L'actualité de la crise : UN PLAN A’ VIRTUEL, par François Leclerc

Billet invité

Pour ceux qui ne veulent voir dans la responsabilité de la crise que la construction imparfaite de l’euro, les nouvelles en provenance du Royaume-Uni devraient être passablement perturbantes, puisque le pays ne fait pas partie de la zone euro. À leur sujet, on pense à la singulière explication que vient de délivrer Mario Draghi : « À l’origine, il y avait une rupture de confiance dans la zone euro entre les pays qui respectaient toujours, ou la plupart du temps, la sagesse budgétaire, et les pays qui ne le faisaient pas. Ces deux dernières années, il s’est agi de reconstruire la confiance et pour cela les pays ont consenti des règles budgétaires plus strictes ».

Pour ceux qui ne voient d’issue que dans l’austérité et le désendettement des États, les récentes remarques d’Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, doivent sonner étrangement : « La réduction des déficits, qui s’est pour le moment bien plus déployée en Europe qu’aux États-Unis, a eu un impact considérable sur la croissance. Si vous regardez pays par pays, vous arriverez à la conclusion que les pays qui ont mis en place les plans de réduction les plus drastiques sont ceux qui ont le moins de croissance ».

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L'actualité de la crise : LE GARROT ET LA CORDE RAIDE, par François Leclerc

Billet invité

Il serait hélas fastidieux d’énumérer les mesures qui, en Europe, convergent vers une diminution des salaires, des retraites, et des prestations sociales, ou contribuent à la baisse des crédits pour la santé et l’éducation. D’autres, destinées aux revenus élevés, tentent symboliquement de rétablir, au nom d’une justice qui peine à être trouvée, un soi-disant équilibre et témoignent que les gouvernements sont sur la corde raide. Affaire de communication plus que de juste politique, est-il ressenti.

Tour à tour, les mesures de rigueur étranglent progressivement ceux qui n’ont d’autre refuge que leur propre pays et d’autres ressources que leur salaire. À l’œuvre, la pratique du garrot est le triste pendant de la théorie du culbuto qui veut que tout reviendra comme avant. Tristes foutaises qui s’alimentent aux dogmes de la pensée unique !

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L'actualité de la crise : L'INCONSÉQUENCE N’EST PAS NON PLUS UNE STRATÉGIE, par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement espagnol persiste : « Il n’est pas prévu que l’Espagne demande de l’aide au fonds [pour qu’il achète de sa dette]. Cela ne s’est pas produit et ne se produira jamais ». Outre son caractère imprudent, cette affirmation péremptoire de Inigo Fernandez de Mesa, le secrétaire général du Trésor, a une signification : cette obstination revient à continuer d’emprunter sur le marché à des taux très élevés, à enchérir le coût de la dette et à accroître la peine des Espagnols en la rallongeant sans savoir jusqu’à quand. Pour démontrer quoi ?

Il y a quelques jours, David Cameron avait pris moins de gants – mettant sur les dos de pronostiqueurs défaillants son insuccès sans pour autant dévoiler son propre pronostic – en annonçant non sans désinvolture : « Il ne me semble pas que le relâchement de la pression soit pour bientôt ». Devant bientôt être suivie par la Grèce, le Portugal et l’Irlande, l’Espagne a déjà bénéficié d’une année de grâce pour revenir dans les clous. Partout l’étalement dans le temps du désendettement et le renforcement de l’austérité qui l’accompagne sont les seules promesses qui restent disponibles, à condition qu’il n’y ait pas d’accident de parcours comme ceux que l’on tente d’éviter un ce moment.

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L'actualité de la crise : ON ATTEND LA BCE, AURONS-NOUS LA FED ? par François Leclerc

Billet invité

Le comité monétaire de la banque centrale américaine va se réunir mardi et mercredi, dans le contexte d’un nouveau ralentissement de la croissance du pays – +1,5% au second trimestre – qui se poursuit depuis le début de l’année. Que va-t-il bien pouvoir décider cette fois-ci ?

Deux opérations successives de quantitative easing (assouplissement quantitatif) baptisées QE1 et QE2 ont déjà permis à la Fed d’injecter 2.300 milliards de dollars en achetant des obligations du Trésor ou des titres émis par des organismes de refinancement hypothécaires. Une troisième opération de création monétaire est depuis pendante, au vu des résultats mitigés des deux précédentes.

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L'actualité de la crise: elle tourne et elle rode, par François Leclerc

Billet invité.

ELLE TOURNE ET ELLE RODE

Après avoir sévi sous sa forme aiguë en Europe – où une pause prévaut actuellement – elle menace les Etats-Unis, hier présentés comme relevant les premiers la tête et aujourd’hui devancés d’une longueur par les Européens. Comment s’y retrouver se lamentent les chroniqueurs à la mode d’antan ?

