Le monde s’emmure

Trois jours après le débarquement des réfugiés transportés par l’Open Arms sur injonction d’un procureur italien, l’Ocean Viking, sans pouvoir lui-même pénétrer dans les eaux territoriales maltaises et se ravitailler, a transbordé en mer sur des garde-côtes ses 356 rescapés qui ont été ensuite débarqués à Malte et seront répartis entre six pays volontaires (Allemagne, France, Irlande, Luxembourg, Portugal et Roumanie).

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Ces valeurs qui sombrent irrémédiablement

Le Mussolini au petit pied vient d’en rajouter à l’ignominie dont il fait son ordinaire. Un accord de répartition par six pays des réfugiés à bord de l’Open Arms étant intervenu, il n’a autorisé, à contrecœur a-t-il précisé, que le débarquement de 27 mineurs non accompagnés.

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Une désinvolture largement partagée

De qui faut-il s’horrifier, de la désinvolture cynique de Matteo Salvini ou de la paralysie des autorités européennes qui s’y apparente ? À nouveau, celles-ci se retrouvent confrontées à une situation devenue répétitive : l’Ocean Viking et l’Open Arms ont à leur bord plus de 500 réfugiés sauvés en mer d’une mort certaine et ne sont pas autorisés à les débarquer dans un port sûr, comme l’exigent les conventions internationales, faute d’un accord préalable de répartition de leur prise en charge.

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Ils n’en ont pas fini avec les ONG en Méditerranée

En trois années de campagne avant d’avoir été immobilisé pour avoir perdu son pavillon, l’Aquarius aura secouru 30.000 réfugiés en mer Méditerranée. Combien de temps le nouveau venu « Ocean-Viking » qui vient d’être annoncé tiendra-t-il ?

SOS Méditerranée a affrété avec Médecins sans frontières cet ancien navire de 69 mètres de long d’assistance aux plate-formes pétrolières, afin qu’il patrouille dans une vaste zone au large des côtes libyennes où 426 réfugiés ont trouvé la mort depuis le début de l’année. La nouvelle équipe va prendre le relais de celle de « Sea-Watch 3 », dont le navire est immobilisé dans le port italien de Lampedusa, et maintenir la présence symbolique et active des ONG.


Coïncidence, les autorités européennes se réunissent lundi avec les responsables de l’agence Frontex, du HCR et de l’OIM (l’Organisation internationale des migrations). Ils n’ont pas comme intention d’étudier la réforme des accords et du mécanisme de Dublin, qui est résolument au point mort, mais d’éviter la répétition des longues tractations menées aux fins de répartition des réfugiés pour qu’ils puissent être sans délais débarqués dans un port européen, une fois secourus en pleine mer. La détérioration de la situation en Libye, qui participe de la dénonciation de la carence actuelle a également favorisé cette initiative franco-allemande qui devrait aboutir à l’engagement d’une quinzaine de pays européens, est-il espéré.

Dans le projet d’accord-cadre, informe Le Monde, figure « une relocalisation rapide des arrivants dans d’autres pays que ceux où ils débarquent et une procédure accélérée de retour pour ceux qui ne peuvent prétendre au statut de réfugié. » L’intervention des navires des ONG est encadrée et il est question d’un nouveau renforcement des moyens en garde-côtes de la Libye, car tout doit être fait pour que les réfugiés soient interceptés avant qu’ils ne quittent ses eaux territoriales afin d’être reconduits dans des camps de détention où ils sont traités de manière indigne.

Ne voulant pas le voir, les autorités européennes tentent de se donner bonne conscience à peu de frais avec ce nouveau mécanisme qui ambitionne d’accueillir tout au plus quelques dizaines de réfugiés sauvés de la noyade et ayant échappé à l’interception des garde-côtes libyens. Après avoir tout fait pour les faire bloquer en Turquie, en Libye et au Niger. Mais cela ne donne pas toute la portée limitée d’engagements qui devraient n’être valables que jusqu’en octobre prochain, fin présumée de la période la plus propice aux départs clandestins…

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