La recherche vaine d’une normalité perdue

Le FMI met les pieds dans le plat dans son dernier rapport en faisant remarquer que le confinement peut être malgré tout préférable en dépit de ses conséquences économiques néfastes à court terme, prenant à contrepied le discours ambiant. Ses propos iconoclastes ne s’arrêtent pas là.

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La tête dans le sable

Au bilan de ce nouveau sommet, de laborieux compromis à propos de la Biélorussie et de la Turquie ont été adoptés sur le thème du « retenez-moi ou je fais un malheur ». Il ressort bien peu de concret du sommet, si ce n’est… la convocation d’un prochain sommet informel en novembre, qui sera consacré aux relations avec la Chine. Celles avec la Russie n’ont pas cet honneur. La réduction des dépendances stratégiques européennes vis à vis des États-Unis ont également conduit les chefs d’État et de gouvernement à demander à la Commission de tardivement concentrer ses efforts financiers dans le domaine des nouvelles technologies.

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Premiers craquements dans la digue

Comment opérer le tournant  devant les besoins de financement et répondre à la question qui va devenir lancinante : comment régler l’addition finale ? Elle n’est pas posée ouvertement encore, mais le mur des idées convenues se lézarde.

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Le pragmatisme des banquiers centraux

La BCE ne dévoile pas encore ses batteries depuis l’annonce par Mario Draghi, prochainement sur le départ, que les achats d’obligations pourraient reprendre si l’inflation ne repartait pas. Selon son économiste en chef Philip Lane, « ses dirigeants doivent aussi être ouverts à de nouvelles idées et de nouvelles méthodes » bien qu’ils disposent de marge de manœuvre pour engager un nouvel assouplissement monétaire afin d’accomplir son mandat.

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Les banquiers centraux sont des magiciens

Un spectre hante les banquiers centraux qui n’en parlent jamais, celui de la « japonisation » qui pourrait les atteindre ; le risque de tomber à leur tour dans le « piège à liquidité », prédit par Keynes, d’où la Banque du Japon ne parvient toujours pas à sortir en dépit de ses tentatives sans fin et sans résultat de relance de l’inflation.

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Le désendettement, un débat mené à reculons quand il devient inévitable

Le débat clé sur le meilleur moyen de réduire l’endettement massif rejaillit à propos de l’Italie après être réapparu en Grèce. On sait qu’il n’y a pas trente-six mille manières d’y parvenir, une forte inflation et une forte croissance étant les préférables. Par défaut, il ne reste que le réaménagement de la dette, et dans les cas ultimes sa restructuration. Mais, longtemps monnaie courante, cette dernière option est devenue un interdit, au nom des intérêts supérieurs du système financier.

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LA POLITIQUE DU GROS DOS A BON DOS, par François Leclerc

Billet invité.

Imparfaitement construite, l’union monétaire est-elle condamnée au démantèlement ou peut-elle se renforcer et comment ? Il fallut se rendre à l’évidence qu’elle n’était pas bien armée lorsque la crise bancaire est brutalement intervenue, suivie par celle de la dette souveraine puis par l’interaction entre les deux. La philosophie du Traité de Maastricht voulant que chacun de ses signataires en fasse son affaire rencontrait alors ses limites, qui n’ont pas depuis été repoussées.

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LES PORTUGAIS NE SE LAISSENT PAS FAIRE, par François Leclerc

Billet invité

« Préparer la restructuration de la dette pour disposer d’une croissance durable » : c’est sous ce titre que soixante-dix Portugais de tous bords lancent un gros pavé dans la mare européenne sous la forme d’un long manifeste (en Portugais) très argumenté. Dans la liste impressionnante des signataires, on trouve aussi bien d’anciens ministres, des dirigeants politiques allant du centre droit à l’extrême-gauche, ainsi que des syndicalistes et des chefs d’entreprises. En dépit de ce qui les oppose sur la scène portugaise, ils préconisent ensemble une restructuration de dette s’appuyant sur trois principes : une décote la ramenant à 60 % du PIB, un solde dont la maturité est modifiée pour atteindre 40 ans et un taux d’intérêt diminué.

Comme seule réponse, le premier ministre Pedro Passos Coelho, a répliqué que ce texte « niait la réalité », traduisant un grand embarras en raison de son isolement politique.

