ET LES ENFANTS ? LES ENFANTS AUSSI ! par François Leclerc

Billet invité.

Devant la baisse continue des ventes des poupées Barbie, le groupe américain Mattel a décidé de lancer « Hello Barbie », qui est connectée via le Wifi ou Bluetooth à Internet et à un serveur, ce qui permet d’écouter et de parler aux enfants. Commercial-Free Childhood, qui agit en défense des enfants, s’en est inquiété car ceux-ci « confient à leurs poupées des détails intimes sur leur vie ». Interrogé sur l’usage qui sera fait des enregistrements recueillis, ToyTalk, le partenaire technologique de Mattel, a seulement déclaré que les données ne seraient jamais utilisées à des fins publicitaires.
Continuer la lecture de ET LES ENFANTS ? LES ENFANTS AUSSI ! par François Leclerc

Europe – LE VER EST DANS LE FRUIT, par François Leclerc

Billet invité.

Les dés sont jetés, l’Eurogroupe a remis toute nouvelle négociation aux lendemains du référendum de dimanche prochain, et François Hollande en est pour une mise en demeure sans effet immédiat. Le « non » tient la corde dans les sondages, mais même un retour du « oui » ne changera pas la donne. Ce n’est plus le sort de la Grèce qui est en question, mais celui de l’Europe. Les gouvernements allemand et français ont divergé publiquement, François Hollande ne pouvant plus biaiser.

Continuer la lecture de Europe – LE VER EST DANS LE FRUIT, par François Leclerc

LA VIE PRIVÉE EN VOIE DE DISPARITION, par François Leclerc

Billet invité.

Edward Snowden va-t-il remporter une première victoire ? Ce sera le cas dimanche, si le Sénat ne vote pas in extremis la prolongation de la section 215 du Patriot Act. Celle-ci autorise la NSA a collecter et stocker les métadonnées des appels téléphoniques passés depuis les États-Unis, et il ne restera plus alors à l’agence de renseignement qu’à interrompre cette partie de son activité, qui est distincte de son principal outil d’espionnage légalisé, le programme mondial PRISM. Un moindre mal selon les experts, mais un acte symbolique fort.

Continuer la lecture de LA VIE PRIVÉE EN VOIE DE DISPARITION, par François Leclerc

Grèce : ENCORE DEUX SEMAINES AU PLUS… par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement grec a encore deux semaines de trésorerie devant lui au plus selon Yanis Varoufakis qui ne veut pas « tourner autour du pot ». Mais en dépit d’un ton accommodant, une sorte de supplice chinois est poursuivi. Réunion après réunion des « progrès » sont constatés par les dirigeants européens, mais il reste toujours « un effort à faire ». Les fameuses lignes rouges qu’ils se gardent d’identifier font toujours obstacle à l’accord qu’ils veulent imposer et qui porterait un nom : capitulation. Traçant au contraire ses lignes de défense, le ministre grec des finances a formulé deux principes de base : « mettre fin au cycle déflationniste » et « mieux répartir le fardeau des plus faibles sur les autres ».

Continuer la lecture de Grèce : ENCORE DEUX SEMAINES AU PLUS… par François Leclerc

LA NSA A DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE, par François Leclerc

Billet invité.

Dix-huit mois se sont écoulés depuis les révélations d’Edward Snowden et le Sénat américain vient d’étouffer dans l’œuf, au moins provisoirement, les timides velléités de réforme des activités généralisées d’espionnage de la National Security Agency (NSA).

Sous l’impulsion des sénateurs républicains, l’inscription à l’ordre du jour d’un projet de loi démocrate a été hier repoussé, au prétexte revendiqué de ne restreindre en rien les activités d’espionnage généralisé des réseaux de communication de la NSA. « Alors que les États-Unis mènent une campagne militaire pour affaiblir, démanteler et vaincre l’EIIL, ce n’est pas le moment d’examiner une proposition de loi qui supprime les outils dont nous avons besoin pour combattre l’EIIL », a déclaré le sénateur Mitch McConnell, leader du groupe républicain. Il y avait un avant et un après Snowden en raison du retentissement de son action, entendait-on dire, mais cela ne va pas empêcher la NSA de poursuivre comme avant.

