Opinion: les coupables se rebiffent !, par François Leclerc

Billet invité.

LES COUPABLES SE REBIFFENT !

Mai 1968 a duré un mois. Cette singulière évidence doit sans doute être rappelée, car il semblerait que la marque laissée par cet événement soit telle qu’on lui attribue beaucoup, et de manière un peu disproportionnée, pour ne pas dire tout de go injustifiée.

Certes, il ne s’agit pas de faire de ce mois-là une intouchable icône et de se réunir tous les ans, dans la cour de la Sorbonne ou ailleurs, pour la vénérer drapeaux sortis des étuis. Avec le recul, les innombrables débats qui ont porté sur sa signification et le sens qu’il fallait lui accorder pouvaient peut-être enfin trouver leur conclusion, aurait-on pu penser. Mais non, Mai 68, à peine entré dans les livres d’histoire à la grande horreur de ceux qui y ont participé, est immédiatement « revisité ». Avec l’étonnante intention d’en faire l’origine de nos maux actuels, et de mettre au pilori une génération entière pour faire bonne mesure. Une situation que chacun s’accordera à trouver inconfortable.

Que d’incompréhension et de méconnaissance ! Que de rancoeur rentrée, dans certains cas extrêmes, qui pour avoir été si longtemps contenue peut enfin se libérer ! Qu’il est dommage que d’autres grands épisodes de notre histoire n’aient pas été si rapidement l’objet d’une telle réévaluation : l’antisémitisme profond de la société française, ou bien le pétainisme de la « vieille France », le mythe de la résistance au nazisme de tous, ou enfin le black-out sur la meurtrière et traumatisante guerre d’Algérie. Tellement de cadavres dans nos placards et un seul en est exhumé, alors que c’est le plus présentable !

« Révolte ou révolution  ? ». Cette question qui peut sembler scolastique a fait dans les années qui suivirent couler beaucoup d’encre et de salive. Il paraît aujourd’hui que ni l’une ni l’autre de ces deux analyses n’est acceptable. « Une révolution, pourquoi faire ? Une révolte, que fait la police ? » Le fil est alors trouvé qui va permettre de pendre haut et court le prévenu : l’individualisme dont il a été porteur, qui détruit la société, l’éthique et la morale à la fois. « Tout fout le camp, mon bon Monsieur ! »

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