En Asie, les Japonais continuent d’être désespérément envasés dans une déflation endémique, tandis que les Chinois tentent de dégonfler leur gigantesque bulle financière immobilière, devenue noire et menaçante. Celle-ci, résultat de leur tentative de relance précipitée et massive, illustre par ses résultats malencontreux qu’ils continuent de dépendre de la poursuite de leurs exportations vers l’Occident. Ainsi, en interne, qu’un modèle de développement privilégiant la montée des inégalités.

Le développement de leur marché intérieur est décidément une entreprise de longue haleine, auquel ils ont tourné le dos en s’inscrivant dans la logique de la globalisation, et qui nécessitera des remises en cause dont on peut se demander s’ils seront en mesure de les accomplir, vu les intérêts en jeu. Ce n’est pas un problème propre à la Chine, il est partagé par toutes les puissances émergentes.

On ne peut toutefois pas s’en tenir à cette vision du monde région par région. Si la crise ne se manifeste pas simultanément partout de la même manière, elle n’en est pas moins globale.

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L'actualité de la crise : où sont les issues de secours ? par François Leclerc

Billet invité

OU SONT LES ISSUES DE SECOURS ?

A leur rythme et selon leur logique, les deux crises de la dette publique et privée se poursuivent en s’alimentant mutuellement. Telle une contagion croisée désormais durablement inscrite dans le paysage. Les issues de chacune d’entre elles sont bien recherchées, mais elles restent introuvables.

La réduction des déficits publics ne va pas aller sans accroître le mal existant, suscitant des effets secondaires très indésirables, tandis que le lent rétablissement par lui-même du système financier, toujours incapable de fonctionner sans le soutien massif des banques centrales, vient de trébucher en Europe à nouveau.

Echappée quelque temps, l’Europe est en passe d’être rejointe par le Japon, qui met à son tour l’accent sur la réduction prioritaire de son déficit public, tandis que les Américains continuent, mais ce ne peut être que provisoire, de temporiser. Devant le parlement, Naoto Kan, le nouveau premier ministre japonais, a placé son entrée en fonction sous le signe du « risque d’effondrement financier » qui résulterait à terme, selon lui, de la colossale dette du Japon, car « nos finances sont les pires des pays développés » (la dette y atteint 200% du PIB).

Toujours reculées, des mesures fiscales sont à l’étude, notamment une augmentation de la TVA. Elles pèseront sur la consommation intérieure et rendront le pays encore plus dépendant pour sa croissance de son commerce extérieur. Tout le contraire de ce qui est préconisé par les organisations internationales, au nom de la lutte contre un déséquilibre global qui au contraire s’amplifie. Les récentes statistiques américaines montrent que le déficit commercial avec la Chine continue de croître.

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L'actualité de la crise: atteint en plein coeur, par François Leclerc

Billet invité.

ATTEINT EN PLEIN COEUR

Les projecteurs s’éteignent progressivement sur Dubai, mais l’alerte aura été chaude. C’est ce qui en sera retenu en attendant la prochaine, les candidatures ne manquant pas pour la susciter. De nouvelles plaies financières, s’ajoutant aux précédentes, vont devoir être pansées à l’abri des regards. Les banques britanniques, qui n’en avaient pas besoin, s’avérant les plus exposées du monde occidental. Le Royaume-Uni figurant de plus en plus sur la liste qui s’allonge des pays particulièrement à problème.

Avec fracas, le Japon vient de se manifester à son tour, ayant replongé dans la déflation, subissant de plein fouet la faiblesse renouvelée d’un dollar surenchérissant le yen et faisant obstacle aux exportations. Le pays a du recourir massivement et dans l’urgence à la création monétaire via sa banque centrale (l’équivalent de 77 milliards d’euros). Afin de financer un nouveau plan de relance gouvernemental, ainsi que soulager un système bancaire déjà gorgé d’obligations publiques, notoirement caractérisé par une énorme carence en fonds propres. En résumé : la BoJ (Bank of Japan) sauve les banques qui financent l’Etat. Mais rien n’y fait jusque là.

Hier c’était l’Allemagne, première puissance économique européenne, qui envoyait ses signaux inquiétants. Aujourd’hui, c’est le Japon, deuxième puissance mondiale. Il n’y a donc pas que les petits pays, plus vulnérables, qui connaissent d’inextricables situations. C’est au coeur de ses mécanismes que le système est atteint. S’il en fallait une illustration de plus, il suffirait de se référer aux conclusions d’une étude d’impact du Comité de Bâle (cette émanation de la Banque des règlements internationaux), selon laquelle les banques vont devoir, en moyenne, tripler leurs fonds propres afin de faire face à leurs risques, en application des nouvelles normes prudentielles du Comité, dont les recommandations ont été dans leurs grandes lignes formulées en juillet dernier. C’est gigantesque, à la mesure des problèmes qui doivent être résolus, et va créer aux banques de très sérieuses difficultés afin d’y parvenir. Avec le risque qu’il soit fait appel aux petits génies de la finance afin de remplir formellement ces nouvelles obligations, expliquant aussi l’acharnement des banques sur ce dossier pour s’y dérober.

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