Barack Obama s’étant appliqué à limiter les dégâts, la loi adoptée cet été par la Chambre des représentants n’était pas exempte d’importantes failles et de finesses permettant de se faufiler – à l’image des nouvelles réglementations financières – mais c’était encore trop pour les défenseurs de la NSA au Sénat. Exemple parmi d’autres, que doit-on exactement entendre par « cible » devant être préalablement autorisée par un juge pour être surveillée : une personne, un préfixe téléphonique, un code postal ou une ville entière ?

Continuer la lecture de LA NSA A DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE, par François Leclerc

WALL STREET/NSA MÊME COMBAT ? par François Leclerc

Billet invité.

Tenter de décrire un nouveau monde trop méconnu, celui des temps présents, dévoile des aspects de son fonctionnement ne figurant pas dans les récits qui en sont communément faits et dans lesquels nous nous reconnaissons. Cette opacité est à l’origine d’un sentiment diffus et confus se traduisant par le fameux « on nous cache quelque chose ! ». Celui-ci alimente les croyances complotistes latentes et enfouies, refuge tout trouvé pour se prémunir de la complexité du monde et la difficulté d’en comprendre les tenants et les aboutissants. Ainsi que pour voter à tort et de travers par défaut.

L’actualité ne manque pas d’occasions de l’illustrer. Dernière en date aux Etats-Unis, la nomination de Keith Alexander – l’ancien responsable de la National Security Agency (NSA) – comme consultant d’un groupe chargé d’assurer la coordination entre le gouvernement et les banques en matière de lutte contre les attaques informatiques. L’honorable espion s’est en effet reconverti et a fondé une société au nom évocateur : IronNet Cybersecurity Inc., puis a prospecté avec succès en dépit de tarifs estimés à un million de dollars par mois.

Continuer la lecture de WALL STREET/NSA MÊME COMBAT ? par François Leclerc

UNE SOCIÉTÉ DE SURVEILLANCE TRÈS AVANCÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Qu’ils s’appellent Google, Facebook, Vodafone, Cisco ou Microsoft, les grands acteurs américains d’Internet cherchent tous à convaincre leurs clients qu’ils ne sont pour rien dans les agissements de la NSA. Mais ils rencontrent une même difficulté pour le prouver, ce qui les conduit à passer à l’offensive pour se défendre. Le ver reste toutefois dans le fruit.

Robert Litt, le principal conseiller du Directeur du Renseignement National (ODNI) – qui coordonne les dix-sept agences de renseignement américaines – a déclaré « que c’est sans aucun doute une perte pour notre nation d’enregistrer que des compagnies abandonnent leur disposition à coopérer légalement et volontairement [avec ces agences] ». En d’autres termes, que cela réduit l’importante zone grise qui permettait beaucoup d’arrangements sans qu’un mandat ne soit nécessaire, comme A.T.&T. et Verizon l’ont confirmé en déclarant ne plus vouloir s’y prêter.

Continuer la lecture de UNE SOCIÉTÉ DE SURVEILLANCE TRÈS AVANCÉE, par François Leclerc

NSA, Snowden : QUAND LA CONNIVENCE L'EMPORTE, par François Leclerc

Billet invité

Décidé à marquer un grand coup, le Parquet fédéral allemand a décidé hier… l’ouverture d’une enquête à propos de l’écoute présumée du téléphone portable d’Angela Merkel, écartant purement et simplement celle de millions d’Allemands. Simultanément, la porte-parole adjointe du Département d’État américain, Marie Harf, suggérait d’utiliser les canaux diplomatiques, « le moyen le plus approprié » (et le plus discret) pour évoquer le sujet. Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière, a déclaré que le gouvernement n’avait « pas à agir » sur les décisions du Parquet fédéral. Questionné pour savoir s’il était envisagé d’entendre Edward Snowden dans le cadre de son enquête, le Procureur général a répondu : « nous n’en sommes pas encore là ! ».

Edward Snowden est à nouveau à la recherche d’un refuge en prévision de l’expiration en août prochain de son autorisation provisoire de séjour d’un an en Russie. Manuel Valls, le premier ministre français, n’est « pas favorable » à un accueil en France et Edward Snowden a fait part du bonheur qu’il aurait à vivre au Brésil, pays auquel il aurait selon lui adressé une demande d’asile restée sans réponse. Une pétition lancée par une cinquantaine de personnalités, dont Michel Rocard, Edgard Morin et Luc Ferry, demande au gouvernement français de lui accorder le statut de réfugié politique.

