Le vif du sujet derrière la Libra de Facebook

Le destin de ceux qui font preuve d’arrogance est de devoir en rabattre comme l’a reconnu Tim Cook, le PDG d’Apple qui se pose en médiateur entre les GAFAM et les États. Facebook est désormais dans la ligne de mire de ces derniers et accumule les mises en cause. Mais cela va bien plus loin.

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Facebook : un mea culpa ne suffira pas

Mark Zuckerberg va-t-il pouvoir s’en tirer ? Auditionné par une commission du Sénat aujourd’hui et une autre de la Chambre des représentants demain, il a commencé à gravir son chemin de croix. Pour soulager sa peine, après avoir tenté de se faire représenter devant les élus américains, il a annoncé qu’il ne se rendrait pas personnellement à toutes les convocations qui pleuvent en Europe. Pourra-t-il s’y tenir ?

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Après la NSA, Facebook…

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, va-t-il pouvoir sortir du gigantesque pétrin dans lequel il s’est fourré ? Il répondra mardi et mercredi prochains aux questions des membres de la Commission  du commerce de la Chambre des représentants, après avoir tenté d’y échapper. Invité à s’expliquer à Londres et à Bruxelles, il n’a pas donné suite, mais face au Congrès c’est une autre affaire, car les élus sont vent debout contre tout risque de réédition des manipulations électorales qui ont été dévoilées.

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Les données personnelles, un bien décidément très précieux

Le scandale créé par Facebook est à la mesure de l’enjeu : oui ou non, le concept même de vie privée est-il en train de disparaitre sous les assauts qu’il a commencé à subir ? Que reflètent les tardives excuses présentées du bout des lèvres par Marc Zuckerberg, son Pdg ? Sa personnalité ou la contradiction dans laquelle il se trouve coincé à la tête de son entreprise, qui remet en cause son étourdissant succès financier ?

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ALGOS ET INFOS NE FONT PAS BON MÉNAGE, par François Leclerc

Billet invité.

Les géants d’Internet, « qui avaient jusqu’ici une relation distante avec le journalisme, sont devenus ces dix-huit derniers mois des acteurs dominants de l’écosystème de l’information », observe le Tow Center for Digital Journalism de l’université américaine de Columbia, qui fait autorité.

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LA NSA A DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE, par François Leclerc

Billet invité.

Dix-huit mois se sont écoulés depuis les révélations d’Edward Snowden et le Sénat américain vient d’étouffer dans l’œuf, au moins provisoirement, les timides velléités de réforme des activités généralisées d’espionnage de la National Security Agency (NSA).

Sous l’impulsion des sénateurs républicains, l’inscription à l’ordre du jour d’un projet de loi démocrate a été hier repoussé, au prétexte revendiqué de ne restreindre en rien les activités d’espionnage généralisé des réseaux de communication de la NSA. « Alors que les États-Unis mènent une campagne militaire pour affaiblir, démanteler et vaincre l’EIIL, ce n’est pas le moment d’examiner une proposition de loi qui supprime les outils dont nous avons besoin pour combattre l’EIIL », a déclaré le sénateur Mitch McConnell, leader du groupe républicain. Il y avait un avant et un après Snowden en raison du retentissement de son action, entendait-on dire, mais cela ne va pas empêcher la NSA de poursuivre comme avant.

Barack Obama s’étant appliqué à limiter les dégâts, la loi adoptée cet été par la Chambre des représentants n’était pas exempte d’importantes failles et de finesses permettant de se faufiler – à l’image des nouvelles réglementations financières – mais c’était encore trop pour les défenseurs de la NSA au Sénat. Exemple parmi d’autres, que doit-on exactement entendre par « cible » devant être préalablement autorisée par un juge pour être surveillée : une personne, un préfixe téléphonique, un code postal ou une ville entière ?

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NSA : NOUVEAUX ÉCLAIRAGES ET TENTATIVE DE RIDEAU DE FUMÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Les dernières révélations concernant la NSA apportent un nouvel éclairage sur ses activités et ses méthodes. Afin de mieux s’immiscer dans les réseaux de télécommunication de toute nature, l’agence pirate les ordinateurs de leurs administrateurs, comme le démontre un document interne intitulé « I hunt sys admins » (je chasse les administrateurs système) analysé par The Intercept. « Qu’y a-t-il de mieux que d’utiliser les clés du royaume de ceux qui les possèdent » s’interroge non sans raison son auteur ? La NSA aurait ainsi à sa disposition une base de données d’administrateurs système, créant autant de portes qu’elle peut ouvrir à sa discrétion. Celle-ci est probablement étendue à des administrateurs de réseaux d’entreprise et d’administrations.

