Europe : LA BARRE NE VA PAS PARTOUT À DROITE, par François Leclerc

Billet invité.

En Islande, où 29 anciens dirigeants de banques de fonds d’investissement ont été condamnés à des peines de prison, les formations politiques au pouvoir éclaboussées par le scandale des Panama papers vont-elles recevoir leur congé samedi prochain, à l’occasion d’élections législatives anticipées ?

Continuer la lecture de Europe : LA BARRE NE VA PAS PARTOUT À DROITE, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : LE DÉSENDETTEMENT EST UN TORRENT TUMULTUEUX, par François Leclerc

Billet invité.

La partie non annexée par la Turquie de Chypre pèse 0,15% du PIB de la zone euro, mais elle représente un risque systémique, d’après Jörg Asmussen, membre du comité directeur de la BCE. Refuser d’aider financièrement le pays pourrait avoir un impact sur les banques grecques, déjà très atteintes, et envoyer « un mauvais signal » au moment où le Portugal et l’Irlande s’efforcent de revenir sur le marché, a-t-il fait valoir. Cela donne la mesure de la fragilité extrême de la construction financière de la zone euro…

Mais le gouvernement allemand, en cela fidèle à la position qu’il défend déjà vis à vis de l’Espagne, ne souhaite pas de nouveau plan de sauvetage et tente de justifier son refus en arguant du fait que les banques chypriotes blanchissent à grande échelle des capitaux russes douteux (ce qui fait peu de doute). Il en a résulté des échanges à fleuret moucheté entre Mario Draghi et Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, ce dernier trouvant pour s’abriter une défausse juridique : Chypre ne remplirait pas les conditions pour bénéficier d’un sauvetage, n’étant pas reconnu comme systémique eu égard à sa définition dans la loi allemande adoptée à propos du fonctionnement du MES. Mario Draghi a répliqué que cette question ne pouvait être tranchée que par des économistes, et pas des juristes (ce qu’est Wolfgang Schäuble de formation).

Continuer la lecture de L'actualité de demain : LE DÉSENDETTEMENT EST UN TORRENT TUMULTUEUX, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : DES BANQUES A DÉMANTELER…, par François Leclerc

Billet invité.

Il faut que le cas de Chypre vienne à l’ordre du jour pour que l’on se rende compte de l’hypertrophie du système bancaire, qui ne lui est pas propre. Le bilan des banques chypriotes, gonflé par les apports financiers en provenance de Russie, représente rien de moins que 800% du PIB. Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui de l’Islande, dont les activités bancaires off-shore avaient abouti à un même résultat. Sauf que, dans ce cas, cela pourrait résulter du blanchiment d’argent à grande échelle, la partie chypriote grecque de l’île ayant connu une grande prospérité, due dans un premier temps à sa situation de terre d’accueil pour les Libanais aisés, puis de lieu de villégiature pour les nouveaux riches russes.

Les dirigeants européens sont devant l’obligation de sauver le pays, dont les banques sont plombées par la dette grecque, et la Troïka s’efforce d’y voir clair dans les comptes, en se posant la question désormais rituelle : le montant des dettes est-il soutenable ou pas ? Fidèle à son personnage, Angela Merkel avise dès maintenant qu’il ne peut y avoir de conditions particulières pour Chypre, au contraire de ce qui est affirmé pour l’Irlande, qui reste néanmoins dans l’attente des mesures qui le soulageraient. Comment, en effet, justifier une même règle pour tous, si les dérogations se multiplient ?

Continuer la lecture de L'actualité de demain : DES BANQUES A DÉMANTELER…, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise : LE TEMPS… DU JUGEMENT, par François Leclerc

Billet invité

En réponse à une lectrice s’intéressant à l’actualité Islandaise.

