Europe : DEUX PÉTARDS DONT LES MÈCHES SONT ALLUMÉES POUR DE VRAI, par François Leclerc

Billet invité.

Nul besoin d’emphase pour prédire que la période à venir va être un peu mouvementée en Europe. Inutile également de fouiller en tous sens les grands dossiers qui restent désespérément ouverts et sans solution pour le montrer.

On en saura plus dès demain sur le programme d’achat d’Asset-backed securities (ABS) de la BCE, de plus en plus présenté comme sa dernière carte à jouer avant l’utilisation de l’arme atomique : un programme massif de création monétaire reposant sur l’achat de titres souverains. Il ne s’agit pas encore de cela, il s’en faut, mais cela coince déjà fortement entre la majorité des gouverneurs de la BCE d’un côté, et la Bundesbank dont le président est l’un d’entre eux ainsi que le gouvernement allemand de l’autre. Sans même éclairer tous les ténébreux recoins de cette tentative de l’avant-dernière chance, il est clair que les obstacles rencontrés par le président de la BCE sont nombreux et que ses chances de réussite ne le sont pas.

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L'actualité de demain : LES CONTRADICTIONS DE LA POLITIQUE ALLEMANDE, par François Leclerc

Billet invité

La Cour constitutionnelle allemande mène des auditions à propos du programme OMT (1) de la BCE, afin de déterminer s’il est conforme à la Constitution. Celle-ci n’étant pas sous la juridiction de la Cour de Karlsruhe, l’enjeu est ailleurs comme vient de le déclarer Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, qui craint que la décision de la Cour ait des « conséquences graves », qu’il ne précise pas.

Peut-être germent-elles déjà, à la lecture d’un article de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) faisant état d’une déclaration de la BCE devant la Cour. Selon celle-ci, l’OMT serait un programme non pas « illimité », ainsi que cela a été officiellement affirmé, mais dans la pratique plafonné à 524 milliards d’euros, ce qui en diminue considérablement la portée potentielle. Cela serait dû au fait qu’il ne concerne que l’achat d’obligations assorties d’une maturité au maximum de trois ans et que le montant évoqué est celui des obligations de cette catégorie émises par le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande. Cette estimation ne prend cependant pas en compte, peut-on remarquer, que ces États pourraient émettre davantage de titres à faible maturité pour couvrir le roulement de leur dette, avec comme inconvénient d’en diminuer la maturité moyenne.

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L'actualité de demain : LE BONHEUR DES UNS…, par François Leclerc

Billet invité

Qu’il est dur de faire le bonheur des gens malgré eux ! C’est ce que doivent se dire les responsables politiques européens, voyant leurs homologues italiens traités de zombies par Beppe Grillo, alors qu’ils tentent de sauver du naufrage non pas l’Espagne, comme prétend y être parvenu Mariano Rajoy, mais leur stratégie de désendettement en affichant sa réussite.

Elle ne va pourtant pas de soi. En Espagne, précisément, le déficit public aurait atteint 10,2 % du PIB en 2012, et non 6,7 % comme annoncé par le premier ministre, si l’on tient compte du sauvetage des banques qui a transité par le budget de l’État. Le gouvernement reconnait une récession de -1,4 % du PIB, qui va se poursuivre cette année, des chiffres qu’il faut tous prendre avec des pincettes. Le fond de la crise immobilière est loin d’être touché et les 40 milliards d’euros d’aide européenne destinés à renflouer les banques ne seront pas suffisants. La recherche d’une assistance financière à la Sareb, la bad bank espagnole, déstabilise paradoxalement les banques, car les décotes des actifs qu’elle annonce – pour attirer en son sein les investisseurs – sont très largement supérieures à celles que les banques ont adoptées ! C’est cela ou faire intégralement supporter par les finances publiques le risque que représente la Sareb, qui est destinée à recevoir 60 milliards d’actifs… Les pertes doivent toujours se trouver quelque part !

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L'actualité de demain : CE N'EST PAS TOUT D'Y ENTRER, IL FAUT AUSSI EN SORTIR…, par François Leclerc

Billet invité.

Placés devant l’échéance de la sortie de leur plan de sauvetage, respectivement en 2013 et 2014, les gouvernements irlandais et portugais engagent des préparatifs et des négociations afin d’y parvenir, tandis que celui de Madrid ne demande toujours pas à y entrer, n’ayant pas obtenu de la BCE de garantie sur le taux d’intérêt auquel ses émissions obligataires seraient assujetties dans le cadre du programme OMT. Dans l’immédiat, le gouvernement espagnol accélère son programme d’émissions obligataires de l’année, afin de profiter de la détente actuelle sur les taux : un moindre mal.

Les uns et les autres testent prudemment le marché obligataire, privilégiant la formule des prêts syndiqués (des banques sont chargées de les placer directement auprès d’investisseurs qu’elles recherchent), enregistrant la poursuite d’une détente qui, pour significative qu’elle soit, maintient le coût du roulement de leur dette et du financement de leur déficit à un niveau restant très élevé sur le marché. Lisbonne et Dublin ont également demandé en début de semaine à l’Eurogroupe le rallongement du calendrier de remboursement des prêts européens, arguant dans le cas du Portugal du fait que de lourdes échéances se présentent en 2014, 2015 et 2016. Mais ils devront repasser devant l’Ecofin, où siègent les ministres des finances des 27.

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