L’ENLISEMENT EUROPÉEN, par François LECLERC

Billet invité.

L’Europe s’enlise, et il n’y a que l’embarras du choix pour le mettre en évidence. Sur des modes très différents, cela transparait ces jours-ci en Allemagne, en Autriche, en Espagne et au Royaume-Uni. Les problèmes aux issues incertaines se multiplient.

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LES NÉBULEUSES ÉLECTORALES DE L’ANNÉE, par François Leclerc

Billet invité.

2017 s’annonce plus que jamais être une année électorale au cours de laquelle les cartes vont être bien battues, mais pour quel résultat ? Mariano Rajoy pourrait à son tour convoquer des élections anticipées. L’Espagne rejoindrait l’Allemagne, la France, et l’Italie, une fois passé le congrès du PD et le retour en première ligne de Matteo Renzi en avril prochain.

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LA PORTE S'OUVRE, PROFITONS-EN ! par François Leclerc

Billet invité.

En s’installant à l’échelle européenne, le dernier stade de la crise politique est engagé. Au vu du désastre qu’elle représente, la Grèce a catalysé un débat qui part dans tous les sens. Il ne porte plus qu’accessoirement sur ce qui va advenir d’elle, mais sur le sort de l’Europe, au prétexte que son fonctionnement a été mis à mal et qu’il faut faire quelque chose, mais quoi ?

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ON EN SAIT UN PEU PLUS… par François Leclerc

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

L’intention aurait été de saboter un accord lors de la réunion d’hier de l’Eurogroupe que l’on ne n’y se serait pas pris autrement. La comparaison entre les deux projets successivement présentés au ministre grec des finances, l’un avant la séance par Pierre Moscovici, et l’autre durant celle-ci par Jeroen Dijsselbloem le met clairement en évidence. On peut lire ici le premier que Yanis Varoufakis a déclaré s’être préparé à signer.

Plus question dans le second d’entre eux du nouveau « programme intermédiaire » évoqué dans le premier, mais la référence insistante à l’actuel programme qui se termine (le deuxième plan de sauvetage). Pas d’autre engagement des autorités européennes à propos des futures conditionnalités d’une nouvelle aide financière que de « faire le meilleur usage des flexibilité existantes dans le programme actuel ».

Sur la question clé des excédents budgétaires primaires, l’accent est mis sur les montants déjà arrêtés, tandis que le document de Pierre Moscovici prévoyait que la faisabilité de l’objectif 2015 serait examinée à la lumière de l’évolution de la situation économique. Enfin, au chapitre très sensible de la priorité accordée aux mesures destinées à faire face à la « crise humanitaire » dénoncée par le gouvernement grec, le document de l’Eurogroupe n’évoque que « l’amélioration du bien-être social » afin de ne pas avoir à reconnaître les dégâts et de rendre problématique son adoption.

Sans commentaire.

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LE BRAS DE FER SE POURSUIT, par François Leclerc

Billet invité.

Les jours passent. La réunion de l’Eurogroupe d’avant-hier s’est déroulée suivant « un scénario d’intimidation », comme déploré par Alexis Tsipras, et s’est terminée en queue de poisson sans même un communiqué. Le premier ministre grec a par contre retenu que le sommet des chefs d’État et de gouvernement d’hier auquel il a participé avait par contraste permis de franchir « des pas importants ». Mais ils sont difficiles à discerner devant l’intransigeance qu’Angela Merkel et Wolfgang Schäuble continuent de manifester.

Jean-Claude Juncker a recherché hier une ouverture en admettant que d’autres mesures pourraient être substituées à celles que la Troïka réclamait, à impact budgétaire équivalent. Le porte-parole du gouvernement grec lui a en quelque sorte répondu ce matin : « il y a des mesures sur lesquelles nous pouvons probablement nous entendre comme l’achèvement du cadastre, l’accélération des procédures judiciaires, l’efficacité de l’administration et la fiscalité du patrimoine ». Mais le fil est tenu.

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Tic-tac, tic-tac… par François Leclerc

Billet invité.

Le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria et la directrice générale du FMI Christine Lagarde avaient chacun de leur côté préparé hier le terrain d’un accord, mais cela n’a pas empêché la réunion de l’Eurogroupe d’achopper dans la nuit sur un point dur préliminaire.

Le gouvernement grec se refuse à toute formule basée sur une extension du plan de sauvetage, qui se termine à la fin du mois, et réclame un nouveau programme, tandis que Wolfgang Schäuble campe sur ses positions : « Nous avons ce programme, soit il est mené jusqu’au bout, soit il n’y a plus de programme ». Les points de vue sont irréconciliables à ce stade : depuis la tribune du parlement grec, Alexis Tsirpas avait la veille lancé « nous ne négocions pas le plan de sauvetage, il a cessé d’être en raison de son insuccès », l’échec était prévisible.

Une réunion s’était tenue à Bruxelles avant la réunion de l’Eurogroupe, à laquelle participait Christine Lagarde, Jeroen Dijsselbloem et des hauts fonctionnaires bruxellois, afin de mettre au point le contenu de ce que pourrait être un « accord-relais », selon les termes employé par des sources grecques. Au sortir de cette rencontre, Christine Lagarde déclarait à propos de l’équipe grecque : « ils sont compétents, intelligents, ils ont conscience de leurs problèmes. Nous commençons à travailler ensemble et c’est un processus qui va prendre un certain temps ». Restait à régler le point litigieux…

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SYRIZA NE SE LAISSE PAS DÉMONTER ET RELANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Dans l’adversité, le gouvernement grec ne se laisse pas démonter et refuse de demander l’extension du plan de sauvetage en cours pour ne pas avoir à en accepter les conditions. Il continue vendredi soir de réclamer un financement-relais – une notion réfutée par Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe – afin de négocier un plan d’ensemble et rappelle à la BCE qu’elle doit à la Grèce 1,9 milliards d’euros, qu’il lui réclame, ce montant correspondant aux profit sur les titres de la dette grecque qu’elle détient. La banque centrale s’était engagée à les reverser dans le cadre des accords précédents, qui n’ont pas été dénoncés. Standard & Poor’s dégradait la note de la dette grecque au cours de la soirée avec peu de conséquence vu que les émissions grecques sont à court terme.