AVEC LA NSA, VOUS AVEZ DIT ANONYME ? par François Leclerc

Billet invité

Selon le New York Times et Laura Poitras de l’équipe de Glenn Greenwald, en plus de tout ce qui a été déjà dévoilé, des millions de photos de personnes seraient interceptées tous les jours par la NSA dans le cadre d’une collecte mondiale de données qui n’est pas au profit des nécessiteux. L’objectif est d’y puiser celles dont les visages peuvent être déjà identifiés par des technologies de reconnaissance faciale progressant à grands pas. On apprendra sans doute bientôt que la reconnaissance vocale est également mise à profit afin d’aider à identifier les interlocuteurs de communications téléphoniques, faute de pouvoir recueillir leur signature ADN via Internet.

Toutes les occasions sont bonnes pour constituer cette collection de photos sans équivalent, depuis les réseaux sociaux et les mails jusqu’à l’accès forcé aux bases de données existantes. Somme toute, les réseaux de caméras de surveillance qui poussent comme des champignons dans les villes ne sont que la face visible – et déjà banalisée – de la société de surveillance qui monte en puissance. Porteur avec les « objets connectés » de toutes les espérances de business futurs, le Big Data a trouvé avec la NSA son maître avant même d’exister. Non pas pour monétiser, mais pour encadrer. Tel un délire mégalomane (mais raisonné), un fichier des visages des habitants de la planète est en cours de création, au prétexte mis à toutes les sauces de reconnaître les terroristes quand ils modifient leur apparence. On reconnait la patte des militaires américains qui ne craignent jamais de surdimensionner leurs moyens. À lui seul, le gigantisme des opérations de la NSA doit faire réfléchir et devrait aboutir à le mettre hors-la-loi.

Mais la quasi-inexistence de réactions gouvernementales fait à ce propos contraste, comme si les protestations initiales et non renouvelées n’étaient que de principe et qu’il n’était pas sérieusement recherché l’arrêt pur et simple des pratiques dévoilées par Edward Snowden. Comme si celles-ci faisaient partie de ces activités bénéficiant d’une sorte d’impunité, supposées inaccessibles aux interdictions, comme le sont dans leur domaine de nombreux instruments financiers. Comme si afficher d’être démuni était une commodité du pouvoir. Il est vrai qu’avec la peur, le sentiment d’impuissance partagé est son plus précieux auxiliaire.

LES ACTIVITÉS ANTI-AMÉRICAINES DE LA NSA, par François Leclerc

Billet invité.

A leur rythme, de nouvelles révélations sur les activités d’espionnage tous azimuts de la NSA font surface. On a ainsi appris sur “The Intercept” que les quelques 300.000 habitants des Bahamas font l’objet d’une surveillance individuelle – à titre de banc d’essai est-il supposé – en s’abritant derrière un programme autorisé de la DEA, l’agence américaine de lutte contre la drogue. D’autres pays bénéficient sur différents continents de cette attention particulière : le Mexique, les Philippines, le Kenya (collecte des métadonnées uniquement pour eux trois) et un pays dont le nom n’a pas été dévoilé dont toutes les conversations sont comme aux Bahamas enregistrées.

D’autres aspects de l’activité de la NSA sont dévoilées. La parution dans No Place to Hide (Nulle part où se cacher), le livre de Glenn Greenwald, de photos illustrant le chargement sur des routeurs et serveurs, après interception au cours de leur livraison, de logiciels permettant ensuite d’accéder aux réseaux où ils sont connectés a déclenché la réaction publique du PDG de Cisco, un grand équipementier américain des télécoms. Dans un courrier à Barack Obama, John Chambers se plaint des pratiques de la NSA et prévient que « nous ne pouvons simplement pas fonctionner comme cela » car « si ces allégations sont vraies, ces actions nuiront à la confiance dans notre secteur et à la capacité des entreprises de technologie à fournir des produits à l’échelle mondiale ».

Continuer la lecture de LES ACTIVITÉS ANTI-AMÉRICAINES DE LA NSA, par François Leclerc