Le géant des télécommunications chinois Huawai aurait été pendant des années une cible privilégiée de la NSA, comme l’a révélé le New York Times et Der Spiegel, afin d’avoir accès aux mails et documents internes de ses dirigeants. Poursuivant également comme objectif de disposer des codes secrets des produits et équipements de l’entreprise, qui permettent d’avoir accès à des « back doors » (portes dérobées) de ceux-ci. En assurant hier à son homologue Xi Jinping que « les États-Unis n’espionnent pas pour s’assurer un avantage économique », Barack Obama a nié l’évidence, après que cela a été déjà démontré au Brésil, avec notamment la surveillance de Petrobras, le géant pétrolier du pays.

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L'actualité de la crise : MIRACLES UN PEU SOLLICITÉS, par François Leclerc

Billet invité.

Nous en étions restés à l’épisode précédent : comment Goldman Sachs avait distribué une émission hors marché d’actions de 2,1 milliards de dollars de Facebook afin de se remplir les poches, d’en faire bénéficier au passage des clients privilégiés, et de faire grimper à 50 milliards de dollars la valorisation de son gros client. Donnant-donnant. Il n’avait pas fallu plus de cinq mois pour que celle-ci double de valeur, laissant un peu pantois les observateurs.

En un temps à nouveau record, moins d’un mois, un nouveau bond de la valorisation a depuis été enregistré et Facebook est valorisé à 60 milliards de dollars. Plusieurs grands investisseurs institutionnels non identifiés ont en effet manifesté l’intention d’investir dans la société et le management de Facebook envisage d’autoriser ses employés à vendre pour un milliard de dollars d’actions – ce qu’ils n’avaient pas le droit de faire – afin de répondre positivement à leur attente. L’opération représente un coup triple : accroître la valorisation de la société et récompenser les employés méritants sans bourse délier, mais aussi réduire le nombre des actionnaires.

En effet, la réglementation de la SEC – l’autorité de régulation boursière – impose aux sociétés dépassant le nombre de 500 actionnaires d’enregistrer leurs comptes financiers, même si elles ne sont pas cotées en bourse. C’est d’ailleurs la seconde fois que Facebook réalise une telle opération de réduction du nombre de ses actionnaires, ce qui lui permet de reculer l’échéance fixée par la SEC et de garder toute la confidentialité à ses données financières. Ce qui a pour but de dissimuler le désastreux rapport entre son chiffre d’affaires et la valorisation de son capital, un ratio qui crève tous les plafonds et met en évidence le caractère artificiel et spéculatif de cette dernière. Et de poursuivre sa marche triomphale de la création de valeur à la réalité économique artificiellement gonflée.

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L'actualité de la crise : DIEU VIENT DE RATER UNE MARCHE, par François Leclerc

Billet invité.

Une nouvelle et édifiante page de la finance est en train d’être écrite : celle de la fabuleuse aventure de Facebook. Non pas telle que racontée dans « The Social Network », le film a succès centré sur la vie de son créateur (et qui ne lui pardonne rien), mais comme elle est actuellement vécue sur le second marché des entreprises technologiques non cotées (private companies) et relatée par la presse financière. Car les success stories ne sont plus ce qu’elles étaient au pays du rêve américain déclinant, ni dans la vie, ni au cinéma.

Une juteuse opération financière était en effet en cours, sous l’égide de Goldman Sachs, mais elle vient de connaître un accident de parcours. La valeur de 2,1 milliards de dollars d’actions de Facebook allait être proposée hors marché à des clients privilégiés et fortunés de la mégabanque, qui allaient se ruer sur l’occasion, malgré une valorisation en très forte hausse et une commission bancaire élevée. Des cadres de Goldman Sachs avaient également la possibilité de profiter de ce cadeau d’entreprise.

Sur ce marché secondaire, les valorisations des sociétés – calculées en fonction de la valeur des transactions effectuées – atteignent pour certaines des sommes vite faramineuses, qui enflent en quelques mois. C’est le cas de Facebook, ou bien de Twitter, les deux nouvelles stars du marché. Celle de Facebook vient d’atteindre 50 milliards de dollars, multipliée par deux en l’espace de seulement 5 mois. Facebook ayant 600 millions d’utilisateurs, cela représente 83 dollars par utilisateur, pour un service gratuit qui peine à trouver son modèle économique, à qui un chiffre d’affaire de deux milliards de dollars annuel est accordé par les analystes. Mais qu’importe aux yeux des investisseurs, qui peuvent réaliser de gigantesques profits s’ils savent se retirer à temps, avant que l’affaire retombe comme un soufflé ou même que la bulle explose.

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