Les signataires n’ont pas fait de leur réflexion une affaire uniquement portugaise, précisant que « le Portugal n’est pas un cas unique » et considérant « qu’aucune stratégie de lutte contre la crise ne peut réussir si elle ne s’inscrit pas dans un processus soutenant la croissance économique et l’emploi, dans un contexte de cohésion nationale et de solidarité », pour affirmer : « une restructuration de la dette est une condition sine qua non pour atteindre ces objectifs. »

« Il n’y a a pas de raison que la Grèce soit moins capable que l’Irlande, le Portugal ou Chypre de rejoindre le groupe des pays à succès ». C’est par cette brillante péroraison que José Manuel Durão Barroso, ancien premier ministre portugais et président sortant de la Commission européenne, a apostrophé les dirigeants grecs à Athènes le 8 mars dernier. Sans doute ne lit-il plus la presse de son pays.

L'actualité de demain : ÉPINEUSES QUESTIONS SANS RÉPONSE, par François Leclerc

Billet invité. Paul Jorion : La proposition que j’ai faite l’année dernière, d’un défaut généralisé des nations constituant la zone euro (ici et ) a d’abord été écartée d’un revers de main mais on commence à s’y intéresser et on m’invite à venir l’exposer en novembre devant le Parlement européen (j’en dirai plus à ce sujet très bientôt).

Évoque-t-on des questions épineuses alors qu’elles ne se posent pas ? On peut se le demander, à prendre connaissance de l’intervention de Christine Lagarde aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Certes, elle ne parvient pas à “imaginer un instant que toutes les économies avancées se retrouvent au Club de Paris dans une perspective de restructuration des dettes globale” ; mais elle enchaîne en remarquant qu’un tel niveau moyen d’endettement n’avait de précédent qu’en 1880, à l’exception d’un intermède durant la seconde guerre mondiale, et constate que les dettes publiques se sont “considérablement alourdies à l’occasion des différents plans de relance mis en œuvre au cours de l’année 2009 en particulier”. Encore un membre de la cinquième colonne ? ce serait trop fort !

Sans trop s’avancer et pour prendre date, elle en a tiré comme conclusion que “il va falloir repenser un certain nombre d’éléments”, en référence à des aspects économiques, financiers et juridiques qu’elle n’a pas identifiés plus avant, mais sur lesquels on sait que le FMI travaille déjà activement. Elle n’avait pas seulement en tête la solvabilité de la Grèce, qui se pose à nouveau, mais aussi le litige devant les tribunaux américains qui oppose le gouvernement argentin et un fonds vautour.

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L'actualité de demain : L'UNITÉ DE LA TROÏKA FAIT QUESTION, par François Leclerc

Billet invité.

A la lecture des innombrables commentaires auquel l’autocritique du FMI à propos de la Grèce a donné lieu, comment ne pas être frappé qu’ils vont rarement à l’essentiel ? Une entorse a été faite à ses principes à l’occasion du sauvetage qui fait l’objet de cet examen critique, reconnaît son rapport, qu’il n’entend pas renouveler. La règle du jeu est connue : le fonds ne s’engage financièrement que lorsque les conditions de son remboursement sont réunies, c’est-à-dire lorsque la dette du pays en question est considérée comme soutenable. Or, en Grèce, elle ne l’était pas (et ne l’est toujours pas) !

Mais pourquoi donc le FMI a-t-il consenti à déroger à ses principes ? À la demande des autorités européennes révèle-t-il, auxquelles il a eu rétrospectivement tort de céder. Quelles étaient donc les raisons de celles-ci ? Elles arguent aujourd’hui que le danger systémique était trop important et que le Mécanisme européen de stabilité (MES) n’était pas en place. Est-ce bien la vraie raison ? Faut-il rappeler que les banques allemandes étaient à l’époque du sauvetage en question exposées à la dette publique grecque à hauteur de 15,5 milliards d’euros et les françaises 10,3 milliards ? L’exposition de l’ensemble des banques européennes s’élevait à 52,3 milliards d’euros. Ce sont elles qu’il fallait protéger, ni plus ni moins ! C’était cela, « le danger systémique » qui n’est pas identifié !

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