Ces cadeaux qui entretiennent l’amitié

Afin de ne pas en rajouter et d’éviter la contagion, les acteurs de la finance sont l’objet de toutes les attentions. Les banques sont toujours les enfants chéries en raison du rôle qui leur est assigné dans la relance et l’activité économique en général. Cela commence par de la mansuétude, des régulateurs qui détournent le regard, et cela se poursuit par des modifications et les reports des réformes prudentielles. Sans parler du taux cadeau des banques centrales qui les arrosent d’abondantes liquidités.

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Pas une seconde d’inattention ne leur est accordée

Haut-lieu du système financier, les fonds monétaires sont surveillés de près par les banques centrales, car ce sont de grands sensibles. Au mois de mars dernier, une crise les a sérieusement secoué, conduisant la Fed à intervenir en leur fournissant toute la liquidité dont ils avaient besoin. On a depuis appris que la BCE avait fait de même sur leur marché européen, qui pèse 1.200 milliards d’euros, mais cela avait été alors moins relevé.

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Au Royaume des aveugles

Les taux d’intérêt de la BCE sont au plus bas et ils le resteront « au moins jusqu’à l’été 2019 », a déclaré vendredi dernier Mario Draghi. Mais si les conditions financières ou de liquidité le nécessitent, ou si les perspectives d’inflation se détérioraient en zone euro, «  cela devrait à son tour se traduire par un ajustement de la trajectoire prévue des futurs taux d’intérêt », en d’autres termes un report de leur hausse serait possible.

« Il n’y a certainement aucune raison pour que l’expansion de la zone euro cesse brusquement », a-t-il ajouté, personne n’ayant malheureusement eu l’opportunité de lui demander ce qu’il pense de la décélération progressive du PIB de la zone euro annoncé par la Commission qui, au choc près, aboutit à une proche conclusion.

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Shadow banking : UN TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE, par François Leclerc

Billet invité

De manière toujours pas convaincante, la BCE et l’Autorité bancaire européenne ont fini de tâter le pouls de leurs grandes banques, et la Fed a publié les scénarios de crise pour les prochains tests des siennes, qui sont désormais annuels. C’est au Conseil de stabilité financière (FSB en anglais), émanation du G20, qu’il revient de prendre en charge la surveillance du shadow banking (le secteur financier non régulé), mais par quel bout le prendre ?

Le FSB s’est d’abord attelé à la mesure du secteur, ce qui n’est déjà pas une mince affaire étant donné sa nature. La taille de ses actifs financiers est dorénavant estimée à 75.000 milliards de dollars – en progression de 5.000 milliards depuis 2007 – date prise en compte pour le démarrage de la crise financière. Malgré cet imposant volume, elle est toutefois sous-estimée, car le périmètre étudié ne prend pas en compte les brokers et les entités qui ne sont pas impliquées dans des opérations de crédit, comme les fonds d’investissement en actions, dont les actifs sont comptabilisés avec ceux des banques. Quoi qu’il en soit, la conséquence d’une telle croissance coule de source : le système financier dans son ensemble en ressort fragilisé, en dépit des mesures de régulation bancaire, avant même de porter un jugement sur celles-ci.

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