VICTIME DE SES PROPRES CONTRADICTIONS ? par François Leclerc

Billet invité.

Les mois et les années filent et une crise chronique s’est installée, comme si elle était destinée à ne pas connaître d’issue. Financière à l’origine, elle s’est depuis approfondie dans tous les domaines : économique, sociale et politique. Pour offrir aujourd’hui un panorama peu engageant, alliant l’hypertrophie grandissante d’une activité financière parasitaire à la raréfaction des ressources de la planète et du travail – de l’emploi de la ressource humaine – ainsi qu’à l’accroissement des inégalités qui l’accompagne. Mais rien ne semble pouvoir stopper la course d’un système en voie de perdition, si ce n’est ses propres contradictions.

Celui-ci témoigne d’une incapacité à se réformer, sauf à la marge, et les mutations dont il se prévaut dans le cadre de l’économie numérique de demain ne l’augurent pas davantage. Bien que semblant irréparable et toujours dans l’attente d’un prochain accès de crise financière aiguë, le capitalisme survit sur le mode d’une crise endémique, qu’il nous impose et dont il tente de s’accommoder, faute de l’émergence avec suffisamment de force d’une alternative. Pour la suite, les paris sont engagés.

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L'actualité de demain : DÉSÉQUILIBRE ET INÉGALITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

La pensée économique dominante est une pensée affligeante : elle s’arrête là où la réflexion commence. Son mantra est la recherche de la compétitivité – qui ferait défaut à l’Europe – avec laquelle il serait renoué en baissant le coût du travail. Une histoire de moins-disant auquel se conformer qui n’a pas de vraisemblance : l’idée implicite selon laquelle les salaires des pays émergés montant, ceux des pays avancés atteindraient leur même niveau en baissant est un mauvais conte pour enfant. La proposition que la baisse du coût du travail augmenterait la marge de profit serait plus honnête.

En tout état de cause, l’objectif serait de reconquérir des marchés. Mais lesquels ? en produisant quoi ? en concurrence avec qui ? Autant de questions auxquelles il faudrait également répondre si des moyens financiers étaient sur la table. L’impasse est faite sur rien moins que l’émergence de nouvelles puissances économiques, car l’ultime rempart que l’on pensait inexpugnable est tombé : il n’y a pas d’avantage technologique qui tienne dans le cadre de la globalisation, pas d’avancée garantissant le maintien à terme de la production dans les secteurs de pointe. Le monde a basculé, et ce n’est pas fini.

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