L’écroulement en 2008 de Kaupthing Bank ne reste pas sans suites judiciaires. Au terme d’une enquête de trois ans portant sur une « suspicion de conduite criminelle durant et à la suite des évènements qui conduisirent à l’effondrement de l’Islande », le procureur spécial chargé du dossier a inculpé de fraude et de manipulation de marché ses deux principaux dirigeants, Hreiðar Már Sigurðsson et Sigurður Einarsson, qui seront présentés à la cour le 7 mars prochain.

Cela n’aura pas été sans mal car il aura fallu pour y parvenir que le Serious Fraud Office (SFO) britannique soit obligé de reconnaitre avoir commis « de regrettables erreurs » dans le cadre de l’enquête qu’il menait conjointement avec le procureur spécial islandais. ERRATA : le SFO a fait référence à une enquête parallèle.

Les deux prévenus devraient plaider non coupable et les débats se poursuivre pendant des mois. D’autres inculpations envers des actionnaires de la banque pourraient intervenir.

Kaupthing Bank était l’une des trois banques islandaises qui se sont révélées être endettées à hauteur de plus de dix fois le PIB islandais.

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise: l'Islande payera ! par François Leclerc

Billet invité.

L’ISLANDE PAYERA !

Depuis hier lundi, 45 comédiens se relayent sur la scène du théâtre de Reykjavik afin de faire une lecture des 2000 pages du « Rapport Vérité » sur l’effondrement du système financier islandais en octobre 2008. Le site Internet du théâtre relaye cette manifestation inédite pour des événements dramatiques, qui a trouvé non sans logique un plateau de théâtre comme lieu d’une catharsis. Il fallait semble-t-il cette mise en scène d’un rapport parlementaire très attendu pour contribuer à aider les 320.000 islandais à surmonter le traumatisme qu’ils ont subi, telle une déroute collective. Ou pour les inciter à en accepter les conclusions afin d’endiguer leur colère.

Celles-ci sont doublement à charge, pour les principaux responsables politiques et financiers de l’équipe de droite précédemment au pouvoir, limogée à la faveur d’élections, ainsi que pour les trois principaux banquiers. Les premiers sont accusés d’ « extrême négligence » et d’avoir sciemment dissimulé la situation au sein même de leur gouvernement, les seconds de s’être octroyé, parachevant l’édifice qu’ils avaient construit avant qu’il ne s’écroule, des prêts personnels très avantageux.

La question d’éventuelles poursuites pénales est laissée par le rapport à l’appréciation des parlementaires. L’ordre de mission à l’origine du « Rapport Vérité » était de  « révéler des faits et fournir une vue globale des principaux événements qui ont conduit à la chute des banques islandaises, et en identifier les causes ». Au vu des compte-rendus disponibles, il n’est pourtant pas certain que les causes en aient été identifiées. La « négligence » des principaux acteurs du drame, qui ont consacré à la situation financière islandaise de discrètes réunions entre eux (premier ministre, gouverneur de la banque centrale, ministres des affaires étrangères et des banques), est pour le moins le minimum de ce qui pouvait leur être reproché. Un procès en incompétence, exprimé également dans le rapport, serait certainement un moindre mal.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise: l'Islande payera ! par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise: le FMI a pris date, par François Leclerc

Billet invité.

LE FMI A PRIS DATE

De rebondissements en rebondissements, tous les enseignements des tests islandais et grecs sont loin d’avoir été encore tirés.

Dans le cas de la Grèce, il était déjà apparu que la démonstration qui était recherchée par les pays leaders de la zone euro avait abouti à une profonde crise de l’euro qui n’était pas dans les tablettes. On s’aperçoit que, dans celui de l’Islande, le test qui y est mené pourrait également avoir des effets imprévus et se révélant préoccupants pour le Royaume-Uni.

Dans un éditorial daté du 26 février, intitulé « Plus de corde raide », le Financial Times revient sur cette dernière crise, après avoir fait depuis plusieurs semaines campagne auprès des gouvernements britannique et hollandais en faveur d’une solution négociée et d’apaisement avec les Islandais.

