L'actualité de la crise : DÉSESPOIR DE CAUSE, par François Leclerc

Billet invité.

Il y a des fois où, comme on ne sait plus quoi faire, on se résout faute de mieux à des expédients. Les exemples ne manquent pas en ce moment.

Attendant que se concrétisent des aménagements adoucissant sa peine, après avoir plongé dans l’austérité le pays, le gouvernement grec tire le diable par la queue, n’ayant accès au marché obligataire qu’à court terme et à des taux très élevés. Il coule donc les yeux doux à la diaspora, nombreuse de 7 millions d’âmes, le pays en comportant 11 millions. Un emprunt qui leur serait réservé est à l’étude, d’un montant qui pourrait être selon le quotidien Kathimerini d’un milliard d’euros, à échéance de moins de 10 ans, et selon des taux inférieurs à ceux du marché. Cela a un petit côté fond de tiroir.

En Irlande, où de prochaines élections anticipées créent de fortes incertitudes au sujet de la mise en œuvre du plan de sauvetage européen, la banque centrale a carrément pris le relais de la BCE, afin de continuer à alimenter en liquidités les banques sinistrées. 51 milliards d’euros leur auraient été déjà versés. Celles-ci ne disposaient plus d’actifs à mettre en pension (en garantie) à la BCE, qui leur a déjà prêté 132 milliards d’euros à fin décembre, et il a fallu improviser une solution. C’est donc avec l’aval de la BCE que cette opération de création monétaire hors normes est désormais en cours.

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L'actualité de la crise: les banques centrales, dernier ressort, par François Leclerc

Billet invité.

LES BANQUES CENTRALES, DERNIER RESSORT

La BCE a fait ce qu’il fallait jeudi dernier pour que le remboursement des 442 milliards d’euros qu’elle attendait se passe au mieux. Elle a offert en substitution de nouvelles facilités à trois mois, afin de permettre aux banques de rouler leur dette, et si possible de l’éteindre progressivement. Il a en effet été discrètement annoncé que ces émissions illimitées de liquidités à plus court terme allaient se succéder sans interruption d’ici à la fin de l’année. On respire.

Il n’y avait donc pas de quoi s’alarmer, mais ce non événement donne matière à analyse. Une fois constaté que, dans le cours de cette crise, les catastrophes n’arrivent jamais où et quand on les attend. A croire même, cette fois-ci, que l’alerte était feinte pour mieux triompher.

Si l’on raisonne en net, en effet, un remboursement partiel de la BCE est tout de même intervenu au final. Ce qui tendrait à prouver, encore une fois, que c’est avant tout une crise de solvabilité – et non de liquidité – que le système bancaire connaît : sinon, il se serait intégralement refinancé. Suite à l’assèchement partiel des liquidités qui en a résulté, les tensions sur l’Euribor (le taux en vigueur sur le marché interbancaire) ont encore augmenté, sans atteindre les sommets de 2008. Ce qui démontre, sans discussion possible, que c’est la confiance qui fait d’abord défaut. La sous-capitalisation notoire des banques européennes aggravant leur cas.

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L'actualité de la crise: une addition dans les moyens, ni des uns ni des autres, par François Leclerc

Billet invité.

UNE ADDITION DANS LES MOYENS, NI DES UNS NI DES AUTRES

La nouvelle est tombée, non pas à l’heure du laitier, mais en pleine nuit de Noël. Le gouvernement américain a accordé une garantie financière illimitées pour leurs pertes actuelles et futures à ses deux Governement-sponsored entreprises (GSE), Fannie Mae et Freddie Mac, déjà nationalisées de fait. Cette garantie est valable pour les trois prochaines années, alors que celle qui était en vigueur venait à échéance le 31 décembre et était plafonnée à 200 milliards de dollars pour chacune des deux GSE. A ce jour, 111 milliards de dollars ont été utilisés, à elles deux. Mais il fallait visiblement prévoir beaucoup plus large.

Le marché immobilier américain reste en effet un grand malade. Les saisies se poursuivent à un rythme très soutenu, le volume des transactions y est très faible, la construction est très ralentie. Les programmes de soutien gouvernementaux aux emprunteurs fonctionnent fort mal, les banques tirant la patte. Or, les deux GSE garantissent plus de 40% des encours de prêts immobiliers du marché américain et, à ce titre, portent à bout de bras celui-ci. Leur rôle est central, il vient d’être réaffirmé, faisant d’elles un élèment essentiel d’un dispositif dont la philosophie est simple : cela va empirer et il faut gagner du temps en jouant au mieux sur les leviers dont on dispose !

Cette nouvelle décision de l’administration Obama pourrait cependant se révéler extrêmement onéreuse pour les finances publiques américaines, car nul ne connaît les proportions que pourrait prendre l’hémorragie, qui n’est pas arrêtée. Elle remet à leur juste place, c’est à dire dans le tiroir du bas, les recommandations du FMI et de l’OCDE, qui ont toutes les deux dernièrement encore beaucoup insisté sur la nécessité de préparer, mais pour plus tard, de solides plans de … résorption des déficits ! Les Américains n’en montrent pas vraiment la voie.

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