Sommé par les autorités allemandes de préciser ses intentions avant la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe de mercredi prochain, le gouvernement grec n’a pas tardé à préciser que son propos était de travailler dans les semaines à venir à un programme sur quatre ans incluant des réformes dans un « nouveau cadre budgétaire ». Celles-ci viseront notamment à lutter contre l’évasion fiscale, a-t-il été précisé. Dimanche soir, le premier ministre grec présentera au Parlement son programme et ne semble pas avoir l’intention de mettre son drapeau dans sa poche. De son côté, le FMI s’est manifesté et Gerry Rice, son porte-parole, a espéré être bientôt informé de ses projets, sans faire plus de commentaires.

Adossé à un risque de défaut, le gouvernement grec réplique au chantage par le chantage. En Grèce, sa popularité déborde son électorat.

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ON EN VIENT AUX CHOSES SÉRIEUSES… par François Leclerc

Billet invité.

Les choses sérieuses ont débuté vendredi avec la mission de Jeroen Dijsselbloem à Athènes, toute empreinte de raideur. Le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a confirmé au président de l’Eurogroupe que la Troïka n’était plus considérée comme un interlocuteur valable (pour mémoire, les deux dernières rencontres de cette dernière avec le précédent gouvernement avaient dû prudemment se tenir à Paris). Réagissant à la proposition d’une conférence européenne sur la dette, que Christine Lagarde n’a pour sa part pas repoussée, ce dernier a rétorqué que l’Eurogroupe était le lieu privilégié pour en discuter.

La veille, Yanis Varoufakis avait déclaré au New York Times, à propos du dernier versement suspendu du plan de sauvetage », « les sept milliards, nous n’en voulons pas, ce que nous voulons c’est repenser tout le programme ». Jeroen Dijsselbloem a eu comme réponse lors de la conférence de presse commune d’Athènes « qu’ignorer les accords n’est pas le bon chemin à prendre ». Les dirigeants grecs font remarquer que cela n’aurait pas de sens d’à la fois critiquer un programme et de demander son extension, affirmant leur volonté de négocier un « New Deal Européen » , tandis que Wolfgang Schäuble a de son côté déclaré : « nous sommes prêts à tout moment à toutes les discussions, mais les bases ne peuvent en être changées », ajoutant qu’il était hors de question de répondre à un quelconque chantage (sans préciser son objet, un défaut sur la dette). Mais l’on attend toujours le premier contact téléphonique avec son homologue grec, qui est de tradition pour saluer un nouveau venu mais qui n’a pas eu lieu. Aucun déplacement d’Alexis Tsipras à Berlin n’est prévu.

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ILS BOUGENT QUAND ILS NE PEUVENT PLUS FAIRE AUTREMENT, par François Leclerc

Billet invité.

Quelle surprise ! le nez sur l’obstacle, les dirigeants européens paraissent abandonner leurs positions guerrières et chercher au dernier moment, comme toujours, à sortir du guêpier dans lequel ils se sont une fois de plus fourrés. En éclaireur, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem admet publiquement que, victoire de Syriza ou pas, il est nécessaire de continuer à financièrement soutenir la Grèce, qui n’est pas en mesure de revenir sur le marché.

« Quel que soit le nouveau gouvernement, nous allons travailler avec lui » a-t-il annoncé, en précisant : « pour peu que ces derniers [les Grecs] s’en tiennent aux engagements pris (…) nous sommes prêts si nécessaire à faire plus ». Si elle se confirme, cette prise de position prélude à de futures négociations sur les nouvelles mesures d’austérité que la Troïka exigeait sans succès et pourrait permettre à Syriza, en cas de victoire, d’accomplir partiellement sa promesse de desserrer son étau. Car c’est cela le véritable enjeu, commencent à comprendre ceux qui craignent que cela se termine en révolte.

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L'analyse des élections : UNE CONFUSION BIEN ARRANGEANTE, par François Leclerc

Billet invité.

Agitant l’épouvantail du populisme et des eurosceptiques, de nombreux commentateurs politiques enfoncent un même clou tordu. Ils réussissent l’exploit de présenter un rejet de la politique européenne comme un débat sur l’Europe, ce qu’il n’est que par défaut. Les chefs d’État et de gouvernement se réunissent aujourd’hui à Bruxelles mais ils ne semblent pas davantage prêts à dissiper une confusion leur convenant, reprenant à leur compte une grille d’analyse qui les exonère de toute responsabilité.

« Il s’agit de reconquérir les électeurs » perdus pour la cause, déclare Angela Merkel, sans donner le moindre signe qu’elle est prête à revoir la politique qu’elle personnifie. A son habitude, François Hollande brouille les pistes, décrivant une Europe « illisible, lointaine et incompréhensible » et devant « se retirer là où elle n’est pas nécessaire », tout en réaffirmant une feuille de route qui ne peut être modifiée au gré de ce qu’il qualifie de « circonstances ». Du côté de David Cameron, l’heure est au détricotage. Seul Matteo Renzi annonce « il est temps de changer de politique » et tente de se faufiler pour le mettre en pratique en Italie, fort de son succès électoral. L’Europe est devenue une auberge espagnole, chacun en ayant une conception différente, et le spectacle va continuer avec la nomination des présidents de la Commission et du Conseil des gouverneurs.

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