règles budgétaires comme l’a affirmé en prologue Emmanuel Macron, ministre de l’économie. Résultat : en y mettant les formes, les deux parties ont donc d’un commun accord signifié qu’ils ne l’étaient pas.

Pas question d’investir sur fonds publics, ont fait à nouveau savoir Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel, les homologues des ministres français, les espoirs se reportant alors sur un catalogue de « propositions extrêmement concrètes » en cours d’élaboration, dont il faudra trouver le financement, en s’appuyant sur « la dynamique » que cela créera. « Chacun sait ce qu’il doit faire », a résumé Emmanuel Macron, ne pouvant mieux signifier que rien de commun n’était envisagé. Reste à connaître le sort qui va être réservé par Bruxelles au projet de budget 2015 français et à rédiger le communiqué du prochain sommet européen. Ils sont toujours à la tâche.

Mais comment combler ce vide sidéral ?

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Gros hoquet des marchés : PAS GLOP ! PAS GLOP ! (*) par François Leclerc

Billet invité

Tel un volcan qui donne soudainement les signes précurseur d’un réveil toujours possible, les marchés ont eu hier et poursuivent ce matin un gros hoquet, se rappelant ainsi à notre mauvais souvenir. De tous côtés, aux États-Unis, au Japon et en Europe, la situation reste précaire et les signes s’en sont dernièrement multipliés, les incertitudes sur l’atterrissage et la stabilisation de l’économie chinoise venant s’y ajouter. Aucun pays ne peut toujours se prévaloir d’avoir retrouvé une santé restant florissante.

Les marchés financiers ont hier perdu pied et Wall Street en a donné le signal à la suite de la publication de trois indicateurs indiquant une baisse des ventes au détail aux États-Unis, un fort ralentissement de la production industrielle dans la région de New York et un accroissement des stocks des entreprises. L’Allemagne venait tout juste d’envoyer de mauvais signaux. Les bourses européennes ont suivi et enregistré des baisses brutales, concédant jusqu’à plus de 6% à Athènes et de 3 à 4% en moyenne. A Tokyo, le Nikkei enchaînait ensuite à la baisse.

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AU CHEVET DE LA ZONE EURO, QUE FAIRE APRÈS LA SAIGNÉE ? par François Leclerc

Billet invité

Comment les dirigeants européens vont-ils sortir du pétrin dans lequel ils se sont fourrés (y conduisant leurs administrés) ? Sigmar Gabriel, le vice-chancelier social-démocrate allemand, a lancé un ballon d’essai en proposant d’adopter une nouvelle méthode de calcul du déficit excluant les dépenses occasionnées par les réformes, ce qui ne nécessiterait pas selon lui de modification d’un Traité figeant dans le marbre des règles qui se révèlent inapplicables. L’artiste travaille sans filet ! L’affaire est à réglage fin, puisqu’il n’est pas question de se déjuger ouvertement.

Angela Merkel a immédiatement rétorqué que le Traité était tabou, ce que l’on savait déjà. Et des rumeurs prématurées d’alliance franco-italienne ont surgi, laissant présager d’une offensive à Bruxelles, profitant de la présidence italienne de l’Union européenne. Reste à la voir se concrétiser. Afin de donner des gages, Matteo Renzi a proposé un accord donnant-donnant dont la maîtrise serait confiée à la Commission européenne : « vous avancez sur les réformes, et je vous accorde des délais de réduction du déficit », ce qui a l’avantage d’instaurer une souplesse devenue indispensable tout en préservant l’essentiel de ce qui doit être accompli. Comme si la réduction du déficit et de la dette n’étaient finalement que des prétextes, ce que tendrait à montrer la détente du marché obligataire qui se satisfait de leurs niveaux élevés, le marché ne jouant plus présentement les croquemitaines.

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Sur le mode du changement : PUSILLANIMITÉ ET LÉGÈRETÉ, par François Leclerc

Billet invité

Au train où vont les choses, les années passant, les autorités qui sont aux commandes ne sont pas prêtes à reprendre l’initiative sur le déroulement des opérations, alors que la faible volatilité qui est constatée sur les marchés est source d’inquiétude grandissante, comparée au calme qui précède la tempête. Sans savoir d’où viendra le prochain coup de tabac et quand il interviendra. Une incertitude qui résume l’opacité et la complexité d’un système financier en permanence proche du dérapage incontrôlé.

Seules quelques tentatives voient à peine le jour afin de prendre en compte ce qui s’observe comme le nez au milieu de la figure en Europe où c’est le plus flagrant : la voie empruntée n’est pas la bonne ! Plus réalistes, mais aussi aventuristes, d’autres persévèrent en ne poursuivant qu’un seul objectif : recommencer comme avant, en mieux naturellement !

Ne disposant jusqu’à maintenant que de deux options – aider sous conditions un pays si sa dette est soutenable, ou préconiser sa radicale restructuration dans le cas contraire – le FMI explore actuellement une troisième voie : donner du temps au pays pour la rembourser en allongeant sa maturité. Cette réflexion est issue en droite ligne de la situation grecque et du refus des autorités européennes de pratiquer une remise de peine en bonne et due forme, alors que depuis des mois le FMI la proclame inévitable. Ne pouvant l’obtenir, cette nouvelle politique pourrait, une fois adoptée, donner un peu de souplesse à un désendettement des États qui coince irrémédiablement, en application du vieux principe selon lequel quand on ne sait pas quoi faire, il faut gagner du temps. Elle pourrait être ultérieurement utilisée avec d’autres pays, les candidats ne manquant pas. Le dos au mur, il n’est toutefois toujours pas question d’admettre qu’il faudra en passer par plus radical !

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