Démantèlement de la régulation financière

De toutes les mesures de la réglementation financière, la règle Volcker a été celle qui a été la plus  âprement disputée avant d’être finalement adoptée en 2010. Sa vocation était d’interdire les activités spéculatrices des banques sur fonds propres, et de renouer avec les principes du Glass-Steagall Act de 1933, abrogé sous Bill Clinton en 1999. À nouveau, l’incompatibilité entre les métiers de banque des dépôts et de banque d’investissement était en vigueur. Et ce n’était pas supportable de brider ainsi une activité financière si profitable… et risquée.

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L'actualité de la crise : DES BANQUES AUX PIEDS D'ARGILE, par François Leclerc

Billet invité.

L’actualité financière semble dominée par une compétition qui ne dit pas son nom, opposant Wall Street à La City. Chacun suspecte l’autre de chercher à se donner un avantage compétitif en montant en épingle ses petits travers. Avoir un ennemi héréditaire que l’on peut à l’occasion charger de tous les péchés est une commodité permettant de dévier les coups.

Si l’on dresse la liste de cette suite interrompue de révélations et de scandales, en essayant de ne pas avoir le tournis et ne rien oublier, on trouve de tout et surtout du pas bien beau. Quand un indice financier de base n’est pas collectivement manipulé, des transactions illicites avec un pays au ban des nations sont suspectées ou bien des fonds de la drogue sont blanchis à grande échelle. Les facilités offertes aux candidats à l’évasion fiscale en sont reléguées au second plan comme des fautes vénielles.

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L'actualité de la crise: un nouvel épisode US qui s'annonce mouvementé, par François Leclerc

Billet invité.

UN NOUVEL EPISODE US QUI S’ANNONCE MOUVEMENTE

Levant de premières incertitudes pour en créer d’autres, la journée de jeudi a été marquée par deux importantes nouvelles aux Etats-Unis. L’annonce inopinée par Barack Obama, qui avait préparé masqué son coup, des mesures de restrictions qui pourraient être apportées à l’activité des mégabanques. Ainsi que la décision de la Cour Suprême de supprimer les entraves existantes au financement des campagnes électorales par les entreprises, une vraie déclaration de guerre qui prélude à des midterms sanglantes, suscitant en retour une réaction musclée de Barack Obama.

Il se confirme donc que celui-ci ne pouvait pas rester les bras croisés et qu’il a repris l’initiative, après la défaite lourde de symboles du parti démocrate aux élections sénatoriales partielles du Massachussetts. Car celle-ci annonce, si rien n’est fait, un score calamiteux aux midterms de novembre prochain. Dans le contexte de mauvaises nouvelles persistantes, enregistrant une nouvelle progression des chiffres officiels du chômage et de la dégradation de la situation réelle de l’emploi. Incitant à penser qu’après plus d’un an d’une mandature peu démonstrative, Barack Obama va être obligé, s’il veut obtenir un minimum de résultats lui permettant de renouer avec son électorat, d’entrer plus franchement dans le vif du sujet. Alors que sa réforme de la santé – élément clé de son dispositif – déjà fort émasculée, risque désormais de ne pas passer la barre de l’approbation par le Sénat.

Ce dernier va devoir maintenant prendre ses responsabilités, tant vis à vis de cette réforme que de celle de la régulation financière. Avec le poids des électeurs entièrement sur ses épaules. Les mégabanques étaient en train de mettre au point leur plan de bataille afin que le projet de taxation n’accède pas aux séances plénières du Congrès, ayant comme solution de repli d’obtenir de ce dernier que cette taxation, si elle est adoptée, ouvre droit à des déductions d’impôts ! Mais il va leur falloir désormais bloquer en plus le nouveau projet scélérat annoncé par Barack Obama. Alors que certains, chez les républicains, ne sont pas aussi farouchement opposés à des mesures de séparation des activités bancaires qu’ils ne le sont d’une taxe.

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L'actualité de la crise: la crise sous son angle politique, par François Leclerc

Billet invité.

LA CRISE SOUS SON ANGLE POLITIQUE

Le 16 décembre dernier, deux sénateurs républicain et démocrate déposaient un projet de loi intitulé « Banking Integrity Act », qui n’a pas probablement pas fini de faire parler de lui. En une seule page et trois articles, John Mc Cain (R) et Maria Cantwell (D) ne proposent rien de moins que de rétablir la principale disposition du Glass-Steagall Act, qui avait instauré en 1933 une stricte séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires. Un mur qui avait été ensuite abattu en 1999, par le Gramm-Leach-Bliley Act. Cela pourrait être courant janvier que Christopher Dodd, président de la Commission des Banques du Sénat, devrait annoncer le sort qui sera réservé à ce projet, qui suscite actuellement d’intenses discussions. Un projet similaire avait bien été déposé sur le bureau de la Chambre des représentants par Maurice Hinchey (D), mais il n’avait pas été retenu au sein du paquet de mesures de régulation financière adopté le 11 décembre dernier. Les dispositions votées prévoyant que les régulateurs pourraient seulement, si jugé nécessaire, instaurer au cas par cas un tel démantèlement.

Les opposants à ce nouveau projet de loi sénatorial, très mobilisés sous la bannière de la toute puissante American Bankers Association, ont beau jeu pour s’y opposer de faire valoir, examen des épisodes successifs de la crise bancaire à l’appui, qu’une telle séparation n’aurait pas empêché celle-ci de survenir. Lehman Brothers, pour ne prendre que cet exemple, n’ayant que des activités de banque d’affaire. Mais ils feignent d’oublier un événement majeur, alors intervenu dans la précipitation la plus totale : l’obtention par Goldman Sachs et Morgan Stanley du statut de compagnie bancaire, leur donnant accès aux liquidités de la Fed. Le retour à une séparation des activités bancaires aurait, en effet, comme conséquence la perte de ce soutien décisif pour celles qui ne conserveraient que le statut de banque d’affaires. Autant dire qu’elles auraient été condamnées dans le cours de la crise actuelle et le seraient tout aussi probablement si une nouvelle crise survenait. Si l’on veut réécrire l’histoire, il faut le faire pour tous ses épisodes.

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