Le journal en vient à s’inquiéter, devant l’échec des négociations qu’il analyse comme étant le reflet d’une intransigeance malvenue des premiers, des conséquences inattendues que celle-ci pourrait avoir pour eux. S’inquiétant que, dans leur insistance à présenter faussement l’attitude islandaise comme un futur défaut de payement (assimilant le désaccord sur les modalités de remboursement d’une simple dette à un remboursement de dette souveraine sur le marché), ils contribuent finalement à créer des tensions sur les marchés obligataires, qui pourraient se retourner contre eux et surenchérir leur propre dette.

On a donc l’impression de voir rejouer le même film  !

Continuer la lecture de L'actualité de la crise: le FMI a pris date, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise: préparation d'artillerie en Europe, par François Leclerc

Billet invité.

PREPARATION D’ARTILLERIE EN EUROPE

Etre entré dans une phase plus politique de la crise, qu’est-ce que cela signifie dans l’immédiat ? D’abord, cela ne fait pas disparaître pour autant ses autres manifestations : financières, économiques et sociales, qui interagissent entre elles de manière peu contrôlée. Chacune gardant sa propre logique, porteuse de ses incertitudes particulières. Sont ainsi à prendre en considération : l’épée de Damoclès du crédit immobilier commercial, parmi d’autres inconnues de ce monde financier toujours aussi opaque ; la confirmation de la faible reprise économique et de sa configuration ultérieure prévisible dans les pays OCDE ; l’accroissement du chômage et la reconnaissance de sa dimension structurelle réelle, assorti de mises en cause du bouclier de la protection sociale, au nom de la réduction des déficits publics.

Ensuite, cette nouvelle dimension politique reflète l’impérieuse nécessité devant laquelle les gouvernements sont désormais d’agir, après avoir confié aux financiers les clés des coffre-forts publics afin qu’ils règlent à leur manière le chaos qu’ils ont créé. Elle est susceptible d’ouvrir des champs d’intervention, de générer des initiatives dans l’opinion publique, là où l’apathie semble s’être installée.

Voilà ce qui est en cause. Nous donnant l’occasion d’être attentif au développement des contradictions déjà apparues parmi les décisionnaires – amenant certains à tenir des propos rompant avec l’orthodoxie de la pensée unique – ainsi qu’aux initiatives et contestations de tous ordres, qui sont susceptibles de se développer. L’un de leurs modèles, non reproductible tel quel nécessairement, étant par exemple le mouvement Américain « Move your money », auquel il a été fait référence par Corinne Lepage. Ce qui est en question, au final, c’est l’interaction qui pourrait naître entre les contradictions exprimées par les uns et les actions des autres.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise: préparation d'artillerie en Europe, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise: des tests qui tournent mal, par François Leclerc

Billet invité.

DES TESTS QUI TOURNENT MAL

Les deux cas test Européens de la Grèce et de l’Islande seraient-ils en train de tourner au vinaigre  ?

En dévoilant la situation financière catastrophique de la Grèce, afin de l’obliger à la redresser et de créer ainsi une sorte de jurisprudence européenne, au prétexte de ne pas avoir à renflouer le pays, l’Allemagne a ouvert une boîte de Pandore qui va être difficile à refermer. Le marché obligataire public européen est désormais sous tension, surenchérissant les coûts pour les pays les plus fragiles. Ce qui n’est pas pour déplaire aux investisseurs, mais va alourdir encore pour ceux qui les subissent le poids des déficits publics et limiter d’autant les possibilités de leurs gouvernements de financer la relance, tout en diminuant leurs marges de manoeuvres internes.

