L'actualité de la crise: la crise dans la crise, par François Leclerc

Bilet invité.

LA CRISE DANS LA CRISE

Nous en étions resté à l’idée que la machine à faire des dettes était en panne, mais que la machine de secours avait été lancée. Faisant par conséquent redémarrer la machine à faire des bulles. Avec cette nouvelle singularité que celle-ci en fabriquait cette fois-ci deux simultanément ! Une bulle résultant de la spéculation boursière, utilisant la masse de liquidités disponible, une autre ayant pour origine l’accroissement de la dette publique et l’émission obligataire en découlant. Remarquant que si ces deux bulles font désormais l’objet de mises en garde à voix de plus en plus haute, cela ne les empêche pas de prospérer. Leurs effets secondaires incontrôlables et indésirables résultant du traitement prescrit pour guérir la crise, qu’il faut suivre jusqu’au bout, car il n’y en aurait pas d’autre possible.

Un chercheur de la Banque des règlements internationaux a même eu tout dernièrement cette splendide image, pour parler de la conduite actuelle de l’économie : il a déploré qu’il ne soit regardé que dans le rétroviseur (afin de fuir le plus vite possible la chute libre de la phase précédente et aiguë de la crise), sans prendre la peine de regarder devant (le nouveau mur qui est en train d’être consciencieusement bâti). L’histoire ne se répétant pas, il est effet peu probable que la crise dans la crise qui monte et se précise aura à nouveau pour origine les subprimes et les CDS. Le mal est fait et perdure. Encore que le taux de défauts des crédits hypothécaires et la baisse du prix de l’immobilier n’aient pas dit leur dernier mot (notamment dans le secteur commercial). D’où va-t-elle bien sinon pouvoir venir  ?

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L'actualité de la crise: la transparence réservée à la théorie et l'opacité à la pratique, par François Leclerc

Billet invité.

LA TRANSPARENCE RESERVEE A LA THEORIE ET L’OPACITE A LA PRATIQUE

Les banques, encore les banques !… Quand elles ne soulèvent pas l’indignation en raison des résultats qu’elles annoncent ou des bonus qu’elles distribuent, elles inquiètent en raison du renforcement de leur concentration et de leurs tentatives d’échapper à une réglementation plus stricte. A cause aussi de leurs activités à nouveau débridées sur les marchés financiers. Ou bien encore de la tarification de leurs services de base, qu’il est désormais préférable de regarder de près. Elles ont été à l’origine de la crise, partie la plus visible d’un monde financier largement dans l’ombre, puis ont imposé aux gouvernements – qui n’ont pas cherché à s’y dérober – des sauvetages dispendieux et à nos frais. On ne sait plus aujourd’hui ce qu’il faut en penser, entre l’annonce des résultats mirobolants de certaines et la faiblesse de beaucoup d’autres, se demandant même si les premières ne nous cachent pas quelque chose. Ayant observé et compris que la transparence était réservée à la théorie, l’opacité à la pratique.

Ces banques, objets de nos colères rentrées (quand elles ne sortent pas), restent investies d’un rôle déterminant vis à vis de l’économie, quand bien même elles continuent de ne pas remplir correctement leur mission d’intermédiation. C’est à ce titre que nous continuons de les suivre à la trace, non uniquement parce qu’elles continuent d’alimenter une crise économique endémique, mais aussi en raison du fait qu’elles en préparent un rebondissement. De trois manières complémentaires : en continuant de refuser d’assumer leurs responsabilités financières et de se défausser sur les autres ; en recommençant à jouer au casino et en constituant une nouvelle bulle financière ; en s’arc-boutant pour éviter que des mesures effectives de réglementation de leurs activités soient prises.

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L'actualité de la crise: la machine à faire des bulles, par François Leclerc

Billet invité.

LA MACHINE A FAIRE DES BULLES

Les ministres des finances du G20 se réunissent en Ecosse ce soir et demain, l’occasion de faire un nouveau point de la situation, pour eux comme pour nous ! En lever de rideau de la conférence, les commentaires vont bon train dans la presse à propos du climat particulièrement rude et pluvieux du lieu, présenté comme symbole d’importantes divergences présumées entre les participants, à défaut de pouvoir rendre compte de celles-ci.

Alistair Darling, Chancelier de l’Echiquier Britannique et hôte de la réunion, a pourtant donné une forte indication à ce propos, lançant en préalable à celle-ci un avertissement, à l’occasion d’une intervention sur TV Bloomberg. Il a estimé qu’il était nécessaire pour le G20 de disposer d’un moyen (non identifié par ses soins) pour lutter contre les bulles formées par l’augmentation du prix des actifs, avant qu’il ne soit trop tard et alors que l’économie récupère : « Nous ne devons pas nous retrouver dans une situation où la pression monte, puis devient de plus en plus forte, pour se conclure avec des conséquences catastrophiques ». Alors que les ministres s’apprêtaient à vainement discuter de la manière dont ils pourraient s’y prendre pour diminuer les efforts publics (et les déficits), Alistair Darling leur a rappelé qu’une autre question méritait tout autant leur attention, elle aussi sans solution immédiate.

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