La dynamique qui est enclenchée est bien celle de l’éclatement de la zone euro, et il n’est pas certain que la volonté politique existe pour la combattre efficacement, si l’on en croit les dernières déclarations d’Angela Merckel et de Jean-Claude Trichet, la première inquiète mais passive devant cette situation et le second figé dans une intransigeance qui risque d’être demain considérée comme aveugle. Ni la Grèce, ni le Portugal, ni les autres pays qui s’apprêtent à les rejoindre sur la liste de l’infamie, ne peuvent faire face avec leurs seuls moyens à la situation dans laquelle ils se débattent.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise: des tests qui tournent mal, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise: premières pentes d'une rude montée, par François Leclerc

Billet invité.

PREMIERES PENTES D’UNE RUDE MONTEE

Un suivi de l’actualité des sous-crises grecque et islandaise permet de mieux apprécier les tâtonnements actuels des gouvernements européens, dans leurs premières tentatives de reprendre l’initiative, dans le cadre de la réduction des déficits publics qu’ils tentent d’engager. De comprendre en quoi ils annoncent, de manière encore imprécise, la suite des événements dans tous les pays européens. Car si les situations et les cas sont très dissemblables, c’est la même chose qui va être mesurée tout au long de l’année dans laquelle nous venons de nous engager.

Ce qui est déjà acquis, concernant ces deux pays, c’est qu’en dépit des martiales déclarations que l’on peut continuer d’entendre ici ou là, des compromis plus ou moins sévères devraient à terme intervenir. Tout un chemin reste cependant à accomplir, afin que les rapports de force soient établis et qu’ils puissent être passés.

Après que de premières voix se soient fait entendre dès hier, appelant la Grande-Bretagne et les Pays-Bas à la clémence vis à vis de la petite Islande, d’autres signaux encourageants sont apparus. Une conversation avec David Milliband, le ministre britannique des affaires étrangères, rapportée par son homologue Islandais Össur Skarphedinsson, selon laquelle la Grande Bretagne continue de soutenir la candidature de l’Islande à l’Union européenne. La confirmation de la prudence du FMI, qui a engagé une consultation de ses membres à propos du déblocage de la dernière tranche de son prêt, laissant une porte ouverte. Une première réaction favorable de Jonas Gahr Stoere, le ministre norvégien des affaires étrangères, affirmant l’intention de son pays de poursuivre la mise en oeuvre d’un prêt des pays nordiques de 1,78 milliards d’euros, dans le cadre de la première étape d’une tournée engagée dans ces pays par Steingrimur Sigfusson, le ministre Islandais des finances.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise: premières pentes d'une rude montée, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise : la jurisprudence des premiers cas-tests européens, par François Leclerc

Billet invité

LA JURISPRUDENCE DES PREMIERS CAS-TESTS EUROPEENS

Les tests de deux importants cas-types pour la suite des événements sont en cours en Europe. Après celui de la Grèce, voici venu celui de l’Islande. Dans les deux cas, les gouvernements y sont mis à l’épreuve, pris entre le marteau de leurs engagements internationaux et l’enclume de leur opinion publique. Une question centrale est posée et sa réponse testée : de quoi vont-ils être capables  ? Une autre question sous-jacente l’est également : la communauté internationale aura-t-elle, dans les deux cas, les moyens d’imposer ses vues ou devra-t-elle composer  ?

En Islande, Olafur Ragnar Grimsson, le président de la République, a finalement décidé de ne pas promulguer une loi votée au forceps et résultant d’un accord gouvernemental avec les Britanniques et les Hollandais, visant à rembourser les gouvernements de ces deux pays du renflouement de leurs 300.000 clients nationaux, lors de l’effondrement en octobre 2008 de Icesave, une filiale de la banque Islandaise Landsbanki. 3,8 milliards d’euros sont en question, soit 40% du PIB annuel du pays. Pis encore, une processus référendaire est annoncée par le président, risquant de donner en cas de réponse négative une assise souveraine à cette remise en question, considéré comme un défaut de signature, c’est à dire un crime impardonnable.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise : la jurisprudence des premiers cas-tests européens, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail